« Étoile de mer à grosses fesses », « petite patate douce » : des dizaines d’espèces jamais vues filmées dans les abysses au large de l’Argentine

Au large de l’Argentine, une mission scientifique révèle des animaux étonnants dans un canyon sous-marin encore très peu documenté.

Dans le canyon sous-marin de Mar del Plata, au large des côtes argentines, des scientifiques ont observé plus de 40 espèces jamais filmées auparavant. La mission, menée avec le Schmidt Ocean Institute, organisme de recherche océanographique, a aussi captivé le public grâce à une étoile de mer à la silhouette très particulière.

Une étoile de mer devenue vedette des profondeurs

Les images ont été obtenues par SuBastian, un véhicule télécommandé capable de filmer et de prélever des échantillons à grande profondeur. Depuis le 23 juillet, ses descentes dans le canyon de Mar del Plata ont montré une faune rare du sud de l’océan Atlantique.

Parmi les animaux aperçus, une étoile de mer ronde et trapue a particulièrement attiré l’attention. Les internautes qui suivaient les images en direct l’ont surnommée « étoile de mer à grosses fesses », en raison d’une ressemblance amusante avec Patrick, le personnage de la série animée Bob l’éponge.

Cette étoile de mer appartient au genre Hippasteria, reconnaissable à son disque central épais et à ses bras courts.

Sa forme inhabituelle ne signifie pas qu’elle possède réellement une anatomie comparable à celle d’un humain. Les étoiles de mer ont une symétrie radiale : leur corps s’organise autour d’un centre, contrairement aux animaux dotés d’un côté droit et d’un côté gauche bien distincts.

Mariela Romanelli, biologiste et conservatrice de la collection d’invertébrés du Musée national des sciences naturelles d’Argentine, a précisé au site d’information argentin Infobae que l’animal dispose bien d’un système digestif complet et d’un anus, mais que celui-ci ne se situe pas là où les internautes le pensent. Elle a aussi jugé la ressemblance avec le personnage animé « assez hilarante ».

Une illusion liée à la position de l’animal

Les scientifiques avancent plusieurs explications à cette apparence. L’étoile de mer peut être bien nourrie : les espèces de ce groupe sont des carnivores voraces. Sa position sur une paroi verticale peut aussi modifier la perception de son corps. Le disque central pend alors vers le bas sous l’effet de la gravité, ce qui accentue l’illusion.

Chez l’étoile de mer, la bouche se trouve sur la face inférieure, celle qui repose contre le fond marin durant l’alimentation. L’anus est situé au centre de la face supérieure. Un observateur arrivant au-dessus de l’animal voit donc d’abord cette partie haute du disque.

Une « petite patate douce » violette parmi les prélèvements

L’étoile de mer n’est pas le seul animal à avoir reçu un surnom. Une holothurie violette du genre Benthodytes a été appelée « petite patate douce » en raison de son corps dodu et de sa couleur. SuBastian a recueilli cet individu, qui était encore vivant lorsqu’il a atteint la surface, selon les scientifiques de la mission.

Les holothuries, parfois appelées concombres de mer, sont des échinodermes, comme les oursins et les étoiles de mer. Elles jouent un rôle utile sur les fonds marins : elles ingèrent les sédiments et contribuent au recyclage de la matière organique.

  • Au moins 25 espèces de poissons osseux ou cartilagineux ont été répertoriées.
  • Des éponges carnivores jamais signalées dans l’Atlantique Sud ont été observées.
  • Des crustacés et d’autres invertébrés adaptés à l’obscurité totale ont été filmés.
  • Des raies aux couleurs marquées et des coraux peu connus dans cette zone ont aussi été repérés.

Le canyon de Mar del Plata constitue un milieu singulier. Ces reliefs sous-marins peuvent canaliser des courants, transporter des nutriments et offrir des habitats variés à des espèces vivant loin de la lumière. Les fonds profonds restent difficiles à étudier, car la pression y est très forte et les interventions humaines nécessitent des équipements spécialisés.

Des images recueillies jusqu’à 4 000 mètres de profondeur

La mission a diffusé ses images depuis près de 4 000 mètres sous le niveau de la mer. À cette profondeur, aucune lumière solaire ne parvient jusqu’au fond. Les caméras du véhicule, ses projecteurs et ses bras articulés permettent aux équipes à bord du navire d’observer les organismes sans qu’un plongeur ait à descendre.

Les prélèvements et les séquences filmées doivent maintenant permettre d’identifier précisément les organismes observés et d’évaluer s’ils correspondent à des espèces encore inconnues de la science.

Voir un animal pour la première fois ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit d’une nouvelle espèce. Les chercheurs doivent comparer sa morphologie à des spécimens déjà décrits, analyser ses caractéristiques et, lorsque cela est possible, étudier son matériel génétique. Cette étape de vérification peut prendre du temps.

Les images ont néanmoins une valeur immédiate. Elles apportent des données sur la répartition des animaux, leurs comportements et les habitats qu’ils fréquentent. Elles permettent aussi de signaler la présence d’espèces dans une région où elles n’avaient jamais été documentées.

La recherche des grands fonds en France

En France, l’étude des grandes profondeurs relève notamment de l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Ses équipes utilisent elles aussi des engins téléopérés, des sous-marins et des instruments d’observation afin d’étudier les écosystèmes marins, les reliefs sous-marins et les espèces vivant loin des côtes.

Les grands fonds intéressent les chercheurs pour leur biodiversité, mais aussi parce qu’ils restent vulnérables aux perturbations. Certaines espèces profondes grandissent lentement et peuvent être sensibles aux changements de température, à la pollution ou aux activités qui affectent les fonds marins. Mieux connaître leur présence constitue donc une base utile pour toute décision de protection ou de gestion.

Pourquoi ces animaux semblent si étranges

Les formes étonnantes observées dans les abysses répondent souvent à des contraintes très concrètes : absence de lumière, nourriture rare, froid et pression élevée. Une couleur vive peut sembler surprenante à l’œil humain, alors qu’elle n’a pas le même effet dans une obscurité quasi totale. Des corps souples, des bras courts ou des structures gélatineuses peuvent aussi aider certains organismes à vivre sur les sédiments ou les parois rocheuses.

La diffusion en direct de la mission s’est poursuivie jusqu’au 10 août sur la chaîne du Schmidt Ocean Institute. Au-delà des surnoms amusants donnés aux animaux filmés, elle a permis au public de voir une partie d’un écosystème profond dont une large part reste encore mal connue.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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