
Aux États-Unis, une étude montre que la faim peut influencer des achats bien au-delà du rayon alimentaire.
Publié le 18 février 2015, cet article du magazine américain National Geographic s’appuie sur des travaux menés par une équipe de l’université du Minnesota. Leur constat interpelle les consommateurs : le ventre vide, l’envie d’acquérir des objets peut s’étendre à des produits qui n’ont aucun lien avec la nourriture.
La faim ne pousse pas seulement vers les aliments
Le conseil de ne pas aller au supermarché lorsqu’on a faim est largement répandu. L’étude évoquée va plus loin. Elle suggère que cet état peut aussi peser sur les dépenses réalisées dans un magasin de vêtements, un grand magasin ou sur un site de vente sur internet.
Les chercheurs se sont intéressés à une question précise : une personne affamée cherche-t-elle seulement à obtenir davantage de nourriture, ou ressent-elle aussi une impulsion plus générale à accumuler des biens ?
La faim semblerait activer une envie d’acquérir, qui ne se limite pas aux produits alimentaires.
Alison Jing Xu, de l’université du Minnesota, estime qu’il vaut mieux manger avant tout type d’achat. Selon elle, une personne très affamée devrait réfléchir à deux fois avant d’acheter un article, au risque de regretter sa décision plus tard.
Cinq expériences auprès de 379 personnes
L’équipe a réalisé cinq expériences comportementales réunissant au total 379 participants. L’objectif était de comparer les réactions de personnes ayant faim avec celles de personnes qui venaient de manger ou se déclaraient moins affamées.
Lors d’une première expérience, des volontaires interrogés dans un café devaient évaluer leur niveau de faim. Ils ont ensuite donné leur avis sur plusieurs produits alimentaires, tels que des sandwichs ou des biscuits, mais aussi sur des biens sans rapport avec un repas, comme une séance de soins ou une tablette iPad Mini.
Le résultat n’a rien de surprenant pour les aliments : les personnes affamées les appréciaient davantage. En revanche, elles ne déclaraient pas aimer plus que les autres les articles non alimentaires.
La différence est apparue lorsqu’il leur a été demandé ce qu’elles voulaient réellement obtenir. Les participants ayant faim souhaitaient acquérir plus de produits alimentaires, mais aussi davantage d’objets ou de services qui n’avaient aucun rapport avec la nourriture.
Des trombones pris en plus grande quantité
Une autre expérience a permis d’observer ce mécanisme de façon très concrète. Des personnes affamées ont été invitées à l’université. La moitié d’entre elles a reçu du gâteau. Tous les participants ont ensuite vu des trombones et ont répondu à deux questions : les aimaient-ils, et combien souhaitaient-ils en emporter gratuitement ?
Les deux groupes avaient une opinion comparable sur ces fournitures de bureau. Pourtant, au moment de se servir, les personnes restées affamées ont pris 70 % de trombones de plus que les autres.
- La faim ne modifiait pas forcément l’appréciation de l’objet.
- Elle augmentait l’envie de repartir avec davantage d’articles.
- L’effet concernait même un objet gratuit et sans utilité alimentaire.
Ce décalage est central. Il ne s’agit pas uniquement de préférer un produit, mais de vouloir le posséder ou l’ajouter à ses achats.
Des dépenses jusqu’à 60 % plus élevées
Les chercheurs ont aussi voulu savoir si ce comportement résistait à la présence d’un prix. Ils se sont rendus dans un grand magasin et ont étudié les tickets de caisse de 81 clients. Chaque participant a aussi indiqué son humeur et son niveau de faim.
Après avoir pris en compte l’humeur et le temps passé dans le magasin, les résultats ont montré que les clients affamés achetaient davantage de produits non alimentaires. Leurs dépenses pouvaient être jusqu’à 60 % plus élevées que celles des autres personnes interrogées.
Dans cette enquête menée dans un grand magasin, les clients qui avaient faim ont acheté plus d’articles non alimentaires et ont pu dépenser jusqu’à 60 % de plus.
Les travaux ne permettent pas d’affirmer que chaque achat effectué le ventre vide sera inutile. Ils mettent en évidence une tendance observée dans les expériences : un besoin physique précis peut favoriser un comportement d’acquisition plus large.
Alison Jing Xu explique que la faim, motivation liée à un domaine particulier, peut déborder sur des choix sans rapport avec son origine. Le besoin initial rendrait plus accessible l’idée d’obtenir, de prendre ou d’acheter, y compris lorsque l’objet n’aide pas à se nourrir.
En France, un réflexe utile avant les achats
En France, aucune règle n’interdit évidemment de faire des courses ou des achats lorsque l’on a faim. Cette étude américaine peut tout de même servir de repère pratique, notamment face aux achats impulsifs. Les applications de commerce et les sites marchands permettent d’acheter à toute heure, sans avoir besoin de se déplacer.
Préparer une liste avant d’aller au magasin reste une méthode simple pour garder un objectif précis. Faire une pause avant de valider un panier sur internet peut aussi aider à distinguer un besoin réel d’une envie née sur le moment.
Pour les achats alimentaires, prévoir un repas ou une collation avant de partir peut limiter l’attrait immédiat de produits choisis sous l’effet de la faim. Pour les achats non alimentaires, la même précaution peut avoir un intérêt : attendre quelques minutes, puis relire son panier avec un regard plus posé.
Un effet qui a ses limites
Les chercheurs ne parlent pas de situations de privation extrême. Leur étude portait sur des personnes qui ressentaient la faim tout en restant capables de faire des courses ou de répondre à des questions dans un cadre ordinaire.
Alison Jing Xu précise que son équipe n’a pas étudié des personnes privées de nourriture pendant plusieurs jours. Dans une situation aussi grave, l’attention se concentrerait logiquement sur la recherche d’aliments et non sur l’achat d’objets dans un magasin.
Le mécanisme observé concerne donc la faim du quotidien : celle qui peut survenir après avoir sauté un repas, en fin de journée ou avant de passer à table. Dans ce contexte, prendre un encas avant une séance d’achats pourrait éviter de repartir avec des produits choisis davantage par impulsion que par nécessité.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Faire ses courses le ventre vide : ce que vous achetez en plus n’est pas seulement de la nourriture, selon une étude est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.