
Aux États-Unis, une kinésithérapeute spécialisée alerte sur des gestes quotidiens qui peuvent révéler un périnée trop tendu ou affaibli.
Dans un entretien accordé à Life Kit, le rendez-vous consacré au quotidien de la radio publique américaine NPR, Sara Reardon explique pourquoi le périnée mérite une attention particulière à chaque âge. Cette kinésithérapeute américaine, qui travaille dans ce domaine depuis près de vingt ans, rappelle que douleurs, fuites ou constipation ne doivent pas être banalisées.
Un ensemble de muscles souvent méconnu
Le périnée forme une sorte de hamac musculaire au bas du bassin. Selon Sara Reardon, il soutient notamment la vessie, l’intestin et les organes reproducteurs. Il travaille aussi avec les muscles abdominaux pour participer au maintien de la colonne vertébrale.
Malgré cette fonction centrale, beaucoup de personnes ignorent jusqu’à l’existence de ces muscles. Cette méconnaissance complique l’identification d’un problème et retarde parfois la recherche de soins adaptés.
« Beaucoup d’entre nous ne savent pas que ces muscles existent », souligne Sara Reardon.
La professionnelle cite plusieurs manifestations possibles d’un trouble du plancher pelvien : douleurs lors des rapports sexuels, pertes urinaires, constipation ou orgasmes moins intenses. D’après les données qu’elle évoque, une femme sur trois connaîtra un trouble du périnée au cours de sa vie. Les jeunes femmes comme les femmes ménopausées n’ayant jamais accouché peuvent être concernées.
Pourquoi il ne faut pas pousser pour uriner
Son conseil est direct : ne pas chercher à expulser l’urine par un effort volontaire. Cette habitude, parfois prise lorsqu’on est pressé ou dans des toilettes peu confortables, ne correspond pas au fonctionnement naturel de la miction, selon elle.
« Asseyez-vous, détendez-vous et laissez faire », conseille Sara Reardon. « La vessie est un muscle : lorsqu’il se contracte, l’urine s’écoule. »
Elle recommande de s’asseoir plutôt que de rester en suspension au-dessus de la cuvette, de respirer et de relâcher le bassin. L’idée n’est pas de contracter davantage, mais de laisser la vessie accomplir son travail.
Un périnée en tension peut aussi perturber le transit. Pour évacuer les selles, les muscles doivent pouvoir se relâcher complètement. Lorsqu’ils restent contractés, Sara Reardon indique que cela peut s’accompagner d’efforts importants aux toilettes, d’une impression d’évacuation incomplète, d’hémorroïdes, de fissures ou de selles très fines.
Des signaux qui méritent une attention
La difficulté à démarrer le jet urinaire ou la sensation de ne pas vider entièrement sa vessie peuvent, elles aussi, être associées à une tension musculaire du périnée. La professionnelle mentionne également les douleurs pendant les rapports, lors de l’insertion d’un tampon ou d’un examen gynécologique.
- Une douleur lors des rapports sexuels ou des examens vaginaux ;
- Une difficulté à uriner ou à aller à la selle sans pousser ;
- Des fuites pendant la toux, les éternuements, la course ou les sauts ;
- Une baisse des sensations lors des rapports ;
- Une sensation de pesanteur ou de descente dans le vagin.
Ces symptômes n’ont pas tous la même cause et ne permettent pas, à eux seuls, de poser un diagnostic. Sara Reardon recommande d’écarter d’abord une infection urinaire ou vaginale lorsqu’il existe des signes qui y font penser, en consultant un professionnel de santé.
Relâcher avant de chercher à renforcer
Le périnée n’a pas toujours besoin d’être renforcé. Lorsqu’il est déjà crispé, multiplier les contractions peut ne pas répondre au problème. Sara Reardon insiste sur l’intérêt du mouvement et du relâchement : varier les positions au cours de la journée, éviter de rester assis trop longtemps et ne pas contracter constamment les fessiers.
Elle propose aussi de prendre quelques respirations lentes et profondes dans la journée afin d’assouplir les muscles du bassin. Des étirements, une posture accroupie profonde ou certaines postures de yoga peuvent aider à travailler cette détente, d’après elle.
Les appareils de massage interne et les dilatateurs vaginaux figurent parmi les outils qu’elle cite pour certaines situations. Leur emploi demande une approche individualisée et un accompagnement adapté, surtout en cas de douleur. Un dispositif ne remplace pas un bilan.
Quand les muscles manquent de tonicité
À l’inverse, un périnée affaibli peut se manifester par des fuites urinaires lors d’un effort. Tousser, éternuer, courir ou sauter peuvent alors suffire à provoquer quelques gouttes d’urine.
Sara Reardon évoque aussi le prolapsus des organes pelviens, souvent appelé « descente d’organes ». Il survient lorsque les organes du bassin ne bénéficient plus d’un soutien musculaire suffisant et exercent une pression vers le canal vaginal.
Pour travailler la force musculaire, elle recommande des contractions volontaires du périnée, courtes ou maintenues plusieurs secondes, dans diverses positions. Ces contractions sont couramment appelées exercices de Kegel. Leur objectif est de contracter puis de relâcher les muscles du plancher pelvien, sans bloquer sa respiration ni serrer inutilement les fesses.
« Contractez avant de tousser » et « serrez avant d’éternuer » : Sara Reardon conseille d’anticiper les efforts qui déclenchent les fuites.
Elle met aussi en garde contre les efforts répétés aux toilettes. Pour les selles, elle suggère de placer un petit marchepied sous les pieds afin d’adopter une posture plus proche de l’accroupissement, qui peut faciliter l’évacuation sans pousser excessivement.
Quel accompagnement en France ?
En France, les sages-femmes et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent intervenir dans la rééducation périnéale, notamment après une grossesse et un accouchement. Un médecin peut aussi orienter une patiente vers un gynécologue, un urologue ou un autre spécialiste selon les symptômes.
Les fuites urinaires, la douleur pelvienne ou les difficultés persistantes à uriner et à déféquer ne doivent pas être réduites à une fatalité liée à l’âge, au sport ou à la maternité. Le bilan permet de distinguer un manque de tonicité d’une hypertonie, c’est-à-dire un excès de tension musculaire. Ces deux situations ne se traitent pas de la même manière.
Le périnée intervient aussi dans les sensations sexuelles
Sara Reardon rappelle que les contractions et le relâchement du périnée participent à l’orgasme. Une douleur, une difficulté à atteindre l’orgasme ou des sensations moins marquées peuvent donc parfois s’inscrire dans un trouble musculaire du bassin. Cela ne signifie pas que le périnée explique à lui seul toute difficulté sexuelle, mais ce point peut être abordé lors d’une consultation.
La kinésithérapie pelvienne ne se limite pas à des exercices sur une machine. Pour Sara Reardon, une prise en charge de qualité associe l’évaluation, des exercices, des techniques manuelles, des explications et des gestes à réaliser chez soi. Elle conseille aussi de choisir un soignant à l’écoute, car ces troubles touchent à une zone intime et peuvent être difficiles à évoquer.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article « Dites non au pipi en force » : les conseils d’une kinésithérapeute spécialiste du périnée pour muscler ce qu’on oublie toujours est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.