
Au large de la côte est australienne, une scène filmée sous l’eau éclaire d’un jour nouveau le comportement des baleines à bosse face à la mort.
Les faits se sont déroulés en juillet 2025, près de Palm Beach, sur la Gold Coast, en Australie. Le média américain d’information sur la nature Nature World News rapporte qu’une équipe a observé une femelle baleine à bosse auprès de son nouveau-né mort-né, un comportement jamais documenté jusque-là chez cette espèce.
Une mère restée près de son petit pendant au moins 90 minutes
La séquence a été observée depuis une embarcation privée, après un signalement concernant deux baleines dont le comportement paraissait inhabituel. Andrew Mulville, capitaine d’un bateau de sauvetage lié à la fondation SeaWorld, a vu l’une d’elles se tenir presque à la verticale, la queue relevée hors de l’eau.
À la surface, il a aussi repéré des restes de membrane amniotique. La femelle venait manifestement de mettre bas, mais aucun baleineau n’était visible autour d’elle.
En filmant sous l’eau, les observateurs ont localisé le corps du nouveau-né, posé sur le fond marin. La mère a alors effectué plusieurs plongées vers lui. Elle nageait à ses côtés, s’allongeait près de son corps durant environ une minute et passait sa nageoire pectorale au-dessus de lui avant de remonter respirer.
Le comportement attentif de la mère a duré au moins 90 minutes. Elle et une seconde baleine adulte sont restées dans la zone pendant au moins deux heures, jusqu’au départ des observateurs.
L’observation figure dans une étude publiée le 16 septembre 2026 dans la revue Discover Animals, signée par Olaf Meynecke, spécialiste des mammifères marins à l’université Griffith, et Andrew Mulville.
Une première documentée chez les baleines à bosse
Les chercheurs parlent de « comportement attentif après la mort ». Cette expression décrit une modification manifeste de l’attitude d’un animal face au décès d’un congénère, sans conclure trop vite à une émotion humaine précise.
Olaf Meynecke a souligné auprès de Live Science que la scène était « extrêmement rare à observer ». D’après lui, une vingtaine seulement de naissances de baleines à bosse ont été décrites dans la littérature scientifique. Aucune ne concernait jusqu’ici un petit mort-né.
Cette rareté s’explique aussi par la biologie de l’espèce. À la naissance, les baleineaux ne possèdent pas encore une couche de graisse assez développée pour flotter durablement seuls. Lorsqu’un jeune meurt au moment de la mise bas, son corps coule donc rapidement vers le fond, loin du regard des bateaux et des observateurs de surface.
- La mère est redescendue à plusieurs reprises vers le baleineau.
- Elle a nagé près de son corps et s’est immobilisée à ses côtés.
- Une seconde baleine adulte est restée dans le même secteur.
- Les animaux ne semblaient ni migrer ni participer à une activité sociale ordinaire.
Le rôle encore incertain de la seconde baleine
La seconde adulte pourrait avoir été une baleine d’accompagnement, un individu qui reste fréquemment aux côtés d’une femelle gestante ou d’une mère accompagnée d’un jeune. Les auteurs estiment, au vu de sa taille et de son apparence, qu’il s’agissait probablement d’une femelle d’un âge comparable. Cette identification n’a pas pu être confirmée.
Deux baleines adultes ont encore été vues dans la zone au cours des deux jours suivants. Les chercheurs ignorent s’il s’agissait des mêmes animaux.
Peut-on parler de deuil ?
Les images peuvent évoquer le deuil, mais les scientifiques restent prudents. Il est difficile de prouver ce qu’éprouve un animal sans données physiologiques ou neurologiques permettant d’étudier son état.
Les observations montrent en revanche un attachement fort entre la mère et son baleineau, ainsi qu’un changement net de comportement. Au lieu de poursuivre leur déplacement, les baleines sont restées sur place, tournant et évoluant dans une même zone.
Les chercheurs ne peuvent pas établir que la baleine éprouvait du chagrin au sens humain du terme. Ils constatent une attention prolongée et inhabituelle portée au corps du petit.
Vanessa Pirotta, scientifique spécialiste des baleines à l’université Macquarie et non impliquée dans l’étude, a indiqué à la chaîne australienne ABC que l’interprétation de ce comportement restait « difficile ». Elle rappelle la nécessité d’éviter de prêter trop vite des émotions humaines aux animaux, tout en soulignant que ces observations nourrissent les connaissances scientifiques.
Pourquoi ces images intéressent les chercheurs
Cette scène ne constitue qu’une observation, réalisée à une occasion unique. Elle ne permet pas de savoir à quelle fréquence les baleines à bosse restent près d’un petit mort, ni combien de temps ce comportement peut durer dans d’autres circonstances.
Elle ouvre tout de même des pistes sur la réaction de ces grands cétacés face au stress, à la séparation ou à la perte d’un jeune. Olaf Meynecke estime que de nouvelles données, notamment obtenues grâce à des drones utilisés à distance, pourraient aider à mieux comprendre ces comportements sans perturber les animaux.
Les cétacés à dents, comme les orques et les dauphins, ont déjà été observés en train de pousser ou de transporter un petit mort près de la surface. Chez la baleine à bosse filmée en Australie, la mère n’a pas tenté de ramener le baleineau vers la lumière. Les auteurs avancent l’hypothèse qu’elle pouvait avoir perçu sa mort dès la naissance.
La protection des baleines en France
En France, les baleines, dauphins et autres cétacés présents dans les eaux françaises bénéficient d’une protection. Leur destruction, leur capture et leur perturbation intentionnelle sont interdites. Cette règle vise aussi les approches trop proches pouvant modifier leur comportement, notamment lorsqu’une mère se trouve avec un jeune.
Face à une baleine échouée, blessée ou prise dans un engin de pêche, il ne faut pas tenter d’intervenir soi-même. S’approcher d’un animal affaibli peut accroître son stress, exposer les personnes à un danger et compliquer le travail des équipes spécialisées. Le bon réflexe consiste à alerter les autorités compétentes ou les réseaux locaux de sauvetage de la faune marine.
Observer sans déranger
Les images australiennes rappellent l’intérêt d’une observation distante. Les chercheurs ont pu documenter une scène exceptionnelle sans interrompre les plongées de la mère ni modifier la trajectoire des deux adultes.
Chez les baleines à bosse, chaque remontée à la surface est nécessaire pour respirer. Une présence humaine insistante, un bateau trop proche ou un appareil volant au-dessus des animaux peut donc perturber des moments déjà sensibles, en particulier autour des mères et des jeunes. Les rares données recueillies avec précaution restent précieuses pour comprendre la vie sociale de ces géants des océans.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Une baleine à bosse reste 90 minutes auprès de son petit mort-né : ces images rares sont une première pour l’espèce est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.