
Dans l’océan Pacifique, au large d’Hawaï, une mission sous-marine a révélé un objet inattendu à bord d’un porte-avions américain coulé pendant la Seconde Guerre mondiale.
La page source, publiée le 26 avril 2025 et s’appuyant sur les données de l’organisme public américain NOAA Ocean Exploration, relate une observation étonnante sur l’épave du USS Yorktown. À plus de 5 300 mètres sous la surface, les équipes ont repéré une voiture Ford des années 1940, restée à bord du navire depuis son naufrage en 1942.
Une automobile au fond du Pacifique
Le USS Yorktown, désigné CV-5 par la marine américaine, était un porte-avions engagé dans les premières grandes batailles navales du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment participé à la bataille de la mer de Corail, puis à la bataille de Midway, en juin 1942.
Touché durant cette dernière bataille, le bâtiment avait d’abord résisté. Il a finalement sombré quelques jours plus tard après avoir été torpillé par le sous-marin japonais I-168. L’épave repose debout, à environ trois miles de profondeur, soit près de 5 300 mètres.
À l’arrière du hangar du porte-avions, les images recueillies par un véhicule sous-marin télécommandé montrent les restes d’une Ford Super Deluxe produite entre 1940 et 1941.
Le véhicule est une Ford Super Deluxe dite « Woody », un modèle dont la carrosserie associait acier et éléments de bois. La voiture ne correspond pas à la version militaire dépouillée alors habituellement employée par les forces armées américaines. Elle possédait des équipements plus soignés, dont davantage de chromes, des sièges en cuir et une planche de bord à décor imitant le bois.
Une présence qui reste inexpliquée
La présence d’une automobile sur un porte-avions de première ligne soulève plusieurs questions. La page consultée ne permet pas d’établir avec certitude qui utilisait la voiture ni dans quelles circonstances elle avait été chargée à bord.
NOAA Ocean Exploration avance une hypothèse à partir d’une inscription visible sur une partie de la plaque avant. On peut y lire la mention « SHIP SERVICE ___ NAVY », indiquant un lien avec le service du navire et la marine américaine.
Selon NOAA Ocean Exploration, le véhicule aurait pu servir au contre-amiral Frank Jack Fletcher, au capitaine Elliott Buckmaster ou à d’autres membres de l’équipage lors des escales du USS Yorktown dans des ports étrangers.
Frank Jack Fletcher commandait les forces navales américaines engagées dans plusieurs affrontements du Pacifique. Elliott Buckmaster était, lui, le commandant du Yorktown. L’automobile aurait donc pu être utilisée à terre, lors de déplacements officiels ou pratiques pendant les périodes où le porte-avions se trouvait au port.
Une autre interrogation demeure : pourquoi cette voiture n’a-t-elle pas été jetée par-dessus bord lors des tentatives désespérées pour sauver le bâtiment ? Dans une situation de combat, l’équipage a souvent cherché à alléger les navires endommagés en évacuant des équipements, des avions abîmés ou du matériel devenu inutilisable. Aucun élément présenté dans la source ne permet de trancher.
Un modèle civil dans un contexte militaire
La Ford Super Deluxe constituait une gamme plus haut de gamme que les modèles de base de la marque américaine. Le surnom « Woody » renvoie à l’emploi de panneaux en bois sur certaines parties de la carrosserie, une caractéristique fréquente sur les breaks de cette époque.
- Le véhicule a été localisé sur le pont hangar arrière.
- Il s’agit d’une Ford Super Deluxe datant de 1940 ou 1941.
- La voiture semble être une version civile plutôt qu’un modèle militaire standardisé.
- Son état de conservation apparent s’explique aussi par les conditions extrêmes des grandes profondeurs.
À une telle profondeur, l’absence de lumière, la température basse et une pression considérable modifient les mécanismes habituels de dégradation. Les matériaux ne restent pas intacts, mais certaines structures métalliques peuvent demeurer identifiables durant des décennies. Les images obtenues permettent ainsi de reconnaître la silhouette du véhicule et plusieurs détails de sa carrosserie.
Un bombardier lié à la bataille de Midway
La mission a aussi identifié les restes d’un bombardier en piqué Douglas SBD Dauntless. Des marquages « B5 » restent lisibles sur son fuselage, sous l’emplacement circulaire destiné au mitrailleur.
D’après les informations rapportées, cet avion faisait partie des deux appareils endommagés de l’escadrille de bombardement numéro six du porte-avions USS Enterprise. Ils avaient atterri sur le Yorktown après une attaque réussie contre le porte-avions japonais Kaga.
Ces vestiges illustrent la confusion des combats de Midway. Des avions provenant d’un autre porte-avions avaient trouvé refuge sur le Yorktown, alors même que celui-ci subissait de lourds dommages. Le bombardier et l’automobile racontent deux aspects très différents de la vie à bord : l’intensité d’une bataille aéronavale et la logistique plus discrète des escales.
Quelle protection pour les épaves en France ?
En France, la protection du patrimoine archéologique sous-marin relève notamment du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, rattaché au ministère de la Culture. Cet organisme intervient sur les biens culturels immergés dans les eaux françaises et participe à leur étude comme à leur préservation.
Les épaves de guerre ne constituent pas de simples gisements d’objets anciens. Elles peuvent contenir des restes humains, des munitions ou des substances polluantes. Leur accès demande donc des précautions particulières. Les grandes profondeurs imposent aussi le recours à des engins télécommandés capables de filmer, mesurer et prélever avec précision sans envoyer de plongeurs.
Des images sans remonter les objets
Un véhicule sous-marin télécommandé, souvent désigné par le sigle ROV, est relié au navire de surface. Il embarque des caméras, des projecteurs et parfois des bras articulés. Cette technologie rend possible l’observation de sites inaccessibles à l’être humain.
Dans le cas du USS Yorktown, les images apportent des éléments précieux sans déplacer la Ford ni le bombardier. Elles permettent d’étudier l’épave tout en laissant les objets dans leur environnement, un choix qui préserve aussi le caractère historique et mémoriel de ce navire coulé avec une partie de son équipage.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Coulé en 1942 à 5 300 mètres de profondeur : les scientifiques découvrent une Ford Woody des années 1940 dans l’épave du USS Yorktown est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.