Il sauve la vie des astronautes d’Apollo 11 avec un simple stylo : 56 ans plus tard, l’objet s’envole à plus de 800 000 dollars aux enchères

À New York, des objets liés aux premières missions lunaires américaines ont rappelé combien chaque détail pouvait compter dans l’espace.

Le magazine scientifique américain Popular Science rapporte que plusieurs pièces de l’histoire spatiale ont été vendues aux enchères chez Sotheby’s, à New York. Parmi elles, un simple stylo utilisé par Buzz Aldrin après un incident critique à bord du module lunaire d’Apollo 11 a atteint 857 600 dollars, soit plus de 800 000 dollars.

Un incident survenu au moment le plus risqué

Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin viennent de passer environ trois heures sur la surface de la Lune. Les deux astronautes ont prélevé des roches et de la poussière lunaire. Ils remontent ensuite dans le module lunaire afin de préparer leur retour vers la Terre.

C’est à ce moment que Buzz Aldrin heurte accidentellement un interrupteur du disjoncteur avec le sac de survie fixé à sa combinaison. La pièce se casse. Or, cet interrupteur commande le moteur qui doit permettre au module de quitter la Lune et de rejoindre le vaisseau dans lequel les attend Michael Collins.

Sans ce moteur, les trois membres d’Apollo 11 auraient été privés de la possibilité de revenir vers la Terre.

Buzz Aldrin réagit rapidement. Il insère un stylo dans le tableau de commande afin de remplacer provisoirement l’interrupteur endommagé. Cette solution de fortune permet d’actionner le circuit nécessaire au décollage du module lunaire.

Neil Armstrong avait ensuite expliqué à la chaîne américaine ABC News que son coéquipier aurait pu heurter un élément sans grande conséquence. Mais, selon lui, il avait touché « le disjoncteur qui commandait le moteur nous permettant de revenir en orbite ». Armstrong ajoutait : « C’était une assurance. C’est agréable d’avoir un peu d’assurance. »

Un objet minuscule devenu une pièce de collection

Le stylo, associé au disjoncteur cassé, a finalement été adjugé 857 600 dollars lors de la vente consacrée à l’exploration spatiale. Le montant illustre l’intérêt des collectionneurs pour les objets ayant joué un rôle direct dans les missions Apollo.

Ce type de souvenir n’est pas seulement recherché pour sa rareté. Il raconte aussi la part d’imprévu de l’exploration spatiale. Les engins de la NASA étaient conçus avec une extrême précision, mais les astronautes devaient aussi savoir improviser face à une panne ou à un incident matériel.

Pourquoi ce geste a fonctionné

Le stylo n’a pas réparé le disjoncteur au sens mécanique. Il a servi à exercer l’action nécessaire sur le mécanisme, sans exposer les astronautes à un élément métallique susceptible de poser problème dans le système électrique.

L’épisode montre aussi l’importance du travail réalisé avant le lancement. Les équipages apprenaient à connaître les commandes de leur vaisseau, à identifier les fonctions prioritaires et à réagir vite dans des conditions de stress extrême.

  • Le disjoncteur concerné commandait le moteur de remontée du module lunaire.
  • Ce moteur devait arracher l’équipage à la gravité lunaire.
  • Le module devait ensuite rejoindre le vaisseau Apollo resté en orbite.
  • Michael Collins, resté seul à bord de ce vaisseau, attendait Armstrong et Aldrin pour le retour vers la Terre.

D’autres fragments de l’aventure spatiale vendus à New York

La vente a aussi mis en lumière plusieurs objets moins connus, mais tout aussi révélateurs de l’histoire des vols habités américains.

Un drapeau américain emporté lors de Gemini IV, mission de juin 1965, a été vendu 35 840 dollars. Cette mission a compté la première sortie américaine dans l’espace. Edward White est resté 21 minutes hors du vaisseau, tandis que le commandant Jim McDivitt photographiait l’opération.

Un morceau de tissu en nylon utilisé par Buzz Aldrin pendant Gemini XII a atteint 5 120 dollars. Lors d’une sortie dans l’espace, l’astronaute s’en était servi pour nettoyer une substance jaune présente sur une fenêtre du vaisseau. Les analyses de la NASA avaient conclu qu’il s’agissait de résidus issus des gaz d’échappement de la fusée Titan II.

Un simple fragment de nylon, un drapeau ou un stylo peuvent ainsi devenir les témoins matériels d’une mission qui a changé l’histoire.

Un bouchon de protection du bouclier thermique d’Apollo 8 a également été adjugé 8 960 dollars. Apollo 8 fut, en décembre 1968, le premier voyage habité autour de la Lune. Lors du retour sur Terre, le bouclier thermique devait encaisser une chaleur considérable produite par la rentrée atmosphérique.

Un drapeau soviétique emporté vers la Lune

Parmi les lots les plus marquants figurait un petit drapeau de l’Union soviétique transporté à bord d’Apollo 11. Buzz Aldrin l’avait placé dans son kit personnel, avec un drapeau américain et des drapeaux liés au Texas et au New Jersey.

Dans une lettre d’authentification, l’astronaute expliquait avoir choisi d’emporter ce drapeau comme geste de bonne volonté entre les États-Unis et l’Union soviétique. Il y voyait aussi la marque d’un accomplissement humain dépassant les frontières nationales.

Ce drapeau soviétique, qui a voyagé jusqu’à la Lune à bord du module de commande Columbia, a été vendu 102 400 dollars.

En France, préserver et raconter l’histoire spatiale

En France, l’histoire de la conquête spatiale est notamment valorisée par le Musée de l’Air et de l’Espace, au Bourget, qui conserve des collections liées à l’aviation et à l’espace. Le Centre national d’études spatiales, établissement public français connu sous le nom de CNES, joue aussi un rôle central dans les programmes spatiaux français.

La France n’a pas participé au programme Apollo, qui relevait de la NASA. Elle contribue en revanche aux activités spatiales européennes à travers l’Agence spatiale européenne. Pour le public français, les objets de missions américaines comme Apollo 11 restent donc des témoins rares d’une aventure étrangère, mais devenue universelle par son impact scientifique et culturel.

Le bouclier thermique, une protection décisive

Le bouclier thermique d’un vaisseau spatial permet de protéger l’équipage et les équipements lors du retour dans l’atmosphère. À très grande vitesse, l’air comprimé devant l’engin chauffe fortement. Les capsules Apollo utilisaient un matériau dit ablatif : sa surface se consumait progressivement afin d’évacuer une partie de la chaleur.

Le petit bouchon vendu lors de cette enchère protégeait l’une des fixations du bouclier thermique d’Apollo 8. Son rôle pouvait paraître secondaire, mais son existence rappelle qu’un vaisseau repose sur l’assemblage de milliers de composants. L’histoire du stylo d’Apollo 11 le montre elle aussi : dans l’espace, une pièce infime peut décider de l’issue d’une mission.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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