Des dauphins de rivière en Bolivie surpris avec un anaconda dans la gueule : les scientifiques n’ont toujours pas d’explication

Dans les eaux troubles de l’Amazonie bolivienne, une scène rarissime observée en 2021 intrigue encore les spécialistes des dauphins de rivière.

Deux dauphins de rivière de Bolivie ont été photographiés en train de manipuler un anaconda, sans que les chercheurs puissent établir avec certitude ce qui motivait leur comportement. Le site d’information scientifique IFLScience rapporte que cette observation, documentée dans une étude publiée par la revue Ecology, reste sans équivalent connu.

Une rencontre jamais documentée auparavant

La scène remonte à août 2021. Des biologistes du musée d’histoire naturelle Noel Kempff Mercado observaient la faune dans un cours d’eau bolivien lorsqu’ils ont aperçu deux dauphins de rivière, la tête hors de l’eau. Une vision déjà peu fréquente pour cette espèce discrète.

En sortant leurs appareils photo, les scientifiques ont constaté un détail bien plus surprenant : les deux animaux tenaient un anaconda dans leur gueule. Les clichés montrent les dauphins manipulant le serpent dans l’eau, comme s’ils jouaient avec lui.

Cette interaction constitue le premier cas documenté entre des dauphins de rivière boliviens et un anaconda de Beni.

Les dauphins concernés appartiennent à l’espèce Inia boliviensis, appelée dauphin de rivière bolivien. Elle vit dans les bassins fluviaux du pays, loin des océans. Les chercheurs parviennent souvent seulement à apercevoir une nageoire ou une queue à la surface, tant les eaux sont opaques et les animaux difficiles à approcher.

Or, l’anaconda de Beni n’est pas une proie banale. Ce grand serpent figure parmi les prédateurs dominants de son écosystème. Avant cette observation, aucun cas n’avait montré un animal sauvage tuant ou mangeant un anaconda bolivien, à l’exception d’un épisode de cannibalisme signalé chez ces reptiles.

Le jeu, piste privilégiée par les chercheurs

Dans leur article scientifique, Omar Entiauspe-Neto et ses collègues privilégient une explication : le jeu. Chez les dauphins, qu’ils vivent en mer ou en rivière, les interactions ludiques participent à l’apprentissage.

Les jeunes peuvent y exercer leurs mouvements, leur coordination, leur capacité à manipuler des objets ou encore des gestes utiles lors de la recherche de nourriture et des interactions sociales. Cette scène pouvait aussi attirer l’attention de jeunes dauphins présents à proximité.

  • Les deux dauphins ont manipulé le serpent pendant au moins sept minutes.
  • L’anaconda est resté immobile durant l’observation.
  • Les animaux l’ont maintenu sous l’eau sur de longues périodes.
  • Les chercheurs estiment qu’il a pu mourir pendant l’interaction, sans pouvoir le confirmer.

La présence de jeunes individus ouvre une autre hypothèse : les adultes auraient pu leur montrer comment manipuler une proie potentielle ou un animal inhabituel. Les auteurs soulignent toutefois que ces jeunes dauphins pouvaient tout simplement observer la scène par curiosité.

Pas de preuve que l’anaconda fasse partie de leur régime

Une étude publiée en novembre 2025 a analysé des isotopes stables prélevés chez cinq dauphins de rivière boliviens du bassin du Mamoré. Cette méthode permet d’obtenir des indices sur l’alimentation des animaux à partir de leur composition chimique.

Les résultats n’ont pas mis en évidence de consommation d’anacondas. Les chercheurs n’avaient toutefois étudié qu’un très petit nombre de dauphins et comparaient surtout différents groupes de poissons. Cette analyse ne permet donc pas d’écarter totalement la consommation très occasionnelle de serpents ou d’autres proies atypiques.

Les images montrent aussi des signes d’excitation sexuelle chez les dauphins observés. Les spécialistes évoquent cette possibilité avec prudence : la manipulation du serpent a pu provoquer une stimulation chez les mâles, sans qu’il soit possible de déterminer précisément le rôle de ce phénomène dans leur comportement.

Des dauphins de rivière confrontés à un habitat fragilisé

Cette anecdote étonnante ne doit pas faire oublier la vulnérabilité de ces cétacés. Les populations de dauphins de rivière servent d’indicateurs de l’état sanitaire général des bassins versants où elles vivent. Quand leur habitat se dégrade, toute la chaîne écologique peut être touchée.

Dans l’Amazonie péruvienne, une étude publiée en 2023 a suivi plusieurs dauphins grâce à des balises satellitaires. Leurs déplacements recoupaient des secteurs marqués par une forte activité de pêche, des travaux de dragage et des projets de barrages. Les engins de pêche, les aménagements fluviaux et les infrastructures représentent des menaces directes.

Les épisodes de chaleur extrême aggravent encore la situation. Lors de la sécheresse de 2023, plus de 200 dauphins de rivière sont morts dans le lac Tefé, au Brésil, dans un contexte de températures d’eau très élevées et de baisse du niveau des eaux.

La survie des dauphins de rivière dépend autant de leur protection directe que de la préservation des fleuves, des lacs et des forêts qui les alimentent.

Une publication scientifique parue en novembre 2025 a relevé que cinq des dix lacs amazoniens suivis avaient dépassé 37 °C durant la vague de chaleur de 2023. L’un d’eux a atteint 41 °C dans une colonne d’eau d’environ deux mètres de profondeur.

En Bolivie, des dizaines de dauphins ont aussi dû être secourus et déplacés après s’être retrouvés piégés dans des canaux et des affluents isolés de l’est du pays au cours des quinze dernières années, selon des spécialistes cités en mai 2026. Ces opérations peuvent sauver des animaux à court terme, mais elles ne remplacent pas la protection durable des milieux aquatiques.

Quelle situation en France ?

La France ne compte pas de dauphins de rivière vivant naturellement dans ses fleuves. Les dauphins observés dans les eaux françaises sont des cétacés marins, présents notamment en Manche, dans l’Atlantique et en Méditerranée.

Les cétacés bénéficient d’une protection dans les eaux françaises. L’Office français de la biodiversité participe notamment aux actions de connaissance et de protection de la faune sauvage. Les échouages, blessures et observations inhabituelles de mammifères marins peuvent aussi alimenter le travail des réseaux scientifiques spécialisés.

Les dauphins de rivière vivent dans des environnements très différents. Ils évoluent dans des eaux souvent chargées de sédiments, avec une visibilité réduite, des chenaux changeants et des zones saisonnièrement inondées. Leur écholocalisation, c’est-à-dire l’émission de sons dont ils analysent l’écho, joue un rôle majeur pour se repérer et localiser des proies.

Une observation qui rappelle l’étendue des inconnues

Les scientifiques connaissent mieux les dauphins marins que leurs cousins des fleuves. Les observations sont plus rares en Amazonie, où la turbidité de l’eau limite les suivis visuels et où les habitats sont vastes, difficiles d’accès et mouvants selon les saisons.

La scène des deux dauphins et de l’anaconda rappelle que des comportements complexes peuvent encore échapper aux chercheurs. Jeu, apprentissage, curiosité, interaction sexuelle ou tentative de prédation : aucune explication ne peut, à ce stade, être retenue avec certitude.

Ce mystère souligne aussi la nécessité de poursuivre les suivis de terrain. Chaque photographie, chaque prélèvement et chaque observation peut aider à mieux comprendre ces animaux rares, tout en mesurant les pressions qui pèsent sur leurs rivières.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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