AAA : l’essence premium est un gaspillage d’argent pour de nombreux automobilistes aux États-Unis

Aux États-Unis, des millions d’automobilistes choisissent un carburant plus cher sans que leur véhicule en tire le moindre bénéfice mesurable.

Publiée le 23 septembre 2016, une enquête de NPR, média radiophonique public américain, s’appuie sur des essais menés par l’association automobile AAA. Son constat vise une habitude très répandue dans les stations-service américaines : acheter de l’essence premium alors que le constructeur recommande simplement un carburant ordinaire.

Un surcoût inutile pour 16,5 millions d’automobilistes

Selon l’étude d’AAA, plus de 16 millions d’Américains mettent de l’essence premium dans un véhicule qui n’en a pas besoin. Le chiffre précis avancé par l’association atteint 16,5 millions de conducteurs.

Ces automobilistes ne font pas forcément ce choix à chaque plein. L’enquête indique qu’ils utilisent ce carburant plus cher au moins une fois par mois. Additionnée à l’échelle du pays, cette pratique aurait représenté 2,1 milliards de dollars dépensés inutilement sur l’année étudiée.

Pour une voiture conçue pour fonctionner avec un carburant ordinaire, l’essence premium n’apporte ni gain significatif de puissance, ni baisse notable de consommation, ni réduction mesurable des émissions.

Le terme « premium » peut entretenir une confusion. Il évoque un produit de qualité supérieure, donc supposé meilleur pour le moteur. Or, dans ce cas précis, il désigne surtout un carburant à indice d’octane plus élevé. Cela ne signifie pas qu’il convient mieux à tous les véhicules.

Des essais réalisés sur plusieurs types de moteurs

AAA a travaillé avec le centre de recherche automobile de l’Automobile Club of Southern California, un club automobile du sud de la Californie. Les équipes ont comparé du carburant ordinaire et du carburant premium sur des voitures équipées de moteurs V8, V6 et quatre cylindres en ligne, tous conçus pour rouler avec de l’essence ordinaire.

Les essais ont porté sur trois critères concrets :

  • la puissance développée par le moteur ;
  • la consommation de carburant ;
  • les émissions produites par le véhicule.

Greg Brannon, directeur de l’ingénierie automobile d’AAA, explique à NPR que les chercheurs ont utilisé un dynamomètre à châssis, un équipement comparable à un tapis roulant pour automobile. Il permet de faire fonctionner un véhicule dans des conditions contrôlées sans prendre la route.

« Nous avons pu quantifier de manière très scientifique la différence — ou, dans ce cas, l’absence de différence — en matière de performances, d’émissions et de consommation », a déclaré Greg Brannon.

Les tests suivaient les recommandations de l’Agence américaine de protection de l’environnement. Ils n’ont révélé aucun avantage significatif lié au carburant premium lorsque le moteur demandait du carburant ordinaire.

À quoi sert réellement un indice d’octane élevé ?

L’indice d’octane mesure la capacité d’un carburant à résister à une combustion prématurée dans le moteur. Ce phénomène peut provoquer un cliquetis, ce bruit métallique parfois perceptible lors de certaines sollicitations.

Greg Brannon rappelle que l’essence ayant un indice d’octane plus élevé résiste mieux à cette détonation prématurée. Cette caractéristique répond aux besoins de certains moteurs, notamment lorsque le constructeur la demande explicitement. Elle ne crée pas, à elle seule, davantage de puissance dans un moteur qui n’a pas été conçu pour en profiter.

Les véhicules modernes disposent aussi de systèmes électroniques capables d’ajuster le fonctionnement du moteur. Cela ne transforme pas pour autant un moteur prévu pour un carburant ordinaire en moteur nécessitant de l’essence premium.

Le seul dommage concerne le budget

Pour les automobilistes qui ont mis du carburant premium par précaution, AAA se veut rassurante : l’étude ne signale pas de dommage mécanique causé par ce choix. Le moteur ne souffre pas parce qu’il reçoit ponctuellement une essence à l’indice d’octane plus élevé.

« Le seul dommage concerne leur portefeuille », a affirmé Greg Brannon.

Le responsable d’AAA attribue en partie cette habitude au vocabulaire employé sur les pompes. Face à une offre présentée comme « premium », certains consommateurs peuvent penser qu’ils protègent mieux leur voiture ou qu’ils améliorent automatiquement ses performances. Les résultats de l’étude américaine vont à l’encontre de cette idée pour les véhicules qui ne réclament pas ce carburant.

Quelle règle suivre en France ?

En France, la bonne référence reste la recommandation du constructeur. Elle figure habituellement dans le manuel du véhicule et, selon les modèles, près de la trappe ou du bouchon du réservoir. Il faut respecter le carburant exigé ou autorisé par le fabricant, sans se fier uniquement à l’appellation commerciale présente à la pompe.

Les carburants sans plomb commercialisés en France se distinguent notamment par leur indice d’octane : le SP95 correspond à un indice de 95 et le SP98 à un indice de 98. Le SP95-E10 contient, lui, jusqu’à 10 % d’éthanol. La compatibilité avec ce dernier dépend du véhicule concerné : le carnet d’entretien ou les indications du constructeur permettent de la vérifier.

Un automobiliste français dont la notice prévoit du SP95 n’a donc pas à choisir automatiquement du SP98 dans l’idée d’obtenir de meilleures performances. À l’inverse, un moteur pour lequel le constructeur impose un carburant à indice d’octane supérieur doit recevoir le carburant prévu. La distinction compte particulièrement pour éviter une dépense non justifiée ou, dans l’autre sens, une utilisation qui ne respecterait pas les préconisations techniques.

Un réflexe simple avant de faire le plein

Avant de sélectionner une pompe, quelques vérifications suffisent :

  • consulter la recommandation inscrite par le constructeur ;
  • vérifier la compatibilité du véhicule avec le SP95-E10 ;
  • ne pas confondre indice d’octane élevé et amélioration automatique du moteur ;
  • tenir compte du prix affiché, surtout lorsque le véhicule n’exige pas de carburant premium.
  • L’essence premium a une utilité pour les motorisations qui la réclament. L’étude d’AAA rappelle surtout qu’un carburant plus coûteux ne devient pas un meilleur choix lorsqu’il ne correspond à aucun besoin technique du véhicule.

    Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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