Communication par marques olfactives : après plus de 100 ans, des chercheurs déchiffrent le code de l’urine des chats

Au Japon, des scientifiques ont éclairci le mécanisme qui permet aux chats de laisser une signature olfactive durable dans leur urine.

Publié le 23 août 2026, l’article du média suisse en ligne 20 Minuten rapporte les travaux d’une équipe japonaise menée par Masao Miyazaki, de l’université d’Iwate. Les chercheurs se sont penchés sur une question restée sans réponse pendant plus d’un siècle : pourquoi de minuscules gouttelettes de graisse sont-elles présentes dans les reins des chats ?

Une odeur qui renseigne les autres chats

Les chats ne laissent pas seulement de l’urine derrière eux. Ils déposent aussi des informations chimiques que leurs congénères sont capables de percevoir. Ces marques odorantes participent à leur communication et peuvent permettre à un animal de reconnaître un autre chat, y compris après plusieurs mois.

Ce phénomène soulevait une interrogation. Les molécules odorantes évoluent avec le temps : elles peuvent s’évaporer, se dégrader ou être modifiées par leur environnement. Pourtant, chaque chat semble conserver une odeur suffisamment caractéristique pour être identifié.

La signature olfactive féline ne dépendrait pas d’une seule substance, mais d’un assemblage stable de molécules grasses propres à chaque individu.

L’équipe japonaise a identifié treize acides gras à chaîne ramifiée, aussi appelés acides gras ramifiés. Leur combinaison et leur proportion changent d’un chat à l’autre. Chez un même animal, elles restent en revanche relativement constantes.

De minuscules réserves de graisse dans les reins

La réponse se trouverait dans les reins. Les chercheurs ont établi que de très petites gouttelettes de graisse y jouent le rôle de réservoir. Elles stockent les acides gras associés à l’odeur individuelle du chat.

Cette réserve permettrait aux molécules de garder leur structure caractéristique, même lorsque l’alimentation ou l’état physique de l’animal évoluent. Les acides gras seraient ensuite éliminés progressivement dans l’urine.

Ce mécanisme explique pourquoi l’odeur laissée par un chat peut rester identifiable sur la durée. Il donne aussi un sens à ces gouttelettes de graisse observées depuis longtemps dans les reins félins, sans que leur fonction ait été clairement comprise.

Treize molécules pour une carte d’identité chimique

Les scientifiques ne décrivent pas une odeur unique qui appartiendrait à tous les chats. Ils évoquent plutôt une sorte de carte d’identité chimique. Chaque animal posséderait une combinaison particulière des treize acides gras à chaîne ramifiée.

  • Les molécules concernées appartiennent à la famille des acides gras ramifiés.
  • Leur dosage varie selon les individus.
  • Leur profil reste relativement stable chez un même chat.
  • Les gouttelettes de graisse présentes dans les reins contribueraient à cette stabilité.

Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Current Biology. Ils permettent de relier deux observations : la capacité des chats à communiquer par l’odeur de leur urine et l’existence de ces réserves grasses rénales longtemps demeurées mystérieuses.

Un mystère de plus de cent ans éclairci

Les gouttelettes de graisse dans les reins des chats sont connues depuis plus de cent ans. Leur utilité restait obscure. Selon les propos de Masao Miyazaki rapportés par Science.org et relayés par 20 Minuten, le lien entre cette particularité rénale et les signaux chimiques contenus dans l’urine était inattendu.

Les reins des chats ne participeraient pas uniquement à l’élimination de certaines substances : ils aideraient aussi à préserver des signaux olfactifs individuels.

Cette avancée ne signifie pas que l’urine constitue le seul moyen de communication entre chats. Les félins utilisent aussi des signaux visuels, des postures, des vocalisations et des odeurs déposées sur des surfaces. Le marquage urinaire occupe tout de même une place particulière, car il peut transmettre un message sans contact direct entre les animaux.

Pour un chat, sentir une zone marquée peut ainsi fournir des indices sur la présence d’un autre individu. La recherche japonaise apporte une explication biologique à la persistance de cette information odorante.

Des traces similaires chez plusieurs grands félins

Les chats domestiques ne sont pas les seuls concernés. Les chercheurs ont aussi détecté ces acides gras stockés dans des gouttelettes de graisse chez d’autres représentants de la famille des félins.

Ils en ont retrouvé dans l’urine de lions, de tigres, de léopards, de jaguars et de lynx. La diversité de ces molécules y semble toutefois moins élevée que chez le chat domestique, d’après les éléments rapportés par 20 Minuten.

Cette observation suggère que cette signature chimique pourrait être répandue chez les félins. Elle aurait aussi pu se diversifier au cours de leur évolution. Les scientifiques précisent qu’il reste à établir si les chats sauvages utilisent ces acides gras ramifiés pour reconnaître précisément d’autres individus.

Ce que cela change pour les propriétaires en France

En France comme ailleurs, le marquage urinaire d’un chat peut être difficile à vivre dans un logement. Les travaux japonais ne fournissent pas une méthode pour l’empêcher. Ils rappellent en revanche que l’urine féline ne relève pas seulement d’un rejet physiologique : elle peut aussi participer à une communication entre animaux.

Il faut distinguer le marquage de l’élimination habituelle dans la litière. Un changement soudain de comportement, des urines hors de la litière ou des difficultés apparentes à uriner méritent une attention particulière. Un vétérinaire peut alors évaluer la situation, car un trouble médical ou un facteur de stress peut entrer en jeu.

Comprendre le rôle des acides gras ramifiés

Un acide gras est une molécule constituée notamment de carbone et d’hydrogène. Dans le cas étudié, la chaîne de carbone possède des ramifications, d’où le nom d’acide gras à chaîne ramifiée. Ces particularités chimiques peuvent modifier les propriétés d’une substance et participer à une odeur reconnaissable.

La découverte japonaise montre surtout qu’une odeur animale peut reposer sur un système de stockage interne très précis. Chez le chat, de minuscules éléments présents dans les reins suffiraient à préserver, puis à diffuser progressivement, une empreinte olfactive personnelle.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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