
Aux États-Unis, une psychologue pour enfants invite les parents à regarder au-delà du résultat pour nourrir la confiance de leur enfant.
Le média en ligne américain Upworthy relaie les conseils de Becky Kennedy, psychologue pour enfants et mère de trois enfants, donnés lors d’un épisode diffusé le 27 décembre 2024 d’un podcast. Son idée n’est pas d’interdire les félicitations, mais de transformer ce bref réflexe en une conversation plus riche sur les efforts accomplis.
Pourquoi un simple « bravo » peut couper court à l’échange
Un dessin terminé, une bonne note, un lit rangé : dans ces moments, dire « bravo » semble naturel. Ce mot marque l’encouragement et la fierté du parent. Becky Kennedy ne le présente pas comme une faute qui abîmerait l’enfant. Elle estime plutôt qu’il peut mettre fin trop vite à la discussion.
« Dire “bravo” ne fera pas de mal à votre enfant », nuance Becky Kennedy. Pour elle, ce type de réponse peut toutefois devenir « une fin de conversation ».
Selon la psychologue, l’enfant peut alors se tourner vers le regard des autres pour mesurer la valeur de ce qu’il vient de faire. Il attend l’approbation de ses parents, puis de ses enseignants, et plus tard de son entourage professionnel ou personnel. Becky Kennedy oppose cette recherche de validation extérieure à une attention portée au chemin parcouru.
L’enjeu consiste à aider l’enfant à identifier ce qu’il a essayé, ce qu’il a choisi et ce qu’il a ressenti. Il ne s’agit donc pas seulement de lui dire que son travail est réussi. Il s’agit aussi de lui donner l’occasion de raconter comment il y est arrivé.
La phrase à utiliser à la place
Becky Kennedy conseille de poser une question ouverte sur le processus. Face à un dessin, au lieu de s’arrêter à « bravo », un parent peut demander : « Comment as-tu eu cette idée ? »
Cette formulation invite l’enfant à prendre la parole. Il peut expliquer son choix de couleurs, raconter ce qu’il voulait représenter ou évoquer une difficulté rencontrée. La conversation ne porte plus uniquement sur l’évaluation finale.
La psychologue recommande notamment de demander : « Qu’est-ce qui t’a donné envie de commencer comme ça ? » ou « Comment c’était, d’écrire cela ? »
Ces questions ne doivent pas ressembler à un interrogatoire. Elles peuvent rester très simples et s’adapter à la situation. L’essentiel, dans l’approche défendue par Becky Kennedy, est de témoigner d’une curiosité réelle pour l’expérience de l’enfant.
- Après un dessin : « Comment as-tu choisi ce sujet ? »
- Après le rangement d’une chambre : « Par quoi as-tu commencé ? »
- Après un devoir : « Quelle partie t’a demandé le plus de réflexion ? »
- Après une activité sportive : « Qu’as-tu essayé de faire pendant l’entraînement ? »
- Après une bonne note : « De quoi es-tu le plus satisfait dans ton travail ? »
Mettre l’effort au centre plutôt que la note
Pour Becky Kennedy, cette manière de parler permet de valoriser ce qui reste davantage à la portée de l’enfant : son effort, ses essais, son organisation et ses choix. Un résultat ne dépend pas toujours entièrement de lui. Une note, par exemple, peut être moins élevée que prévu, alors même que l’élève a travaillé avec sérieux.
La psychologue souligne qu’un enfant peut apprendre à se sentir bien dans son travail même lorsqu’il n’obtient pas systématiquement la meilleure évaluation. Elle estime que cette attention au processus peut aussi encourager la persévérance : l’enfant ne travaille pas seulement pour obtenir une approbation immédiate, il apprend à remarquer ce qu’il progresse à faire.
Becky Kennedy reconnaît que ce changement d’habitude peut être déroutant au départ. Un « bravo » est rapide, spontané et bienveillant. Poser une question demande quelques secondes de disponibilité. D’après elle, ce réflexe devient plus facile une fois qu’il est installé dans les échanges familiaux.
Un exemple qui dépasse la relation parent-enfant
Pour illustrer son propos, la psychologue prend l’exemple d’une visite chez une personne qui vient de redécorer son logement. Dire seulement que la maison est belle peut clore la discussion. Demander comment la personne a associé la couleur du mur et le canapé ouvre, au contraire, un échange sur ses recherches, ses hésitations et ses inspirations.
Cette différence vaut aussi avec les enfants. Une question précise ne retire rien au plaisir de féliciter. Elle montre que l’adulte s’intéresse à autre chose qu’au résultat visible. L’enfant peut alors raconter ce dont il est fier, y compris un détail que son parent n’aurait pas remarqué.
Ce que cela peut changer en France
En France, les parents ne suivent pas une règle officielle sur la manière de féliciter leurs enfants. Cette question relève des habitudes éducatives de chaque famille. Les professionnels de l’enfance peuvent accompagner les parents lorsqu’ils s’interrogent sur les apprentissages, les émotions ou les difficultés rencontrées par leur enfant.
Le conseil de Becky Kennedy ne remplace pas cet accompagnement lorsqu’un enfant souffre d’anxiété, perd durablement confiance en lui ou rencontre des difficultés importantes à l’école. Il propose une piste de communication du quotidien : passer d’un jugement global à une parole plus précise sur ce qui a été fait.
Dans la pratique, un parent peut conserver le mot « bravo » puis prolonger l’échange. Par exemple : « Bravo, tu as terminé ton exposé. Qu’est-ce qui t’a aidé à choisir ce sujet ? » Cette combinaison permet de manifester sa joie tout en donnant à l’enfant l’espace nécessaire pour mettre des mots sur son effort.
Une attention qui ne doit pas devenir une pression
Les questions gagnent à rester adaptées à l’âge et à l’envie de l’enfant. Après une journée chargée, il peut ne pas vouloir raconter son activité tout de suite. Dans ce cas, un parent peut simplement laisser une porte ouverte : « Si tu veux m’en parler plus tard, je veux bien savoir comment tu as fait. »
L’objectif n’est pas d’obtenir une explication parfaite ni de faire analyser chaque réussite. Il est de créer, à certains moments, un échange où l’enfant comprend que ses idées, ses stratégies et ses efforts intéressent aussi les adultes autour de lui.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Psychologue diplômée d’une université de l’Ivy League : « Arrêtez de dire bravo à votre enfant », voici la phrase à utiliser à la place est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.