Greffe cardiaque : les cœurs âgés rajeunissent une fois transplantés, ce que révèle cette découverte pour les dons d’organes

Aux États-Unis, une étude suggère que l’âge biologique d’un cœur greffé pourrait s’adapter à celui de son receveur.

Publiée le 28 septembre par Nature, revue scientifique internationale, cette recherche menée entre Boston et des modèles animaux ouvre une piste pour élargir, à terme, le nombre de cœurs disponibles à la transplantation. Les résultats restent à interpréter avec prudence : l’étude a été déposée sur une plateforme de prépublication et n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Le cœur transplanté semble suivre l’âge de son nouvel organisme

Un cœur ne vieillit pas seulement en fonction de la date de naissance de son donneur. C’est l’observation avancée par Jesse Poganik, chercheur sur le vieillissement à l’université Harvard, et ses collègues. Selon leurs travaux, un cœur prélevé chez un donneur âgé pourrait voir certains marqueurs de son âge biologique diminuer lorsqu’il est transplanté chez une personne plus jeune.

À l’inverse, un cœur provenant d’un donneur jeune montrerait un vieillissement biologique accéléré lorsqu’il est greffé chez un receveur plus âgé. Les chercheurs estiment donc que l’environnement général du corps receveur, son sang, son métabolisme et son état de santé, influencent profondément l’organe transplanté.

Les cœurs greffés ont vu leur âge biologique se rapprocher de celui de leur nouveau receveur.

L’âge biologique ne désigne pas l’âge inscrit sur une pièce d’identité. Il cherche à mesurer l’accumulation de dommages et de modifications cellulaires liés au vieillissement. Pour l’évaluer, les scientifiques se sont notamment intéressés à la méthylation de l’ADN, un mécanisme qui ajoute ou retire de petits groupes chimiques sur certaines régions du matériel génétique.

Des expériences menées chez la souris

Les premières observations ont été réalisées sur des souris de différents âges. L’équipe a transplanté des cœurs supplémentaires, prélevés chez des animaux jeunes, d’âge intermédiaire ou âgés. Les receveurs conservaient leur propre cœur tout en vivant avec l’organe greffé.

Entre quatre et six mois après l’opération, les chercheurs ont analysé les tissus cardiaques. Ils ont étudié environ 320 000 régions génétiques afin de repérer les signatures de méthylation associées à l’avancée en âge.

  • Les cœurs jeunes transplantés dans des souris âgées présentaient des signes de vieillissement biologique plus rapide.
  • Les cœurs âgés placés chez de jeunes souris affichaient des marqueurs évoquant un rajeunissement biologique.
  • Les changements observés rapprochaient l’âge biologique du greffon de celui de l’animal receveur.

Ces résultats rejoignent des travaux antérieurs sur la parabiose. Cette méthode consiste à relier chirurgicalement deux animaux afin qu’ils partagent une même circulation sanguine. Des études chez la souris ont montré que le sang d’un animal jeune pouvait influencer certains mécanismes liés à l’âge chez un animal plus vieux. Le sang d’un animal âgé pouvait, lui, accélérer certains marqueurs du vieillissement chez un animal jeune.

Onze greffes humaines étudiées à Boston

Les scientifiques ont aussi examiné des échantillons issus d’anciennes transplantations cardiaques réalisées au Brigham and Women’s Hospital de Boston. Ils ont retenu onze cas marqués par une différence d’âge notable entre le donneur et le receveur.

Dans certains dossiers, des cœurs de donneurs âgés de 8 à 24 ans avaient été greffés à des receveurs plus jeunes. Dans d’autres, des cœurs provenant de donneurs de 38 à 50 ans avaient été transplantés chez des personnes plus âgées. Les analyses de méthylation ont fait apparaître une tendance analogue à celle observée chez les souris.

« Ce qui est remarquable, c’est que nous avons trouvé exactement les mêmes effets que chez les souris », a déclaré Jesse Poganik.

Les chercheurs ont également étudié les dossiers médicaux électroniques de plusieurs centaines de receveurs, un an après leur greffe. Certaines mesures, telles que la fréquence cardiaque, l’épaisseur de la paroi postérieure du cœur ou la capacité à l’effort, semblaient davantage associées à l’âge du receveur qu’à celui du donneur.

Jesse Poganik nuance toutefois la portée de ce constat : « Certaines mesures fonctionnelles, mais pas toutes, correspondaient à l’hypothèse selon laquelle les cœurs âgés chez des personnes jeunes fonctionnaient comme s’ils étaient biologiquement plus jeunes, et inversement. Certaines choses sont probablement irréversibles. »

Pourquoi cette piste intéresse les équipes de greffe

La disponibilité des organes reste le principal frein à la transplantation cardiaque. Nature rappelle qu’aux États-Unis, 4 636 greffes de cœur ont été réalisées en 2024, soit 81,5 % de plus qu’en 2013. Malgré cette hausse, des personnes meurent chaque année en attendant un organe compatible.

Les recommandations privilégient souvent les donneurs de moins de 45 ans. Des donneurs plus âgés peuvent aussi être envisagés lorsqu’ils ne présentent pas de signe de maladie coronarienne importante. La nouvelle étude ne propose pas de supprimer les critères médicaux de sélection. Elle alimente plutôt l’idée que l’âge chronologique du donneur ne suffit peut-être pas à prédire le devenir d’un cœur après la greffe.

Un âge avancé ne dit pas tout de l’état d’un cœur

Un organe provenant d’une personne âgée peut présenter des lésions liées à l’hypertension, au diabète, au tabac ou à une maladie des artères coronaires. Ces atteintes structurelles ne disparaissent pas automatiquement avec le changement de receveur. C’est précisément la limite relevée par les chercheurs : certains effets du vieillissement peuvent être modifiables, tandis que d’autres restent durables.

Les travaux devront donc être confirmés sur un plus grand nombre de transplantations humaines, avec un suivi prolongé. Ils devront aussi déterminer quels facteurs du receveur jouent le rôle le plus décisif : âge, circulation sanguine, inflammation, activité physique, traitements ou maladies associées.

La situation en France

En France, l’Agence de la biomédecine organise le prélèvement et la répartition des organes destinés à la greffe. L’attribution d’un cœur repose sur plusieurs critères médicaux, dont la compatibilité entre donneur et receveur, l’urgence, la taille de l’organe et l’état clinique des personnes concernées.

L’âge du donneur fait partie de l’évaluation médicale, sans constituer à lui seul une réponse automatique. Les équipes examinent notamment la fonction cardiaque et l’existence éventuelle d’une maladie coronarienne. La piste étudiée à Boston pourrait donc, si elle se confirme, enrichir les outils permettant d’évaluer les greffons issus de donneurs plus âgés.

Comprendre la méthylation de l’ADN

La méthylation de l’ADN correspond à l’ajout de groupes chimiques appelés groupes méthyle sur l’ADN. Elle ne modifie pas directement la séquence des gènes, mais peut influencer leur activité. Certaines modifications évoluent au fil des années et servent à construire des indicateurs d’âge biologique.

Ces indicateurs restent des outils de recherche. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de prédire la durée de fonctionnement d’un cœur greffé chez une personne donnée. Dans le cadre d’une transplantation, les médecins prennent en compte un ensemble beaucoup plus large d’éléments : qualité du greffon, délai de conservation, compatibilité, risque de rejet et état général du receveur.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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