Introverti ou extraverti ? Voici pourquoi vous êtes comme vous êtes, selon la science

Aux Pays-Bas, les mécanismes qui expliquent notre goût pour les échanges sociaux ou le besoin de solitude interrogent les chercheurs.

Pourquoi certaines personnes enchaînent les rendez-vous, les discussions au bureau et les soirées, quand d’autres ressentent le besoin de se retrouver seules après quelques heures de vie sociale ? Le magazine en ligne néerlandais Quest s’est penché sur cette question avec l’éclairage de Dimitri van der Linden, professeur de psychologie à l’université Erasmus de Rotterdam.

Une question de personnalité, pas de volonté

L’extraversion fait partie des cinq grandes dimensions de la personnalité étudiées par les psychologues. Ce modèle, souvent appelé les « cinq grands traits », prend aussi en compte l’amabilité, la stabilité émotionnelle, le caractère consciencieux et l’ouverture.

Sur chacune de ces dimensions, chacun se situe quelque part sur une échelle. Il ne s’agit donc pas de catégories rigides. Une personne peut être très extravertie, très introvertie ou se trouver entre les deux.

« Plus votre score est élevé sur la dimension de l’extraversion, plus vous êtes extraverti », explique Dimitri van der Linden.

Les personnes extraverties se tournent plus spontanément vers l’extérieur. Elles recherchent volontiers la compagnie des autres, apprécient les fêtes ou les discussions et prennent plus facilement la parole. Les personnes introverties préfèrent souvent les environnements calmes, les échanges plus restreints ou des moments passés seules.

Cette préférence ne signifie pas qu’un introverti déteste les autres, ni qu’un extraverti refuse toute solitude. Elle décrit plutôt la manière dont chacun réagit aux stimulations sociales et y puise, ou non, de l’énergie.

L’ambiversion, une position fréquente

Beaucoup de personnes se reconnaissent dans les deux profils. Elles aiment voir leurs proches, mais ont besoin d’une journée tranquille après une période sociale dense. Elles peuvent se sentir à l’aise dans une réunion, puis préférer le silence une fois rentrées chez elles.

Ce positionnement intermédiaire porte un nom : l’ambiversion. Il rappelle que l’extraversion fonctionne comme un continuum. Une même personne peut aussi adapter son comportement selon le contexte, son travail, son entourage ou sa fatigue.

  • Une personne peut aimer parler devant un groupe et détester les soirées très bruyantes.
  • Une autre peut apprécier les repas entre amis, tout en ayant besoin de temps seule pour récupérer.
  • Le fait d’être discret ne suffit pas, à lui seul, à définir l’introversion.

Faire l’effort de discuter davantage lors d’une soirée ne transforme pas pour autant la personnalité. Dimitri van der Linden souligne que ces traits peuvent évoluer légèrement au cours de l’existence, sans faire passer brutalement une personne d’un extrême à l’autre.

La personnalité peut connaître des variations au fil de la vie, mais elle ne se modifie pas comme une compétence que l’on entraînerait à volonté.

Le rôle possible du système de récompense

Plusieurs théories tentent d’expliquer les différences entre introversion et extraversion. L’une d’elles s’intéresse au système de récompense du cerveau. Ce système participe notamment à la motivation et au plaisir ressenti face à une activité.

Selon cette hypothèse, les personnes extraverties auraient un système de récompense plus sensible. Elles seraient alors davantage poussées à rechercher des activités stimulantes, y compris sociales. Un repas animé, une sortie ou une rencontre pourraient leur procurer un sentiment de récompense plus intense.

Le professeur prend l’exemple de personnes qui aiment profiter de la vie, se retrouver autour d’un bon repas et d’une boisson, ou multiplier les occasions de partager un moment avec les autres. Pour elles, ces expériences peuvent être particulièrement attirantes.

Cette théorie n’implique pas que les introvertis ressentent moins de plaisir. Leur satisfaction peut simplement venir plus facilement d’activités moins stimulantes socialement : lire, marcher, créer, jouer, échanger avec une personne proche ou rester chez eux dans le calme.

Une sensibilité différente aux stimulations

Une autre explication repose sur la sensibilité aux stimulations. Chacun aurait un niveau de stimulation qui lui convient. Trop de bruit, de conversations, de déplacements ou de sollicitations peut épuiser. À l’inverse, trop peu de stimulation peut entraîner l’ennui.

Cette approche s’inspire notamment des travaux du psychologue Hans Jürgen Eysenck. En 1967, il a avancé l’idée que les personnes introverties présenteraient naturellement une activité cérébrale plus élevée dans certaines zones. Elles auraient donc besoin de moins de stimulations extérieures pour atteindre leur niveau de confort.

Les personnes extraverties, elles, rechercheraient plus volontiers des situations stimulantes afin d’augmenter leur niveau d’activation. Cette différence pourrait aider à comprendre pourquoi une journée remplie de rendez-vous est vécue comme plaisante par certains et épuisante par d’autres.

Ce que les travaux sur le cerveau montrent réellement

Une vaste analyse publiée en 2017 par des chercheurs, dont certains travaillaient à l’université de Kuala Lumpur en Malaisie, a examiné les études consacrées à cette théorie. Plusieurs résultats vont dans le sens des propositions d’Eysenck.

Les chercheurs ont notamment relevé des différences dans les ondes alpha, qui reflètent une partie de l’activité cérébrale. Chez les personnes extraverties, certaines études ont observé plus souvent une fréquence basse et une amplitude élevée, associées à un niveau d’activation relativement faible. Au repos, ces personnes ont aussi parfois montré moins d’activité cérébrale dans certaines zones que les introvertis.

Ces résultats ne permettent pas de réduire la personnalité à une mesure cérébrale. Toutes les études analysées ne confirmaient pas cette théorie. Les chercheurs soulignent que nombre de travaux se concentrent sur un nombre limité de facettes de l’extraversion et sur des données cérébrales partielles.

Les liens entre activité cérébrale et personnalité restent étudiés, mais la fatigue ressentie après une forte exposition sociale peut être très concrète.

Quelle place pour l’introversion en France ?

En France, l’introversion et l’extraversion ne constituent pas des diagnostics médicaux. Ce sont des traits de personnalité. Avoir besoin de calme après une réunion, préférer les petits groupes ou se sentir vidé après une journée très sociale ne traduit pas automatiquement un problème de santé.

La confusion peut parfois exister avec l’anxiété sociale, qui correspond à une peur marquée du regard des autres ou de certaines situations sociales. Une personne introvertie peut être parfaitement à l’aise avec les autres, tout en choisissant des interactions moins nombreuses. À l’inverse, une personne extravertie peut éprouver de l’anxiété dans certaines circonstances.

Dans le cadre professionnel, mieux connaître son propre fonctionnement peut aider à organiser son énergie. Prévoir un temps calme après une longue réunion, alterner les tâches de concentration et les échanges, ou privilégier des rendez-vous en petit comité peut être utile à certaines personnes.

Ne pas faire de la solitude un défaut

Le besoin de solitude est souvent mal interprété dans des environnements où l’on valorise les échanges constants. Pourtant, se retirer temporairement de l’agitation peut permettre de récupérer après une accumulation de bruit, de conversations et de sollicitations.

À l’inverse, une personne qui aime être entourée n’est pas nécessairement incapable de rester seule. Les préférences sociales varient, tout comme le niveau de stimulation recherché. Le principal repère reste l’équilibre personnel : une activité sociale peut être agréable tout en devenant fatigante lorsqu’elle s’enchaîne sans pause.

Après une semaine chargée, l’envie de passer un week-end plus calme n’a donc rien d’incohérent. Pour certains, c’est simplement la manière la plus naturelle de retrouver leur niveau d’énergie.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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