
Aux Pays-Bas, une psychologue détaille comment les affirmations positives peuvent soutenir la confiance, à condition de rester réalistes.
Dans un entretien publié le 15 mai 2021 par LINDA., un média néerlandais, la psychologue et thérapeute cognitivo-comportementale Carin Prins explique pourquoi certaines phrases répétées à soi-même peuvent apaiser, tandis que d’autres risquent de sonner faux ou d’aggraver le découragement.
Des phrases banales qui influencent le discours intérieur
« Je suis heureux. Je suis aimé. Je suis en bonne santé. » Ces formules font partie des exemples les plus connus d’affirmations positives. Il s’agit de pensées ou de phrases destinées à renforcer une perception plus favorable de soi-même et de ses capacités.
Carin Prins rappelle que ce mécanisme existe souvent dans le langage quotidien, parfois sans que l’on y prête attention. Dire « ça va aller » peut devenir un réflexe lorsqu’un proche traverse une difficulté ou lorsqu’on cherche à calmer une inquiétude.
Une affirmation positive n’agit pas comme une formule magique : son effet dépend de la manière dont elle est formulée et de la situation de la personne qui la répète.
Selon la psychologue néerlandaise, cette phrase reste plus énergique qu’une pensée négative telle que « rien ne va aller ». Pourtant, elle peut aussi manquer de précision. Une formule trop générale ne répond pas toujours à ce qui inquiète réellement la personne.
Carin Prins affirme que les affirmations peuvent fonctionner dans les deux sens. Une personne qui se répète fréquemment qu’elle est incapable, qu’elle n’y arrivera jamais ou qu’elle ne vaut rien nourrit un discours intérieur dévalorisant. À ses yeux, cette habitude peut renforcer l’insécurité et l’anxiété.
La règle centrale : rester crédible à ses propres yeux
Le point clé, selon Carin Prins, consiste à choisir une phrase réaliste. Il ne s’agit pas de prétendre que tout est facile ni de nier ses difficultés. La thérapeute propose une approche plus nuancée : reconnaître qu’une compétence peut manquer, sans transformer cette limite en jugement global sur sa valeur personnelle.
Elle donne comme exemple : « Je vais bien. Je ne suis peut-être pas bon dans ce domaine, mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas assez bien. » Cette formulation ne gomme pas l’échec, le doute ou l’imperfection. Elle évite surtout de confondre un problème précis avec une incapacité totale.
- Nommer une difficulté sans se rabaisser.
- Employer une phrase qui paraît plausible.
- Éviter les promesses irréalistes.
- Répéter un message qui encourage l’action plutôt que l’illusion.
- Faire la différence entre une situation difficile et son identité entière.
Cette distinction peut changer la façon d’aborder un entretien, une prise de parole, un examen ou une discussion tendue. Se dire « je peux préparer ce rendez-vous » ne produit pas le même effet que « je serai parfait ». La première phrase porte sur une action concrète. La seconde place la barre à un niveau impossible à garantir.
Se rassurer sans se raconter d’histoire
Pour Carin Prins, se parler avec davantage de respect peut aider à se sentir plus calme, à gagner en assurance et à ressentir moins de peur. Elle estime que l’entourage peut aussi remarquer une évolution du comportement : une personne plus confiante osera plus facilement tenter quelque chose, exprimer une idée ou sortir de ses habitudes.
La psychologue ne conseille pas de répéter chaque jour que l’on est millionnaire. Elle ne recommande pas non plus de se dire que tout ira bien face à une maladie grave. Dans ces cas, l’écart entre la phrase et la réalité peut être trop grand. Elle invite plutôt à exprimer sa confiance, à cultiver l’attention au présent et à donner davantage de place aux éléments positifs, comme un ciel bleu ou le soleil.
Une affirmation utile ne nie pas ce qui fait mal. Elle permet de ne pas laisser cette difficulté occuper toute la place.
Une pratique ancienne remise au goût du jour
Les affirmations positives ne sont pas nouvelles. Carin Prins rappelle qu’elles étaient déjà populaires dans les années 1980, notamment à travers des ouvrages de développement personnel comme Vous pouvez guérir votre vie de Louise Hay.
La psychologue observe un regain d’intérêt, qu’elle relie notamment à la place prise par certaines inspirations issues de philosophies orientales. Le principe, selon elle, n’a pas fondamentalement changé. La présentation, les supports et les habitudes de consommation ont évolué.
Les phrases affichées sur un miroir, notées dans un carnet ou répétées avant une situation stressante peuvent avoir un rôle de rappel. Elles ne remplacent ni une préparation concrète ni une prise en charge adaptée lorsque la souffrance devient envahissante. Elles peuvent, en revanche, aider certaines personnes à identifier la manière souvent dure dont elles se parlent.
En France, quelle place pour cette approche ?
En France, les affirmations positives ne constituent pas un traitement médical ou psychothérapeutique en elles-mêmes. Elles peuvent s’inscrire dans une démarche de mieux-être, à condition de ne pas les présenter comme une réponse unique à l’anxiété, à la dépression ou à une maladie.
La thérapie cognitivo-comportementale, domaine dans lequel exerce Carin Prins, repose notamment sur l’identification des pensées automatiques et sur leur remise en question. L’objectif n’est pas de remplacer systématiquement une pensée pénible par une formule enthousiaste. Il s’agit plutôt d’examiner si cette pensée est exacte, utile et proportionnée à la situation.
Une personne qui pense « je rate tout » peut ainsi chercher des faits précis : a-t-elle réellement échoué dans tous les domaines ? Existe-t-il des situations où elle a progressé, appris ou demandé de l’aide ? Une phrase plus équilibrée pourrait être : « Cette situation est difficile, mais je peux avancer étape par étape. »
L’affirmation de soi, une autre forme d’encouragement
Carin Prins rapproche aussi les affirmations du travail sur l’affirmation de soi. Lorsqu’une personne apprend à défendre ses limites et ose le dire à voix haute, elle envoie aussi un message à elle-même : elle a le droit d’exister, d’être entendue et de se protéger.
Dans une conversation professionnelle ou familiale, cela peut prendre une forme très simple : « Je ne suis pas disponible ce jour-là », « J’ai besoin de temps pour réfléchir » ou « Je ne suis pas d’accord avec cette décision ». Ces phrases ne garantissent pas que l’autre les acceptera. Elles permettent de formuler clairement un besoin sans agressivité ni effacement.
Pour une personne confrontée à une anxiété persistante, à des idées très dévalorisantes ou à une souffrance psychique, échanger avec un professionnel de santé peut offrir un cadre plus adapté. Les affirmations peuvent alors devenir un petit outil parmi d’autres : utile lorsqu’il reste fidèle à la réalité vécue, et plus solide lorsqu’il s’accompagne d’actions concrètes.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
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