À 11 300 mètres d’altitude, un avion percute un oiseau : l’espèce identifiée est aujourd’hui en danger critique

Au-dessus d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, un incident aérien survenu en 1973 a révélé les capacités hors normes d’un rapace africain.

Le 29 novembre 1973, un avion de ligne qui volait à très haute altitude a subi un choc aussi rare qu’inattendu. Le site américain spécialisé dans les technologies SlashGear rapporte que les examens menés après l’atterrissage ont permis d’identifier l’animal impliqué : un vautour de Rüppell, une espèce désormais classée en danger critique.

Un impact à une altitude hors du commun

L’appareil, probablement un DC-8 quadriréacteur, survolait Abidjan à environ 37 000 pieds, soit près de 11 300 mètres. À cette hauteur, un choc a provoqué l’extinction d’un de ses moteurs. L’équipage a tout de même réussi à faire atterrir l’avion sans accident.

Lors de l’inspection du moteur endommagé, les responsables ont retrouvé des fragments de queue, de cou, de poitrine ainsi que des plumes. Ils ont sollicité le Muséum national d’histoire naturelle des États-Unis afin d’établir l’identité de l’oiseau.

Le choc de 1973 reste associé au plus haut vol d’oiseau officiellement documenté, ainsi qu’à l’une des collisions aviaires les plus élevées jamais recensées.

Les experts ont identifié un vautour de Rüppell, dont le nom scientifique est Gyps rueppellii. Ce rapace vit en Afrique et possède une faculté physiologique rare : une protéine modifiée dans son organisme lui permet de mieux utiliser l’oxygène lorsque l’air devient très pauvre en altitude.

Le vautour de Rüppell, un géant adapté aux sommets

Le vautour de Rüppell ne passe pas inaperçu. Il peut mesurer environ 1,04 mètre de long, atteindre près de 2,60 mètres d’envergure et peser jusqu’à 9 kilogrammes. Sa longévité peut aller jusqu’à 50 ans.

Ces caractéristiques expliquent en partie la violence potentielle d’un impact avec un avion. À vitesse élevée, même un animal plus petit peut gravement endommager un moteur, un pare-brise ou une aile. Un vautour de cette taille représente donc un risque réel, y compris loin des aéroports.

Des oiseaux capables de voler bien plus haut qu’on ne l’imagine

Le vautour de Rüppell demeure un cas exceptionnel, mais il n’est pas le seul oiseau observé à des altitudes surprenantes. Le 9 décembre 1967, des pilotes ont aperçu, et un radar a confirmé, un groupe d’environ 30 cygnes chanteurs à 27 000 pieds, soit plus de 8 200 mètres. Ces oiseaux migraient de l’Islande vers le Lough Foyle, à la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Des oies migratrices ont aussi été observées à près de 29 000 pieds, soit environ 8 800 mètres, lors de passages au-dessus de l’Himalaya. Le gypaète barbu, autre grand vautour, a été signalé à plus de 24 000 pieds, autour de 7 300 mètres.

  • La plupart des oiseaux restent sous les 150 mètres d’altitude.
  • Les très grands migrateurs peuvent grimper à plusieurs milliers de mètres.
  • Les rapaces charognards figurent parmi les espèces les mieux adaptées à l’air raréfié.
  • Les vols très élevés demeurent rares et dépendent des migrations, du relief et des courants d’air.

Les collisions avec des oiseaux restent surtout proches du sol

Les collisions entre aéronefs et animaux sont appelées des impacts fauniques. Dans l’immense majorité des cas, elles se produisent pendant le décollage ou l’atterrissage, à proximité des pistes et des zones humides, agricoles ou boisées qui attirent les oiseaux.

Les chiffres cités par SlashGear, issus de l’administration fédérale de l’aviation américaine, font état d’environ 344 000 collisions signalées aux États-Unis entre 1990 et 2025. Des compagnies américaines ont également rapporté 5 700 cas dans des aéroports étrangers. Près de 97 % de ces événements surviennent sous les 3 000 pieds, soit environ 900 mètres.

Entre 2009 et 2018, moins de trois départs sur 10 000 ont été concernés. Parmi les cas enregistrés, seuls 2 à 8 % ont entraîné des dégâts significatifs. Ces statistiques montrent que le risque existe, tout en restant limité au regard du très grand nombre de vols effectués.

Quelle prévention dans les aéroports français ?

En France, les exploitants d’aéroport doivent prendre en compte le risque animalier dans la sécurité des opérations. Les équipes chargées de la sûreté des pistes surveillent les oiseaux et cherchent à limiter ce qui peut les attirer : déchets, eau stagnante, végétation favorable à la nidification ou nourriture accessible.

Les méthodes employées varient selon les lieux et les espèces présentes. Elles peuvent associer l’observation du terrain, l’effarouchement, l’adaptation de l’entretien des espaces verts et la transmission de signalements aux autorités compétentes. Les contrôleurs et les équipages peuvent aussi échanger des informations sur la présence d’oiseaux autour des pistes.

Le danger le plus fréquent se concentre près du sol, mais l’incident survenu au-dessus d’Abidjan rappelle que certains oiseaux peuvent croiser la route d’un avion à des altitudes inattendues.

Une espèce confrontée à de fortes menaces

Le vautour de Rüppell est aujourd’hui en danger critique d’extinction. Les vautours africains subissent notamment les empoisonnements, volontaires ou accidentels, la raréfaction de leurs ressources alimentaires et certaines perturbations liées aux activités humaines.

Ces grands rapaces remplissent pourtant une fonction sanitaire majeure. En consommant rapidement les carcasses d’animaux, ils contribuent à limiter la présence de matières en décomposition dans les milieux naturels. Leur disparition peut donc déséquilibrer toute une chaîne écologique.

L’épisode de 1973 a fait connaître au grand public les capacités aériennes extraordinaires du vautour de Rüppell. Il rappelle aussi un paradoxe : l’oiseau connu pour avoir atteint une altitude record reste aujourd’hui l’un des rapaces les plus menacés de la planète.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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