
Aux États-Unis, les habitudes d’entretien d’un dirigeant de l’habillement ont relancé le débat sur la durée de vie des vêtements.
Publié le 22 mars 2019, un article de la chaîne économique américaine Fox Business rapporte les propos de Chip Bergh, alors patron de Levi’s, au moment du retour en Bourse du fabricant de jeans. Le dirigeant affirme ne pas avoir lavé l’un de ses pantalons en jean depuis dix ans, préférant des méthodes d’entretien plus ciblées.
Un pantalon en jean conservé sans machine
La déclaration avait de quoi surprendre. À l’approche de la seconde entrée en Bourse de Levi Strauss, Chip Bergh a expliqué qu’il portait toujours un pantalon en jean vieux d’environ une décennie sans l’avoir placé dans un lave-linge.
Levi’s a confirmé à Fox Business que le dirigeant n’avait pas lavé ce vêtement « dans une machine à laver » depuis plus de dix ans. Il ne prévoyait pas non plus de le faire.
Le patron de Levi’s ne renonce pas à tout entretien : selon l’entreprise, il traite les taches localement et peut, si nécessaire, laver le pantalon à la main.
Un porte-parole de la marque a précisé : « S’il s’agit bien du pantalon auquel je pense, il traite les taches localement ou, dans le pire des cas, le lave à la main si nécessaire. Mais jamais dans la machine à laver. »
Cette nuance est centrale. Chip Bergh ne décrivait pas un vêtement laissé sans aucun soin pendant dix ans. Il défendait plutôt un usage limité du lavage complet en machine, une opération qui peut user un textile et altérer son apparence au fil du temps.
Une prise de position déjà formulée en 2014
Ce n’était pas la première fois que le dirigeant s’exprimait sur ce sujet. En 2014, lors d’une conférence consacrée au développement durable, il avait marqué les esprits en affirmant que ses jeans n’avaient jamais vu l’intérieur d’une machine à laver. Il avait aussi invité le public à réduire la fréquence de lavage de ce type de pantalon.
Ses propos avaient suscité de nombreuses réactions, au point qu’il avait ensuite apporté des précisions dans une tribune publiée sur LinkedIn. Chip Bergh expliquait vouloir remettre en cause le réflexe qui consiste à mettre tous les vêtements au lave-linge après seulement une ou deux utilisations.
« Nous n’avons pas besoin de laver les jeans aussi souvent que la plupart des gens le pensent », écrivait Chip Bergh.
Dans ce texte, il reliait directement cette position à la qualité, à la durabilité des produits et à une fabrication qu’il souhaitait plus respectueuse des ressources. Son message ne visait donc pas uniquement l’apparence des pantalons en jean : il s’inscrivait dans un discours plus large sur la consommation et la longévité des vêtements.
Le froid n’est pas présenté comme une solution
Le dirigeant a aussi contesté une autre pratique souvent évoquée : placer un pantalon en jean au congélateur pour préserver sa couleur et sa forme. Fox Business indique qu’il a rejeté cette idée, parfois présentée comme une astuce d’entretien.
Le froid peut donner une impression de fraîcheur temporaire, mais Chip Bergh ne le présentait pas comme une réponse suffisante aux salissures. Dans son cas, le traitement local des taches et le lavage manuel ponctuel constituaient les alternatives citées par la marque.
- Traiter une tache sur la zone concernée plutôt que laver tout le vêtement.
- Recourir au lavage à la main lorsque cela devient nécessaire.
- Éviter de faire de la machine à laver un réflexe après quelques ports seulement.
- Ne pas compter sur le congélateur comme méthode d’entretien du pantalon.
Une déclaration faite lors d’un retour remarqué en Bourse
Ces propos sont intervenus dans un contexte économique particulier pour Levi Strauss. Le 21 mars 2019, l’entreprise est revenue sur les marchés financiers après plusieurs décennies en tant que société non cotée. Son entrée en Bourse avait alors porté sa valorisation près de 8 milliards de dollars, un niveau supérieur aux attentes rapportées par Fox Business.
Les actions de l’entreprise avaient progressé de 33 % lors de leur première séance. Elles avaient ensuite commencé à reculer dans les premiers échanges du lendemain. La sortie médiatique de Chip Bergh sur ses jeans a ainsi accompagné une période très exposée pour la marque.
Le sujet pouvait sembler anecdotique face aux enjeux boursiers, mais il correspondait aussi à l’image d’un produit conçu pour durer. Le pantalon en jean est associé à la résistance du tissu, à l’usure visible et à une évolution progressive de sa couleur avec le temps.
Ce que cela signifie en France
En France, aucune règle n’impose une fréquence précise de lavage pour un pantalon en jean. Les consignes les plus adaptées restent celles figurant sur l’étiquette d’entretien du vêtement, car elles dépendent de sa composition, de sa teinture, de la présence éventuelle d’élasthanne et des finitions choisies par le fabricant.
Un pantalon porté dans des conditions ordinaires ne nécessite pas forcément un passage automatique en machine après chaque utilisation. En revanche, une tache, une odeur persistante ou une salissure importante justifient un entretien adapté. Le choix dépend aussi de l’usage : un jean porté au travail manuel, dans les transports ou lors d’activités salissantes ne se traite pas comme un vêtement porté quelques heures au bureau.
Pourquoi le lavage modifie l’aspect du denim
Le denim désigne le tissu de coton sergé habituellement utilisé pour fabriquer les jeans. Sa teinture peut perdre de son intensité avec les lavages successifs, surtout lorsque l’eau est chaude ou que le cycle est énergique. Les frottements répétés peuvent aussi modifier les plis, la souplesse du tissu et l’apparence des zones les plus sollicitées.
Réduire les lavages complets peut donc aider à conserver plus longtemps la couleur d’origine d’un pantalon, à condition de ne pas négliger l’hygiène lorsqu’elle s’impose. Aérer le vêtement après l’avoir porté, vider les poches et agir rapidement sur une tache sont des gestes simples qui peuvent éviter un lavage inutile.
Le conseil de Chip Bergh ne constitue pas une règle universelle pour tous les vêtements. Il illustre une approche : distinguer le nettoyage réellement nécessaire du lavage automatique, afin de prolonger l’usage d’un pantalon sans prétendre qu’un jean ne doit jamais être entretenu.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Le patron de Levi’s conseille de ne jamais laver ses jeans : lui n’a pas mis les siens en machine depuis 10 ans est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.