
Au large du Japon, une mission scientifique a filmé la vie animale dans trois fosses océaniques, jusqu’à 9 775 mètres sous la surface.
Publié le 10 octobre 2025 par un média en ligne dont le nom n’apparaît pas dans l’extrait fourni, le récit rapporte les observations réalisées par un submersible habité dans les fosses du Japon, des Ryukyu et d’Izu-Ogasawara. Les images ont permis de comptabiliser 29 556 organismes individuels dans une zone soumise à une pression extrême et privée de lumière solaire.
Trois fosses japonaises observées à très grande profondeur
Les scientifiques ont visité trois secteurs situés entre 6 939 et 9 775 mètres de profondeur. Ces fosses sous-marines se trouvent dans le Pacifique, au large de l’archipel japonais, dans une région marquée par une forte activité tectonique.
La fosse du Japon est notamment liée à la rencontre de plaques tectoniques. Les séismes et les mouvements du fond marin peuvent modifier les sédiments, déplacer des matériaux et bouleverser durablement les habitats. À ces profondeurs, les changements sont difficiles à mesurer sans missions spécialisées.
Les séquences filmées ont permis de documenter 29 556 organismes et d’obtenir une vision détaillée de la biodiversité présente sur les fonds marins les plus profonds.
Les chercheurs ne se sont pas contentés de relever la présence d’animaux. Ils ont comparé leur répartition d’une fosse à l’autre. Le résultat montre que des lieux proches à l’échelle de l’océan peuvent abriter des communautés très différentes.
Des animaux adaptés à des conditions extrêmes
À près de dix kilomètres sous la surface, l’environnement impose des contraintes considérables. L’eau reste froide, l’obscurité est permanente et la pression atteint des niveaux incompatibles avec la survie humaine sans appareil spécialisé.
Les organismes filmés vivent grâce aux ressources qui arrivent depuis les couches supérieures de l’océan. Il peut s’agir de particules organiques, de débris végétaux ou animaux, ou encore de matière issue de la chaîne alimentaire marine. Cette matière descend lentement vers le fond, où elle nourrit des espèces adaptées à la rareté.
Les scientifiques ont relevé plusieurs différences marquantes :
- dans la fosse du Japon, les concombres de mer étaient nombreux ;
- dans la fosse des Ryukyu, les concombres de mer étaient presque absents ;
- les ophiures, des animaux proches des étoiles de mer, étaient particulièrement présentes dans la fosse des Ryukyu ;
- la fosse d’Izu-Ogasawara abritait des étendues importantes de crinoïdes, aussi appelés lys de mer.
Les concombres de mer jouent un rôle utile sur les fonds marins. Ils consomment une partie de la matière déposée dans les sédiments et participent ainsi au recyclage des nutriments. Les ophiures, reconnaissables à leurs bras fins et mobiles, peuvent se nourrir de particules présentes dans l’eau ou sur le fond.
La nourriture venue de la surface fait la différence
Denise Swanborn, de l’École des sciences biologiques et du centre de recherche sur les grandes profondeurs de l’Université d’Australie-Occidentale, souligne le rôle de l’alimentation disponible.
« Cela a fourni l’une des observations les plus détaillées de la biodiversité et des habitats des fonds marins à ces profondeurs », indique Denise Swanborn.
La chercheuse précise que la composition et la diversité des communautés variaient entre les fosses. Selon elle, ces écarts sont liés à la profondeur et aux apports de nutriments issus des eaux de surface.
La fosse du Japon semble ainsi offrir davantage de ressources alimentaires aux concombres de mer. La fosse des Ryukyu, où la nourriture disponible est plus limitée, présente une configuration différente, avec une forte présence d’ophiures. Dans la fosse d’Izu-Ogasawara, les crinoïdes forment de véritables prairies sous-marines.
Les séismes peuvent aussi façonner les communautés animales
La quantité de nourriture n’explique pas tout. L’histoire géologique de chaque zone compte également. Les fonds océaniques peuvent être remodelés par des séismes, des glissements de terrain ou des déplacements de sédiments.
« À l’intérieur des fosses, dans une même tranche de profondeur, les différences liées aux perturbations sismiques passées et à la stabilité du fond marin ont créé des communautés différentes », explique Denise Swanborn.
Un sol marin stable favorise l’installation durable de certaines espèces. À l’inverse, une perturbation peut recouvrir des animaux, modifier la nature des sédiments ou réduire les ressources accessibles. Ces mécanismes sont particulièrement difficiles à suivre dans les fosses, car les missions y sont rares, complexes et coûteuses.
Les résultats ont été publiés dans une revue scientifique consacrée à la biogéographie, discipline qui étudie la répartition des êtres vivants selon les lieux et les milieux.
Ce que ces observations apportent à la recherche française
La France possède de vastes espaces maritimes grâce à ses territoires ultramarins et mène des recherches sur les profondeurs océaniques, notamment par l’intermédiaire de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, l’Ifremer. Les travaux menés au large du Japon ne s’appliquent pas directement aux eaux françaises, mais ils apportent des éléments utiles pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes profonds.
Les grands fonds restent peu documentés, alors qu’ils abritent une biodiversité spécifique et sensible aux perturbations. Les images issues de submersibles habités ou de robots sous-marins permettent d’identifier les espèces visibles, d’observer leur comportement et de comparer les habitats sans prélever systématiquement les animaux.
Pourquoi filmer les fonds marins compte autant
Les vidéos ne remplacent pas les analyses d’échantillons, mais elles offrent une vision directe de l’organisation des communautés animales. Elles permettent aussi de repérer des zones riches en organismes, des traces de perturbation sur le sol marin ou des espèces difficiles à capturer.
Dans les fosses japonaises, la comparaison entre concombres de mer, ophiures et crinoïdes rappelle une réalité souvent méconnue : même dans l’obscurité permanente, la vie ne se répartit pas au hasard. La nourriture disponible, la profondeur, la stabilité du sol et l’activité sismique dessinent des habitats distincts à quelques milliers de mètres sous la surface.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Des explorateurs descendent à six miles dans l’abîme le plus profond du Japon, puis 29 556 organismes étranges surgissent de l’obscurité est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.