Compléments alimentaires : les 6 que les médecins prennent vraiment, et les précautions qu’ils rappellent

Aux États-Unis, les compléments alimentaires sont devenus très courants, alors que des médecins appellent à choisir ces produits avec prudence.

Dans un article du magazine américain SELF, plusieurs médecins expliquent pourquoi ils privilégient d’abord l’alimentation et ne retiennent que certains compléments dans des situations précises. L’extrait publié s’attarde surtout sur la vitamine D, un nutriment dont les carences peuvent être fréquentes selon les profils et les saisons.

Une consommation devenue banale aux États-Unis

Prendre une gélule pour mieux dormir, faire du sport, faciliter le transit ou se sentir moins fatigué est devenu un geste quotidien pour beaucoup d’Américains. Selon l’Office des compléments alimentaires, cité par SELF, environ la moitié des adultes et un tiers des enfants aux États-Unis consomment régulièrement ce type de produits.

Cette popularité ne convainc pas tous les praticiens. Jeffrey Linder, médecin interniste et professeur de médecine à l’université Northwestern, porte un regard très sévère sur le secteur. Il estime qu’une grande partie des produits proposés ne présente pas d’intérêt démontré.

« Une vaste majorité des compléments sont probablement inutiles », estime Jeffrey Linder.

Le médecin rappelle un point central : les nutriments doivent, autant que possible, venir de l’alimentation. Les fruits, les légumes, les légumineuses, les produits céréaliers, les poissons, les œufs et les produits laitiers apportent aussi des fibres, des protéines et d’autres composés que les comprimés ne remplacent pas.

Autre différence notable avec les médicaments : aux États-Unis, les compléments alimentaires ne font pas l’objet d’un examen préalable systématique de leur sécurité et de leur efficacité par l’autorité sanitaire fédérale avant leur commercialisation. Cela ne signifie pas que chaque produit est dangereux, mais cela explique la réserve exprimée par les professionnels interrogés.

La vitamine D, l’exception souvent citée

Parmi les produits évoqués par les médecins, la vitamine D occupe une place particulière. Elle participe notamment à la santé osseuse et au fonctionnement du système immunitaire. Jeffrey Linder indique qu’un déficit en vitamine D est associé à de nombreuses situations médicales, dont certaines maladies cardiovasculaires, infectieuses, auto-immunes et certains cancers. Une association ne prouve pas, à elle seule, qu’une supplémentation prévient ou traite ces maladies.

Cette vitamine se distingue parce qu’elle est difficile à obtenir uniquement par les aliments. Peu de denrées en contiennent des quantités significatives. Le corps en fabrique aussi sous l’effet de l’exposition solaire, ce qui peut rendre les apports plus limités pendant l’hiver, surtout dans les régions peu ensoleillées.

Lawrence Green, dermatologue et professeur de médecine clinique à l’université George-Washington, juge que la vitamine D fait partie des rares nutriments pour lesquels une supplémentation peut être nécessaire. Dans l’article de SELF, presque tous les médecins interrogés déclarent en prendre, notamment pendant la période hivernale. Les rythmes de prise et les doses diffèrent d’une personne à l’autre.

Pourquoi certaines personnes sont davantage concernées

Les médecins cités signalent deux facteurs fréquents : vivre à une latitude élevée, avec moins d’ensoleillement en hiver, et avoir une peau foncée. Ces éléments peuvent réduire la production cutanée de vitamine D liée au soleil.

  • Une exposition solaire plus faible durant l’hiver peut contribuer à des apports insuffisants.
  • Une alimentation variée ne garantit pas toujours un apport suffisant en vitamine D.
  • La couleur de peau et le lieu de vie peuvent influencer la synthèse cutanée.
  • Un avis médical aide à déterminer si une prise est justifiée.

La prudence reste nécessaire. Une personne qui se sent fatiguée ne doit pas automatiquement attribuer ce symptôme à une carence. La fatigue peut avoir de nombreuses causes. Un professionnel de santé peut évaluer la situation et, si nécessaire, demander un dosage sanguin avant de proposer une conduite adaptée.

Vitamine D3 ou vitamine D2 : la distinction rappelée par les médecins

Les praticiens interrogés dans SELF préfèrent en général la vitamine D3, aussi appelée cholécalciférol, à la vitamine D2, appelée ergocalciférol. Les études citées dans l’article suggèrent que la première augmente plus efficacement le taux de vitamine D dans le sang.

Cette différence de nom ne doit pas pousser à choisir seul une dose élevée. La vitamine D est liposoluble : elle se dissout dans les graisses et peut être stockée par l’organisme. Une consommation excessive, surtout sur une longue période, peut donc poser problème.

La vitamine D ne se choisit pas seulement selon l’étiquette : la forme, la dose, la durée et le profil de la personne comptent aussi.

Sara Velayati, spécialiste de la médecine de l’obésité à New York, indique que la vitamine D est mieux absorbée lorsqu’elle est prise avec un repas contenant des matières grasses. Lawrence Green dit, lui, la prendre au petit-déjeuner ou au dîner et privilégier un repas plus riche pour favoriser son absorption.

Ce qui s’applique en France

En France, les compléments alimentaires sont des denrées alimentaires et non des médicaments. Ils ne doivent donc pas être présentés comme capables de prévenir ou de guérir une maladie. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes encadre notamment leur mise sur le marché et leur présentation commerciale.

Les autorités sanitaires françaises recommandent de ne pas considérer ces produits comme un substitut à une alimentation variée et équilibrée. Une supplémentation peut être envisagée dans certaines situations, mais elle mérite un échange avec un médecin, un pharmacien ou une sage-femme selon le contexte.

Pour la vitamine D, les besoins et les recommandations varient selon l’âge, l’exposition au soleil, l’alimentation, la grossesse, certaines maladies ou certains traitements. Le médecin traitant reste l’interlocuteur adapté lorsqu’une carence est suspectée ou lorsqu’une prise prolongée est envisagée.

Les précautions avant d’acheter

Le mot « naturel » ne garantit ni l’efficacité ni l’absence de risque. Certains compléments peuvent interagir avec des médicaments, contenir plusieurs ingrédients actifs ou faire doublon avec d’autres produits déjà consommés. Additionner des multivitamines, des boissons enrichies et plusieurs gélules peut mener à des apports inutiles.

Les bons réflexes à garder

  • Vérifier la composition exacte et la quantité apportée par dose.
  • Éviter de cumuler des produits contenant le même nutriment.
  • Demander conseil en cas de grossesse, de maladie chronique ou de traitement médicamenteux.
  • Ne pas remplacer un repas, un suivi médical ou un traitement prescrit par un complément.
  • Le cas de la vitamine D illustre bien la nuance rappelée par les médecins américains : certains compléments peuvent avoir une utilité ciblée, mais ils ne constituent pas une réponse automatique aux problèmes de santé du quotidien. L’alimentation, le sommeil, l’activité physique et le suivi médical restent les premiers leviers à considérer.

    Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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