
En Espagne, des familles et des spécialistes invitent à ne pas mettre les enfants à l’écart lorsqu’un proche meurt.
Dans l’article source, dont le nom du média n’apparaît pas dans l’extrait transmis, parents, psychologues et professionnels du funéraire décrivent une même idée : un enfant vit lui aussi la perte. Le tenir éloigné des moments d’adieu, sans lui demander son avis ni lui donner d’explications, peut renforcer son sentiment d’isolement.
Une absence qui ne protège pas toujours
La mort d’un grand-parent, d’un parent, d’un camarade ou d’un proche bouleverse toute une famille. Les adultes veulent souvent préserver les plus jeunes de la tristesse, des pleurs ou de la vision d’un cercueil. Cette intention peut être bienveillante. Elle ne répond pas forcément à ce dont l’enfant a besoin.
Marta Martínez, sociologue et chercheuse spécialisée dans l’enfance et les droits humains, estime que la mort reste un sujet difficile à aborder pour les adultes. Selon elle, le silence en dit souvent davantage sur les craintes et l’inconfort des grands que sur les capacités de compréhension des enfants.
Écarter les enfants d’un adieu peut revenir à considérer que le lien qu’ils entretenaient avec la personne morte compte moins.
La chercheuse alerte sur le risque d’un « deuil non reconnu ». Ce terme désigne une souffrance que l’entourage ne considère pas pleinement comme légitime. Or, un enfant peut avoir perdu une grand-mère, un parent, un cousin, une amie ou une personne très présente dans son quotidien. Son chagrin mérite d’être entendu, même s’il ne se manifeste pas comme celui d’un adulte.
Sonsoles raconte avoir parlé avec ses enfants, âgés de huit et quatre ans, après le décès de leur grand-mère. Ils ont souhaité se rendre à la chambre funéraire. « Cela les a beaucoup aidés à dire au revoir et à s’exprimer », relate-t-elle. Miguel évoque aussi la présence de son fils de cinq ans après la mort de son arrière-grand-mère : l’enfant a accompagné ses grands-parents et posé de nombreuses questions.
Demander plutôt que décider à leur place
Pour Lucía López, psychologue spécialisée dans le traumatisme et le deuil, le point de départ est simple : les enfants sont déjà concernés par ce qui arrive. « Cela leur arrive aussi, et nous ne pouvons pas l’ignorer », explique-t-elle. Les laisser à l’écart peut, selon elle, empêcher la reconnaissance de leur peine.
La professionnelle ne défend pas une présence obligatoire. Elle conseille d’associer l’enfant à la décision, en tenant compte de son âge, de sa maturité émotionnelle, de son lien avec la personne disparue et du contexte familial.
- Demander à l’enfant s’il souhaite participer à un moment d’adieu.
- Expliquer clairement ce qu’il verra sur place : des fleurs, des proches silencieux ou en pleurs, un cercueil parfois fermé.
- Prévoir un adulte disponible pour rester près de lui.
- Lui rappeler qu’il peut sortir ou repartir à tout moment.
- Respecter son refus, sans lui faire porter de culpabilité.
« Nous devons leur demander s’ils veulent participer et de quelle manière », indique Lucía López, psychologue spécialisée dans le traumatisme et le deuil.
À 14 ans, Ángel a déjà assisté à deux cérémonies d’adieu. Il voulait saluer une dernière fois des personnes qui comptaient pour lui et soutenir leurs proches. « C’était très triste, mais c’était important d’y aller, et je me suis senti mieux après », confie-t-il. Sa mère précise qu’elle est restée avec lui tout au long de ces moments et qu’elle lui avait proposé de partir dès qu’il en ressentirait le besoin.
Le rôle de l’adulte repère
Marta Martínez évoque la nécessité d’un adulte « ancre ». Il peut s’agir d’un parent, d’un oncle, d’une tante, d’un proche de la famille ou d’une personne de confiance. Son rôle ne consiste pas à empêcher toute émotion. Il est là pour préparer l’enfant, répondre avec des mots simples et observer ses réactions.
Cet adulte peut proposer une courte pause dehors si l’atmosphère devient trop lourde. Il peut aussi éviter de multiplier les explications complexes au moment même de la cérémonie. La présence calme d’un proche, capable de dire « je suis là » ou « tu peux me poser tes questions », peut aider l’enfant à ne pas se sentir abandonné face à ce qu’il voit.
Des gestes simples pour trouver sa place
Participer ne signifie pas nécessairement assister à toute la cérémonie. Certains enfants préfèrent rester peu de temps. D’autres choisissent un geste symbolique. Ces choix peuvent leur permettre de prendre part à l’adieu sans se confronter à une situation qu’ils ne se sentent pas prêts à vivre.
Les spécialistes interrogées proposent plusieurs pistes :
- écrire une lettre à la personne morte ;
- faire un dessin et le déposer avec des fleurs ;
- choisir une photo ou une chanson qui rappelle un souvenir ;
- allumer une bougie à la maison avec un adulte ;
- créer une boîte à souvenirs avec des images, des objets ou des mots.
Dans une famille citée par la source, une fillette n’a pas assisté à la cérémonie après la mort de son père en 2021. Elle avait cinq ans. Ses proches lui ont expliqué ce qui se passait et elle a réalisé un dessin d’adieu, placé dans le cercueil. Une autre famille a emmené deux enfants de six ans saluer leur arrière-grand-mère. Après un court passage sur place, ils sont allés jouer dans un parc voisin.
Ces exemples ne dessinent pas une règle identique pour tous. Ils montrent qu’un enfant peut être associé au deuil de diverses manières, sans lui imposer un scénario rigide.
Quelle place pour les enfants en France ?
En France, aucune règle générale n’interdit à un enfant d’assister aux obsèques d’un proche. La décision appartient d’abord aux parents ou aux adultes qui en ont la responsabilité. Elle gagne à être prise en fonction de l’histoire familiale, de la personnalité de l’enfant et des conditions dans lesquelles un adulte pourra l’accompagner.
Les pompes funèbres peuvent renseigner les familles sur le déroulement pratique d’une cérémonie, d’une présentation du défunt ou d’une inhumation. Lorsqu’un décès provoque une détresse durable, un médecin, un psychologue ou une structure d’accompagnement du deuil peut aussi orienter les proches. Il ne s’agit pas de médicaliser chaque chagrin : le deuil est une expérience humaine. Une aide peut être utile lorsque l’enfant reste envahi par l’angoisse, se replie fortement ou ne parvient plus à vivre son quotidien comme auparavant.
Parler sans détour, avec des mots adaptés
Florencia Sichel, philosophe spécialisée dans l’enfance et les familles, rappelle que les questions sur la mort apparaissent souvent vers cinq ans. Elles peuvent d’abord relever de la curiosité : comment le corps cesse-t-il de vivre, pourquoi quelqu’un ne revient-il pas, que se passe-t-il ensuite ? Puis la peur et la tristesse peuvent prendre davantage de place.
Les adultes peuvent privilégier des explications concrètes, adaptées à l’âge de l’enfant. Dire qu’une personne est morte évite les confusions que peuvent provoquer des formules telles que « elle est partie » ou « elle s’est endormie ». L’enfant peut ensuite poser la même question plusieurs fois. Cette répétition ne traduit pas forcément une opposition : elle peut l’aider à comprendre une réalité difficile.
« Isoler les enfants de la mort ne leur épargne pas la douleur : cela les laisse seuls avec elle », estime Marta Martínez.
Un livre jeunesse, un dessin, une boîte à souvenirs ou un temps de parole avant le coucher peuvent ouvrir un espace moins intimidant. Le but n’est pas d’obtenir une réaction précise. Certains enfants pleurent, d’autres jouent, d’autres encore semblent passer très vite à autre chose. Ces attitudes peuvent coexister avec une vraie peine.
Le plus utile reste de leur laisser une place, des mots et la possibilité de choisir. Pour un enfant qui refuse d’aller à une cérémonie, un adieu à la maison, un dessin ou une lettre peuvent constituer un repère tout aussi personnel.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Faut-il emmener les enfants à un enterrement ? Les spécialistes sont unanimes : les en écarter leur fait plus de mal que de bien est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.