Des taches roses visibles depuis l’espace en Antarctique : voici ce que les scientifiques ont découvert dans les excréments des manchots

En Antarctique, les colonies de manchots d’Adélie laissent des traces surprenantes, perceptibles bien au-delà de leur environnement glacé.

Dans les régions côtières de l’Antarctique et sur les îles voisines, l’alimentation des manchots d’Adélie produit un phénomène singulier. Le média brésilien en ligne Super rapporte que leur guano prend une teinte rose à rougeâtre si vive et si abondante qu’elle peut être repérée depuis l’espace.

Une couleur liée au menu des manchots

Les manchots d’Adélie se nourrissent largement de krill, de petits crustacés présents dans les eaux froides de l’océan Austral. Or, ces animaux possèdent eux-mêmes une coloration rosée. Lorsqu’ils sont consommés en grande quantité, ils influencent directement la couleur des déjections des oiseaux.

Cette chaîne alimentaire commence avec le phytoplancton, un ensemble de microalgues vivant dans l’eau. Le krill les consomme, puis les manchots mangent le krill. À chaque étape, certains pigments restent présents.

La couleur rose des fientes de manchots d’Adélie vient des pigments absorbés par le krill dans son alimentation, puis transmis aux oiseaux.

Ces pigments portent le nom de caroténoïdes. Ils se situent généralement entre le jaune, l’orange et le rouge. Ils donnent notamment leur couleur aux carottes, aux tomates, aux courges, aux pamplemousses, aux papayes et à certaines fleurs. On les retrouve aussi chez les flamants roses et les saumons.

Les animaux savent utiliser et transformer une partie des caroténoïdes qu’ils ingèrent. Ils ne les fabriquent pas eux-mêmes. Leur couleur, ou celle de certains de leurs rejets, renseigne donc parfois sur leur régime alimentaire.

Des taches assez vastes pour être visibles depuis l’espace

Le caractère spectaculaire du phénomène ne tient pas seulement à la teinte du guano. Les colonies de manchots peuvent regrouper de nombreux individus au même endroit. Les déjections s’accumulent alors sur les zones rocheuses et sur la neige proche des lieux de nidification.

Dans ces conditions, la couleur tranche fortement avec le blanc de la glace, de la neige et les tons sombres du sol antarctique. Cette signature visuelle peut apparaître sur des images prises à distance.

Le guano ne constitue pas qu’une curiosité. Il peut aider à localiser des colonies d’oiseaux marins dans des endroits difficiles d’accès. En Antarctique, les vastes distances, le froid et les conditions météorologiques compliquent les observations directes sur le terrain.

Ce que la nuance de rose peut indiquer

Selon Super, l’intensité de la coloration peut aussi donner des indices sur la phase du cycle reproductif des manchots. Durant les périodes où les besoins énergétiques augmentent, leur comportement de chasse évolue, notamment lorsqu’ils doivent nourrir leurs petits.

  • Une alimentation riche en krill favorise une coloration rosée plus marquée.
  • La période d’élevage des poussins modifie les besoins alimentaires de la colonie.
  • La proximité de la glace de mer influence l’accès aux différentes proies.
  • Le suivi de ces traces peut compléter l’étude des cycles de reproduction.

La couleur observée doit malgré tout être interprétée avec prudence. Elle dépend de l’alimentation, mais aussi de l’état des dépôts, de leur étendue et des conditions locales. Une tache rose ne fournit donc pas, à elle seule, un portrait complet d’une colonie.

La glace de mer, un facteur déterminant

Le média brésilien souligne le lien entre la glace de mer et le régime des manchots d’Adélie. Lorsque cette glace est abondante près des colonies, ces oiseaux tendent à consommer davantage de poissons. Quand leurs conditions d’alimentation changent, la part du krill peut prendre une place différente.

Cette évolution compte pour les poussins. D’après les éléments relayés par Super, ceux nourris avec des poissons sont souvent plus lourds que ceux recevant surtout du krill. Un poids plus élevé est associé à de meilleures chances d’atteindre l’âge adulte.

Le guano rose attire l’œil, mais il renvoie surtout à une question cruciale : la disponibilité des proies pour les manchots et leurs petits.

La source indique que, dans les zones où les manchots ont consommé moins de poissons, les effectifs ont diminué au fil des dernières décennies. Elle précise également que ce phénomène est observé chez les manchots d’Adélie depuis 2010, dans un contexte de recul marqué de la glace de mer autour de l’Antarctique.

Ce que cela signifie pour la recherche française

Les manchots d’Adélie ne vivent pas en France métropolitaine. L’Antarctique occupe pourtant une place particulière dans la recherche française, notamment à travers les programmes polaires menés avec l’appui de l’Institut polaire français Paul-Émile-Victor. La Terre Adélie fait partie des territoires australs et antarctiques français, même si le continent antarctique est régi par un cadre international spécifique.

Pour les équipes qui étudient les écosystèmes polaires, suivre les oiseaux marins permet de mieux comprendre l’état de la chaîne alimentaire. Les manchots dépendent d’espèces situées à des niveaux différents : le phytoplancton nourrit le krill, tandis que le krill et les poissons nourrissent les manchots.

Le phytoplancton, à la base de la chaîne

Le phytoplancton désigne des organismes microscopiques capables, pour beaucoup d’entre eux, d’utiliser la lumière pour produire leur matière organique. Dans les mers antarctiques, il représente une ressource de départ pour de nombreux animaux, dont le krill.

Une modification de la glace de mer peut influer sur cet ensemble complexe : elle touche les habitats, l’accès aux zones de nourrissage et la répartition des proies. Les traces roses laissées autour des colonies ne racontent donc pas seulement l’histoire d’un repas. Elles constituent aussi un signal visible d’un écosystème dépendant d’équilibres fragiles.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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