À Chartres, des archéologues mettent au jour des sculptures romaines rares : ce que révèle le sanctuaire géant et son étonnant système d’eau

À Chartres, en France, les fouilles du sanctuaire de Saint-Martin-au-Val révèlent peu à peu l’ampleur d’un lieu religieux romain hors norme.

La campagne menée durant l’été 2026 apporte des éléments inédits sur l’architecture, les décors et la circulation de l’eau dans cet ensemble antique. La Ville de Chartres, collectivité à l’origine de ces informations avec le service Chartres Archéologie, souligne l’intérêt exceptionnel des sculptures retrouvées autour d’un vaste bassin monumental.

Un bassin bien plus élaboré que prévu

Les archéologues avaient d’abord identifié un bassin central de forme carrée, dont l’organisation paraissait relativement simple. La poursuite des recherches a changé cette lecture. La structure, profonde de plus de deux mètres, présente un aménagement beaucoup plus sophistiqué.

Ses parois sont revêtues de marbre blanc. Sur son côté est, les chercheurs ont mis au jour ce qui semble être une plateforme accessible par des marches. Une balustrade aurait séparé cet espace de l’eau. Un dispositif d’évacuation ou de trop-plein, relié à la plateforme par une canalisation, complète cet ensemble.

Le bassin n’était pas seulement un élément décoratif : sa conception traduit une véritable maîtrise de l’eau et de la mise en scène architecturale.

Ces indices laissent penser que le monument pouvait offrir un spectacle soigneusement organisé. L’eau, les marches, le marbre blanc et les sculptures formaient sans doute un décor visible par les visiteurs du sanctuaire. Les dernières phases de la campagne de 2026 doivent permettre de préciser le rôle de chaque partie de cet aménagement.

Une possible fonction rituelle

Une ouverture repérée sur le bord occidental du bassin semble avoir permis d’accéder directement à l’eau. Les archéologues envisagent que les fidèles puissent y effectuer des ablutions rituelles avant de poursuivre leur parcours dans le sanctuaire ou de rejoindre le bâtiment consacré à Apollon.

Les ablutions désignent des gestes de purification accomplis avec de l’eau dans un cadre religieux. Dans le monde romain, elles pouvaient marquer une préparation avant une cérémonie, une offrande ou l’accès à un espace sacré. À Saint-Martin-au-Val, cette hypothèse reste à confirmer par l’étude détaillée des vestiges et de leur organisation.

Des fragments sculptés rares à Chartres

La campagne a aussi livré de nombreux fragments de statues et de reliefs sculptés. Les objets proviennent de l’intérieur du bassin central, mais aussi de ses abords. Certaines scènes figurées pourraient représenter des épisodes mythologiques.

Les chercheurs estiment que ces éléments appartenaient peut-être à de grands groupes sculptés installés le long de la façade du bâtiment monumental qui dominait le bassin. Leur quantité attire l’attention, car les sculptures romaines conservées à Chartres restent peu nombreuses.

  • Des morceaux de statues ont été retrouvés dans et autour du bassin.
  • Des reliefs figurés semblent renvoyer à la mythologie.
  • Le décor pourrait avoir orné la façade tournée vers l’espace aquatique.
  • Ces vestiges complètent les connaissances sur l’apparence du sanctuaire.

La Ville de Chartres considère que ce décor sculpté enrichit fortement la connaissance du patrimoine antique local et régional. Ces fragments ne livrent pas encore une reconstitution complète du monument. Ils offrent en revanche de nouveaux repères pour comprendre son décor, sa fonction et la place des images dans la pratique religieuse.

Un sanctuaire monumental aux portes d’Autricum

Le site de Saint-Martin-au-Val se trouvait juste à l’extérieur d’Autricum, la ville romaine qui a précédé Chartres. Autricum constituait un centre majeur du peuple des Carnutes durant l’Antiquité.

Édifié entre la fin du Ier siècle et le début du IIe siècle après Jésus-Christ, le complexe religieux couvrait plus de dix hectares. Il se situait à moins d’un kilomètre au sud du centre administratif et politique de la cité romaine. Le temple monumental et ses cheminements occupaient presque huit hectares. Un portique longeait le côté est et intégrait plusieurs constructions.

Par sa superficie, le sanctuaire pouvait accueillir une foule importante lors des grands rassemblements civiques et religieux.

Au nord du site, sous le podium d’un édifice voué à Apollon, les équipes ont déjà dégagé une construction de 655 mètres carrés. Elle comprend des bassins et conserve des décors de marbre ainsi que des peintures murales. Son plan reste inhabituel dans le monde romain, même si les spécialistes le rapprochent de certains ensembles monumentaux conçus autour de fontaines.

Trois bassins pour organiser l’eau et les déplacements

Les recherches précédentes avaient déjà bouleversé l’interprétation de cette zone. En 2022, les archéologues cherchaient notamment à confirmer la présence d’un deuxième bassin. Ils en ont finalement identifié deux autres, séparés d’environ six mètres, créant une succession de trois installations hydrauliques.

Le bassin central, carré et profond, est bordé de marbre blanc. Plus au sud, un autre bassin en marbre blanc paraît avoir eu une vocation davantage cérémonielle. Un bassin ornemental, décoré d’un motif à quatre lobes, complète l’ensemble.

Cette disposition montre que l’eau tenait une place centrale dans l’architecture du sanctuaire. Elle pouvait guider les déplacements, valoriser les façades et contribuer aux usages religieux. Les archéologues cherchent aussi à savoir si un élément décoratif se dressait autrefois au centre du bassin principal.

Ce que ces recherches apportent en France

En France, l’archéologie préventive intervient avant certains travaux d’aménagement afin d’identifier et d’étudier les traces du passé susceptibles d’être détruites. Les recherches programmées, comme celles conduites à Saint-Martin-au-Val, répondent quant à elles à un projet scientifique centré sur un site précis et poursuivi sur plusieurs années.

Le sanctuaire chartrain illustre l’intérêt de fouilles menées dans la durée. Depuis plus de vingt ans, les investigations y ont révélé des vestiges particulièrement bien conservés. En 2016, les équipes avaient notamment retrouvé des éléments d’un plafond suspendu en bois, un type de structure très fragile et rarement préservé pendant près de deux millénaires.

La municipalité qualifie aujourd’hui Saint-Martin-au-Val de « laboratoire à ciel ouvert » pour la recherche archéologique. Le programme bénéficie du soutien de l’État français. En septembre 2026, les visiteurs ont pu suivre la présentation des travaux, notamment à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.

Des vestiges fragiles à étudier avant toute interprétation

Les sculptures retrouvées ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer la forme exacte des statues ni l’identité de toutes les figures représentées. Les archéologues doivent comparer les fragments, examiner leur matériau, leur style, leurs cassures et leur position dans le sol. Ce travail peut aussi aider à déterminer à quel moment les éléments ont été déposés dans le bassin.

L’étude du réseau d’eau suit la même méthode. Une canalisation, un trop-plein ou une ouverture d’accès ne renseignent pas seulement sur la technique romaine : ils peuvent éclairer les parcours des visiteurs, les usages rituels et les transformations successives du bâtiment. À Chartres, la fouille de la paroi orientale doit encore préciser les différentes phases de construction puis de démolition du monument.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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