Ce que signifie le fait qu’une personne se fasse toujours passer pour une victime, selon la psychologie

Au Brésil, une psychologue détaille les mécanismes qui peuvent pousser certaines personnes à se percevoir constamment comme lésées.

L’extrait fourni provient d’une publication brésilienne consacrée au bien-être, dont le nom n’apparaît pas. Publié le 26 mai 2026, il s’appuie sur l’analyse de la psychologue Kênia Ramos de Souza, membre du groupe Mantevida, au sujet d’une attitude qui peut peser sur les relations familiales, amicales ou professionnelles.

Quand le sentiment d’être lésé prend toute la place

Il arrive qu’une personne interprète presque chaque désaccord comme une injustice dirigée contre elle. Une remarque devient une attaque, une erreur est attribuée à un tiers, un échange ordinaire se transforme en récit de souffrance personnelle. Cette posture est souvent désignée comme un comportement victimiste.

Selon Kênia Ramos de Souza, ce fonctionnement consiste à se voir durablement comme la personne qui subit, qui est désavantagée ou contre laquelle les événements se liguent. La personne concernée peut alors déplacer la responsabilité de ses difficultés vers son entourage, son travail, sa famille ou les circonstances.

Le comportement victimiste ne se limite pas à exprimer une souffrance réelle : il peut installer la conviction que l’on n’a aucune prise sur ce qui arrive.

La psychologue explique que cette posture peut nourrir « des sentiments d’impuissance, d’apitoiement sur soi et de stagnation ». Elle peut aussi s’accompagner de plaintes répétées et d’une difficulté à reconnaître sa part dans un conflit ou une décision.

Dans ce contexte, l’entourage est parfois sollicité pour confirmer le récit présenté. La personne peut rechercher des alliés, non pour trouver une solution, mais pour obtenir une validation de sa position. Cela ne signifie pas que sa souffrance est imaginaire. Une émotion douloureuse peut être authentique, tout en s’inscrivant dans un mode relationnel qui entretient le sentiment d’impuissance.

Une stratégie parfois inconsciente

La psychologue souligne que cette attitude n’est pas forcément calculée. Le fait de se présenter comme victime peut, dans certains cas, devenir une manière inconsciente d’obtenir de l’attention, de l’affection, du réconfort, de la reconnaissance ou une forme de protection.

Ce mécanisme peut s’installer progressivement. Quand une personne a appris, au fil de son histoire, qu’elle est davantage entendue lorsqu’elle souffre que lorsqu’elle exprime un besoin clairement, elle peut avoir du mal à adopter une communication plus directe.

Des fragilités qui peuvent jouer un rôle

Kênia Ramos de Souza cite plusieurs facteurs émotionnels ou cliniques susceptibles d’être associés à cette posture. Ils ne suffisent pas à poser un diagnostic et ne concernent pas toutes les personnes qui se plaignent souvent.

  • Un épisode dépressif ;
  • Un trouble de la personnalité borderline ;
  • Des difficultés émotionnelles non résolues ;
  • Une enfance vécue dans un cadre familial instable ;
  • Des relations familiales dysfonctionnelles ;
  • Des traumatismes qui n’ont pas été élaborés ;
  • Des expériences de rejet ou d’abandon ;
  • Une faible estime de soi.

Une personne peut aussi avoir connu des violences, une mise à l’écart ou de réelles injustices. Il serait donc risqué de qualifier trop vite quelqu’un de « victimiste ». Le mot ne doit jamais servir à balayer une parole de souffrance ni à nier la responsabilité d’un auteur de violence.

Pourquoi cette attitude fragilise les relations

À court terme, les plaintes peuvent provoquer un mouvement de soutien. Les proches rassurent, conseillent ou prennent le relais. À la longue, ils peuvent se sentir épuisés, coupables ou impuissants. Ils ont parfois l’impression que chaque tentative d’aide est rejetée, ou que la même situation se répète sans évolution.

Pour la personne concernée, le coût peut aussi être élevé. Se penser constamment sans pouvoir d’action réduit la capacité à demander ce dont on a besoin, à fixer des limites ou à réparer une erreur. Le conflit reste alors bloqué autour de la question : « Qui souffre le plus ? » plutôt que de porter sur les faits et les solutions possibles.

Reconnaître sa part de responsabilité ne revient pas à nier les torts des autres. Cela peut permettre de retrouver une marge de manœuvre.

Comment réagir face à un proche qui se dit toujours victime

Face à cette situation, l’objectif n’est pas de gagner un débat. Une réponse trop brutale peut renforcer le sentiment d’être incompris. Il est souvent plus utile de reconnaître l’émotion exprimée, sans valider automatiquement toutes les interprétations.

  • Écouter le ressenti sans approuver des accusations non vérifiées ;
  • Revenir à des faits précis plutôt qu’à des jugements généraux ;
  • Demander ce que la personne souhaite concrètement ;
  • Éviter de prendre systématiquement les décisions à sa place ;
  • Poser des limites lorsque les échanges deviennent agressifs ou répétitifs.

Une phrase comme « Je comprends que cette situation t’ait blessé, qu’aimerais-tu faire maintenant ? » peut déplacer doucement la discussion. Elle accueille l’émotion, tout en invitant la personne à envisager une action.

Quelle prise en charge en France ?

En France, une souffrance psychique persistante, des conflits relationnels répétés ou un sentiment d’impuissance qui empêche de vivre normalement peuvent conduire à consulter un médecin, un psychologue ou un psychiatre. Le choix du professionnel dépend de la situation, des symptômes et des besoins de la personne.

La psychothérapie ne vise pas à culpabiliser quelqu’un qui se sent blessé. Elle peut aider à mieux identifier ses émotions, à repérer les scénarios qui se répètent et à développer des réponses plus adaptées. Lorsqu’il existe un danger, des violences ou une emprise, la priorité reste la mise en sécurité et l’accès à une aide adaptée.

Les approches citées par la psychologue

Kênia Ramos de Souza indique que plusieurs formes de thérapie peuvent aider à comprendre l’origine de ce comportement et à modifier certains automatismes. Elle précise que l’approche doit être choisie en tenant compte de chaque personne.

La thérapie cognitive et comportementale s’intéresse notamment aux pensées automatiques. Elle peut aider à repérer une interprétation systématiquement négative, puis à examiner d’autres lectures possibles d’une situation. L’enjeu n’est pas de nier le problème, mais de distinguer les faits, les émotions et les conclusions tirées trop vite.

La thérapie des schémas est évoquée lorsque des modes de fonctionnement anciens semblent très ancrés, notamment autour de l’abandon, de la dévalorisation ou de l’autopunition. L’approche systémique, elle, s’intéresse davantage aux interactions familiales et aux rôles qui peuvent se répéter dans un entourage.

Consulter peut aussi permettre de faire une différence utile entre une plainte ponctuelle, liée à une période difficile, et un schéma durable qui affecte les relations. Cette nuance évite de réduire une personne à une étiquette et ouvre la voie à un accompagnement plus juste.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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