
Aux Pays-Bas, une tendance née sur les réseaux sociaux interroge : le repos au lit peut soulager, mais aussi fragiliser les habitudes.
Le magazine féminin néerlandais LINDA, dans un article publié le 3 août 2023, s’est intéressé au « bed rotting », cette pratique consistant à rester longtemps au lit sans dormir, souvent après une semaine jugée éprouvante. Entre besoin de souffler et risque d’isolement, des psychologues appellent à distinguer une pause ponctuelle d’un repli qui s’installe.
Une pause au lit devenue tendance
L’expression « bed rotting » décrit un moment passé au lit à faire des activités passives. Il ne s’agit pas de dormir, mais de regarder une série, grignoter ou faire défiler des contenus sur son téléphone. La tendance s’est largement diffusée auprès de jeunes qui se sentent épuisés par les études, le travail, les obligations familiales ou les interactions sociales.
Sur TikTok, le terme avait déjà cumulé plus de dix millions de vues au moment de la publication de l’article de LINDA. Les vidéos associées montrent souvent des chambres sombres, des plateaux-repas, des écrans et une volonté assumée de ne rien prévoir pendant plusieurs heures.
Le principe repose sur une idée simple : s’accorder du temps sans obligation, sans rendement attendu et sans culpabilité immédiate.
Cette recherche de calme répond aussi à une pression sociale forte. Beaucoup de personnes ont le sentiment de devoir remplir leurs journées, être disponibles, faire du sport, voir leurs proches ou avancer dans leurs tâches personnelles. Dans ce contexte, ne rien faire peut sembler presque transgressif.
Des bénéfices possibles quand la pause reste limitée
Pour Courtney DeAngelis, interrogée par le média américain Health et citée par LINDA, cette forme de repos peut apaiser le corps. Elle peut aussi aider à réduire le stress et la fatigue, surtout chez les personnes qui travaillent de longues journées dans un emploi physiquement ou mentalement exigeant.
Cette parenthèse peut offrir un espace de récupération après une période intense. Elle donne la possibilité de ralentir, de couper avec les sollicitations extérieures et de reprendre son souffle. Une journée très calme ne traduit donc pas forcément un problème.
La psychologue Nicole Hollingshead souligne aussi l’effet de déculpabilisation que peut procurer ce temps libre. Elle estime que la société valorise excessivement le fait d’être occupé et productif en permanence. Selon elle, cette pression peut favoriser l’épuisement et laisser peu de place au repos, par peur d’être considéré comme paresseux.
- Une pause courte peut aider à récupérer après une période chargée.
- Réduire les obligations pendant quelques heures peut faire retomber la tension.
- Le repos peut être utile lorsqu’il ne remplace pas durablement les activités quotidiennes.
- Le sentiment de ne rien devoir accomplir peut alléger une forte charge mentale.
Quand rester au lit commence à poser problème
Les spécialistes cités par LINDA mettent une limite claire : cette habitude peut devenir préoccupante lorsqu’elle se prolonge. Passer plus d’un ou deux jours au lit sans véritable raison pratique pourrait signaler une dépression ou d’autres difficultés de santé mentale.
Le risque ne vient pas uniquement de l’inactivité. Le téléphone et les réseaux sociaux occupent souvent une place centrale dans ces longues périodes au lit. Or, l’usage excessif de ces outils est associé, dans de nombreux travaux, à des effets négatifs sur la santé mentale, en particulier chez les jeunes.
Une pause réparatrice doit rester une pause. Lorsqu’elle se transforme en retrait régulier, elle peut entretenir la fatigue, l’isolement et la perte d’élan.
Nicole Hollingshead avertit que cette pratique peut commencer comme une manière de se reposer, puis évoluer vers moins d’activités agréables, davantage de temps sur les réseaux sociaux, des troubles du sommeil, plus d’isolement et une aggravation de la dépression.
La nuance compte. S’accorder un dimanche sans rendez-vous n’a pas la même signification que renoncer fréquemment à sortir de son lit, à se laver, à travailler, à voir ses proches ou à effectuer les gestes ordinaires de la journée.
Le lit peut brouiller les repères du sommeil
LINDA rappelle que le lit n’est pas un lieu neutre pour l’organisme. Lorsque l’on y regarde des programmes, que l’on mange ou que l’on utilise longtemps son téléphone avant de dormir, le corps peut avoir plus de mal à comprendre qu’il est temps de s’endormir.
La psychologue évoquée dans l’article conseille de se détendre hors de la chambre avant l’heure du coucher, puis de rejoindre son lit lorsque la fatigue se fait sentir. Cette séparation entre moments d’éveil et sommeil peut aider à conserver des repères plus nets.
Le contenu consulté joue aussi un rôle. Une émission regardée sans attention n’a pas le même effet qu’un défilement continu de vidéos, de messages ou de contenus anxiogènes. L’exposition aux écrans peut maintenir l’attention en éveil alors que la personne cherche précisément à se reposer.
Ce que cela signifie en France
En France, le « bed rotting » n’est ni un diagnostic médical ni une pratique encadrée. Le terme renvoie avant tout à un comportement popularisé sur les réseaux sociaux. La question centrale reste celle de la durée, des conséquences sur le quotidien et de l’état émotionnel de la personne concernée.
Une fatigue persistante, une perte d’intérêt pour les activités habituelles, un isolement croissant ou des difficultés répétées à se lever méritent d’être prises au sérieux. Le médecin traitant peut constituer un premier interlocuteur pour évaluer une fatigue durable, des troubles du sommeil, une anxiété ou une souffrance psychique. Un psychologue ou un psychiatre peut aussi accompagner les personnes qui se sentent bloquées dans ce fonctionnement.
Il ne faut pas assimiler automatiquement le besoin de repos à une dépression. Après une semaine difficile, le corps et l’esprit peuvent réclamer une baisse de rythme. Le signal devient plus préoccupant lorsque le repos ne procure plus de soulagement, que l’envie de faire quoi que ce soit disparaît ou que les journées au lit se répètent.
Transformer le repos en moment réellement réparateur
Le repos n’oblige pas à rester immobile toute une journée. Une pause peut conserver son effet apaisant tout en évitant de désorganiser le sommeil ou d’accentuer l’isolement. L’idée consiste à choisir un cadre et une durée, plutôt que de laisser les heures défiler sans repère.
Une activité associée peut être très simple : prendre une douche, écouter de la musique, lire quelques pages, s’asseoir près d’une fenêtre ou marcher quelques minutes. Le but n’est pas de redevenir productif à tout prix. Il s’agit plutôt de laisser au repos une place qui ne grignote pas l’ensemble de la journée.
Si l’envie de rester au lit revient fréquemment avec une tristesse marquée, des angoisses ou une incapacité à reprendre les activités habituelles, demander de l’aide ne signifie pas avoir échoué à se reposer. C’est une façon de ne pas laisser une fatigue passagère devenir un enfermement durable.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article « Bed rotting » : rester au lit toute la journée a de vrais avantages, mais aussi de sérieux inconvénients est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.