En Cornouailles, deux yeux démesurés surgissent sur l’eau : cette méthode étonnante vise les goélands près des quais

Sur le littoral des Cornouailles, une équipe de recherche teste une parade visuelle pour éloigner les goélands des zones fréquentées.

Le dispositif ne ressemble ni à un filet ni à une sirène. Il flotte sur l’eau et mise sur un réflexe très simple : face à des yeux immenses qui semblent les observer, certains oiseaux préfèrent garder leurs distances. Cette expérimentation, menée près des côtes du sud-ouest britannique, cherche à limiter les nuisances sans blesser les animaux.

Des yeux géants posés sur l’eau

Les goélands font partie du décor maritime, mais leur présence devient parfois difficile à gérer autour des ports, des plages, des restaurants et des zones de pêche. Ils fouillent les poubelles, s’approchent des terrasses et peuvent s’emparer de nourriture directement dans les mains des visiteurs. Dans certains secteurs, ils s’installent aussi sur les toits et leurs cris deviennent une source de tensions pour les riverains.

Pour réduire ces contacts, des chercheurs ont choisi une solution étonnante : des objets flottants équipés de deux grands motifs circulaires imitant des yeux. Installés à la surface de l’eau, ils donnent l’impression qu’un prédateur ou un animal imposant surveille les alentours.

Le principe consiste à créer un signal visuel inquiétant, sans piège, sans poison et sans intervention directe sur les oiseaux.

Ces silhouettes flottantes jouent le rôle d’épouvantails marins. Elles ne cherchent pas à capturer les goélands. Elles doivent seulement modifier leur comportement, en les incitant à ne pas s’attarder dans certaines zones sensibles.

Pourquoi le regard peut faire fuir un oiseau

Dans la nature, beaucoup d’animaux réagissent fortement aux formes qui évoquent un visage ou le regard d’un prédateur. Les deux cercles très contrastés peuvent suffire à déclencher une prudence instinctive. Le goéland ne sait pas forcément ce qu’il voit, mais il peut considérer l’endroit comme moins sûr qu’une zone voisine.

Cette réaction porte un nom : les ocelles. Il s’agit de marques rondes qui ressemblent à des yeux. On en trouve sur les ailes de certains papillons, sur les plumes de plusieurs espèces d’oiseaux et chez des poissons. Leur effet varie selon l’animal observé, la distance, la lumière et l’habitude prise avec le dispositif.

Une efficacité qui dépend de la surprise

Le principal risque est celui de l’accoutumance. Si les goélands comprennent rapidement que les yeux flottants ne bougent pas et ne représentent aucun danger, ils peuvent revenir. Les équipes chargées de ce type de test doivent donc mesurer les résultats sur la durée, et pas seulement lors des premiers jours.

  • Le nombre de goélands présents avant l’installation ;
  • La distance à laquelle les oiseaux changent de trajectoire ;
  • Le temps passé dans la zone protégée ;
  • Le retour éventuel des oiseaux après plusieurs jours ;
  • L’effet sur les autres espèces vivant près du rivage.

Déplacer régulièrement les objets, modifier leur orientation ou les utiliser seulement à certaines périodes peut aider à conserver leur effet dissuasif. Une présence imprévisible reste souvent plus crédible qu’un décor immobile.

Une réponse aux conflits sur le littoral

Le problème ne concerne pas uniquement les vacanciers. Dans les ports, les goélands peuvent gêner les manutentions, souiller les équipements et s’intéresser aux déchets issus de la pêche. Près des écoles ou des marchés, des regroupements importants créent aussi un sentiment d’insécurité, même lorsque les incidents réels restent rares.

Les méthodes radicales suscitent des critiques, car les goélands font partie de la faune protégée ou surveillée selon les espèces et les territoires. Les collectivités cherchent donc des solutions plus acceptables : meilleure gestion des déchets, poubelles fermées, restrictions sur le nourrissage, filets sur certains bâtiments et dispositifs visuels temporaires.

Éloigner les goélands ne règle pas tout : tant que de la nourriture reste facilement accessible, les oiseaux ont une raison de revenir.

Le nettoyage des quais et la fermeture des sacs-poubelle jouent un rôle déterminant. Une mouette qui trouve régulièrement des restes alimentaires apprend vite à fréquenter le même secteur. Les dispositifs flottants peuvent créer une gêne utile, mais ils ne remplacent pas une gestion rigoureuse des déchets.

Des précautions pour ne pas perturber d’autres animaux

Avant d’étendre ce type d’installation, les chercheurs doivent vérifier qu’elle ne perturbe pas inutilement les oiseaux marins moins familiers des zones urbaines. Les espèces qui nichent au sol, les canards, les limicoles et les jeunes oiseaux peuvent réagir différemment à ces grands motifs.

La sécurité de la navigation compte aussi. Un objet flottant doit rester visible pour les petites embarcations, résister au vent et aux marées, sans se détacher ni devenir un déchet en mer. Son ancrage ne doit pas abîmer les fonds marins ou gêner les activités portuaires.

Un outil parmi d’autres

Cette expérience en Cornouailles illustre une tendance : utiliser davantage la connaissance du comportement animal plutôt que la contrainte. Les grands yeux installés sur l’eau peuvent créer une zone de calme près d’un quai, d’une plage ou d’un espace de restauration.

Le résultat dépendra surtout de la manière dont cette méthode s’articule avec des gestes très concrets : ne pas nourrir les oiseaux, vider les déchets à temps, protéger les denrées et éviter de laisser des restes sur les bancs ou les promenades. C’est souvent cette combinaison qui fait la différence sur un littoral très fréquenté.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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