Un linguiste a observé des habitants de 135 pays : il en tire 3 grands « types de comportement humain »

À travers 135 pays, le linguiste Richard D. Lewis a tenté de comprendre pourquoi les échanges professionnels et quotidiens peuvent parfois dérailler.

Cette grille de lecture, élaborée à partir de nombreux déplacements et questionnaires, ne prétend pas enfermer les individus dans des cases. Elle cherche plutôt à éclairer des habitudes culturelles qui influencent la façon de parler, d’écouter, de travailler ou de gérer le temps. La page source, non datée et sans média clairement identifié, reprend notamment les explications du spécialiste britannique Richard D. Lewis et celles de Rob D. Willis, créateur de contenus anglais.

Trois grandes tendances selon Richard D. Lewis

Richard D. Lewis a travaillé dans plus de vingt pays et visité 135 États. Pour bâtir son modèle, il s’est aussi appuyé sur les réponses de 150 000 questionnaires en ligne. Son idée : les comportements humains varient beaucoup d’un pays à l’autre, tout en faisant apparaître de grands points communs.

Son modèle distingue trois profils culturels principaux. Il ne s’agit pas de juger les personnes, ni de prédire avec certitude leur attitude. L’objectif consiste à mieux anticiper les malentendus, notamment dans les équipes internationales.

Le modèle de Lewis ne décrit pas des personnalités individuelles : il propose une lecture des habitudes de communication et d’organisation associées à différentes cultures.

  • Les cultures linéaires-actives privilégient la planification, les horaires, les listes de tâches et une activité après l’autre.
  • Les cultures multi-actives accordent une place centrale aux relations humaines, à l’expression émotionnelle et à la capacité de mener plusieurs échanges en même temps.
  • Les cultures réactives valorisent l’écoute, la retenue, la courtoisie et une réponse formulée après avoir attentivement entendu l’autre.

Dans la première catégorie, Richard D. Lewis place notamment l’Allemagne et la Suisse. L’Italie, l’Amérique latine et les pays arabes figurent parmi les cultures multi-actives. La Chine, le Japon et la Finlande sont associés au groupe réactif.

Une question de rythme, d’écoute et de priorités

Les cultures linéaires-actives organisent volontiers une journée autour d’un ordre du jour, de rendez-vous précis et d’objectifs successifs. L’efficacité y passe souvent par la concentration sur une seule tâche. Pour un interlocuteur habitué à ce fonctionnement, les interruptions ou les changements de sujet peuvent donner l’impression d’un désordre.

Les profils multi-actifs fonctionnent autrement. Dans ce type de relation, la confiance et le lien personnel peuvent compter autant que le calendrier. Les discussions sont parfois animées, les échanges se croisent et plusieurs sujets peuvent être abordés dans un même moment. Ce qui ressemble à une confusion pour certains peut être vécu comme une conversation vivante et engagée par d’autres.

Les cultures réactives, elles, tendent à laisser davantage de place au silence et à l’observation. Elles privilégient une réponse mesurée plutôt qu’une réaction immédiate. Interrompre quelqu’un ou exprimer frontalement un désaccord peut y être moins courant.

« Les réactions des Américains, des Européens et des Asiatiques peuvent être prévues, généralement justifiées et, dans la majorité des cas, maîtrisées », affirme Richard D. Lewis dans un propos repris par la source.

Le linguiste souligne aussi que les transformations politiques et économiques ne suffisent pas toujours à modifier rapidement des réflexes culturels profondément installés. Les habitudes liées à la communication, à la hiérarchie ou à la politesse résistent souvent aux changements rapides.

Pourquoi les réunions peuvent devenir tendues

Rob D. Willis illustre ce modèle à travers des scènes de travail très concrètes. Selon lui, une personne habituée à un environnement structuré peut vouloir suivre chaque point d’une réunion. Face à elle, un collègue plus orienté vers la relation peut souhaiter discuter longuement avant d’aborder le sujet prévu.

Il résume ainsi les écarts possibles : « Les Allemands et les Italiens risquent probablement de s’opposer au travail. Et un collègue arabe pourrait ne pas apprécier la franchise néerlandaise. Ce ne sont pas des stéréotypes. C’est la science du comportement. »

Cette formule mérite une précaution : les catégories nationales ne permettent jamais de définir une personne à elles seules. L’âge, le parcours, le milieu social, la profession, les langues parlées et l’expérience internationale modifient aussi largement les comportements. Le modèle peut servir de point de départ à une discussion, pas de verdict sur un collègue.

Le silence ne signifie pas toujours l’accord

Rob D. Willis insiste sur une difficulté fréquente : dans une culture réactive, l’absence de réponse directe ne signifie pas forcément une approbation. Elle peut traduire une réserve, une hésitation ou un désaccord exprimé de façon indirecte.

À l’inverse, une prise de parole énergique ne traduit pas nécessairement de l’agressivité. Dans certains contextes, elle manifeste l’intérêt porté à la discussion. L’enjeu consiste donc à ne pas interpréter trop vite le ton, le débit de parole ou le langage corporel de l’autre.

La situation en France : éviter les raccourcis culturels

En France, aucune institution publique ne classe les habitants ou les salariés selon ces trois catégories. Dans le monde du travail, les règles applicables reposent notamment sur le respect de la dignité, l’égalité de traitement et la lutte contre les discriminations. Une origine nationale réelle ou supposée ne peut pas justifier un traitement défavorable.

Pour une équipe française travaillant avec des partenaires étrangers, le modèle de Lewis peut néanmoins aider à préparer les échanges. Il invite à préciser les attentes plutôt qu’à supposer que tout le monde donne le même sens à la ponctualité, au silence ou à la franchise.

  • Envoyer un ordre du jour avant une réunion lorsque la structure est attendue.
  • Prévoir un temps d’échange informel lorsque la relation personnelle joue un rôle déterminant.
  • Reformuler les décisions prises à l’oral afin de vérifier que chacun les comprend de la même façon.
  • Donner la possibilité d’exprimer un désaccord par écrit ou après la réunion.

Le rapport au temps, un point particulièrement sensible

La source évoque aussi les différences de rapport au temps. Dans certains pays, notamment en Allemagne et en Suisse, la ponctualité peut être perçue comme une marque de sérieux et de respect. Dans d’autres environnements, l’horaire d’un rendez-vous peut être considéré avec davantage de souplesse, surtout lorsque la conversation ou la relation humaine prend le dessus.

Les cultures d’Asie de l’Est sont, elles, décrites dans la source comme ayant parfois une vision plus cyclique du temps : une opportunité peut revenir, ce qui réduit le sentiment d’urgence immédiate. Là encore, il s’agit de tendances générales et non de règles applicables à chaque individu.

Clarifier les délais, les horaires et la manière de signaler un désaccord peut éviter qu’une différence d’habitudes ne se transforme en conflit.

Dans une collaboration internationale, une consigne simple peut faire la différence : indiquer précisément si une heure constitue un impératif ou une estimation, préciser le délai de réponse attendu et confirmer les décisions par écrit. Ces repères réduisent les interprétations et la frustration.

Le modèle de Lewis rappelle surtout qu’un comportement jugé froid, désorganisé ou passif peut répondre à une autre logique. Comprendre cette logique ne demande pas d’effacer les différences. Cela permet de mieux choisir ses mots, son rythme et la manière de construire une relation de confiance.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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