
À Madrid, en Espagne, l’expulsion de Maricarmen Abascal ravive le débat sur les anciens baux et les droits des propriétaires.
Dans un entretien accordé au quotidien espagnol ABC, Ignacio Lázaro, membre de la famille propriétaire du logement, livre une version très différente de celle de l’occupante. L’article, publié le 29 septembre et actualisé le 30 septembre 2026, porte sur un appartement situé dans le quartier madrilène de Sainz de Baranda.
Une expulsion après des décennies dans le logement
Maricarmen Abascal vivait depuis plusieurs décennies dans un appartement de la rue Alcalde Sainz de Baranda, à Madrid. Selon ABC, elle a été expulsée par la police espagnole au cours de la semaine précédant la publication de l’article.
Le logement appartenait à la famille Lázaro. Ignacio Lázaro, âgé de 56 ans selon le journal, est le petit-fils d’Ángel Lázaro. Cet homme, originaire d’Aragon, avait acheté l’immeuble dans les années 1950 après avoir émigré.
Au cœur de l’affaire se trouve un contrat de location ancien. Maricarmen Abascal réglait environ 150 euros par mois pour cet appartement, situé dans un secteur recherché de la capitale espagnole. Ce montant nourrit une controverse, alors que le logement est devenu un sujet politique et social majeur en Espagne.
Ignacio Lázaro affirme que sa famille a maintenu Maricarmen Abascal dans le logement pendant des années à des conditions très avantageuses.
Dans le titre de son entretien, l’ancien propriétaire résume son ressentiment : « Nous l’avons subventionnée pendant des années et maintenant, avec les impôts. » Cette phrase exprime son sentiment que sa famille a supporté le coût d’un loyer faible, avant de se retrouver associée aux critiques visant les bailleurs.
Une famille qui refuse l’image d’un propriétaire sans visage
Ignacio Lázaro insiste sur l’histoire familiale attachée à cet immeuble madrilène. Il rappelle que derrière un bien immobilier, il y a aussi, selon lui, une famille qui a travaillé et épargné pour constituer ce patrimoine.
« Derrière la propriété, il y a une famille qui a épargné et travaillé. Ce patrimoine a été vendu légalement. Maintenant, nous apparaissons dans cette histoire comme des fascistes », déclare Ignacio Lázaro.
Le terme employé par l’ancien propriétaire traduit sa colère face à l’image publique donnée à sa famille. Dans le récit relayé par ABC, il estime que le débat a largement mis en avant la situation de Maricarmen Abascal, présentée comme une figure des expulsions, sans assez considérer le point de vue des propriétaires.
Le bien a depuis été vendu légalement, précise-t-il. L’entretien ne donne ni la date de cette vente, ni son prix, ni les conditions exactes de l’opération. Il ne précise pas non plus les décisions judiciaires ayant conduit à l’expulsion.
Le souvenir d’une relation difficile
Ignacio Lázaro décrit Maricarmen Abascal comme une « personne problématique ». Il reproche à l’ancienne occupante de ne pas avoir reconnu l’effort consenti par ses tantes, qui avaient choisi de la laisser dans l’appartement.
Selon Ignacio Lázaro, Maricarmen Abascal « n’a jamais remercié » ses tantes d’avoir décidé de la maintenir dans le logement.
Ces déclarations sont celles d’une partie directement impliquée dans le conflit. Elles éclairent le ressentiment de la famille Lázaro, sans permettre à elles seules d’établir l’ensemble des rapports entre les deux camps au fil des années.
- Le logement se situe rue Alcalde Sainz de Baranda, à Madrid.
- La famille Lázaro en est propriétaire depuis l’achat de l’immeuble dans les années 1950.
- Maricarmen Abascal y résidait sous un ancien contrat de location.
- Le loyer évoqué par ABC s’élevait à environ 150 euros par mois.
- L’expulsion a été réalisée par la police espagnole.
Pourquoi les anciens baux suscitent autant de tensions
Un ancien bail désigne généralement un contrat conclu sous un régime juridique antérieur, parfois à une époque où les loyers étaient encadrés selon des règles différentes. Avec le temps, l’écart peut devenir considérable entre le montant payé par l’occupant et les prix pratiqués dans le quartier.
Pour le locataire, ce type de bail peut représenter une protection décisive face à la hausse du coût du logement. Pour le propriétaire, il peut limiter durablement les revenus tirés du bien, alors même que les charges, les travaux ou la fiscalité peuvent évoluer.
Le conflit madrilène illustre ce choc de deux réalités. D’un côté, une personne installée depuis longtemps dans son habitation. De l’autre, une famille qui revendique le droit de disposer d’un patrimoine acquis par son ascendant et vendu selon les règles en vigueur.
Quelle comparaison avec la France ?
En France, la location d’un logement constituant la résidence principale relève notamment de la loi du 6 juillet 1989. Les règles françaises ne sont pas automatiquement transposables à la situation évoquée à Madrid, car les contrats, les procédures et le droit espagnol sont distincts.
En France, un propriétaire ne peut pas expulser seul un locataire. Une procédure judiciaire est nécessaire lorsque le locataire conteste son départ ou ne quitte pas les lieux après la résiliation du bail. L’exécution d’une expulsion relève d’un commissaire de justice et peut nécessiter le concours des forces de l’ordre.
Le droit français prévoit aussi des protections particulières pour certains locataires, ainsi qu’une trêve hivernale qui suspend, dans la plupart des cas, les expulsions locatives durant une partie de l’année. Cette suspension ne fait pas disparaître une décision de justice : elle en reporte seulement l’exécution dans les situations concernées.
Un débat qui dépasse le seul cas madrilène
La crise du logement met souvent face à face deux fragilités : celle des ménages qui redoutent de perdre leur domicile et celle des petits propriétaires qui dépendent d’un bien pour compléter leurs revenus ou préserver un héritage familial.
Dans ce dossier espagnol, la somme d’environ 150 euros mensuels sert de point de friction. Elle renvoie à la durée exceptionnelle de l’occupation, à l’ancienneté du contrat et à la valeur actuelle d’un logement dans un quartier prisé de Madrid. Les éléments publiés par ABC ne permettent pas de déterminer les obligations précises de chaque partie, mais ils montrent que l’expulsion a aussi laissé une famille propriétaire profondément amère.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Ignacio Lázaro, ancien propriétaire de Maricarmen : « Nous l’avons subventionnée pendant des années et maintenant, avec les impôts » est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.