
En Angleterre, un ingénieur a consacré des centaines d’heures à une machine insolite, née d’un rêve et difficile à maîtriser.
À Swindon, dans le sud-ouest de l’Angleterre, Greg Mitchell a donné une seconde vie à une Yamaha R6 vieille d’environ vingt ans. Son objectif : transformer cette moto en un grand-bi motorisé, inspiré des bicyclettes spectaculaires qui ont marqué la fin du XIXe siècle. Le magazine spécialisé Motorcycle News (MCN) rapporte les détails de ce projet baptisé SuperFarthing, aussi impressionnant visuellement que complexe à conduire.
Une idée apparue pendant son sommeil
Le projet ne serait pas né dans un atelier, ni sur un carnet de croquis. Greg Mitchell raconte à Motorcycle News que l’idée lui est venue alors qu’il dormait après avoir regardé des vidéos sur YouTube.
« L’idée m’est venue dans un rêve. Je me suis endormi en regardant des vidéos sur YouTube, puis j’ai rêvé que je fabriquais cette machine », a raconté Greg Mitchell au magazine Motorcycle News.
À son réveil, l’ingénieur a immédiatement mis son idée par écrit. Ne sachant pas dessiner, il a utilisé une IA pour créer une première représentation de son engin. Cette image lui a suffi pour se lancer dans une construction hors normes.
Le grand-bi, avec son immense roue avant et sa petite roue arrière, a connu son heure de gloire dans les années 1870 et 1880. Il doit son nom anglais à deux monnaies britanniques : le penny, bien plus grand que le farthing. Cette bicyclette est devenue l’un des symboles de la période victorienne et un ancêtre direct du vélo moderne.
Sa popularité n’a pourtant duré qu’une dizaine d’années. Les vélos modernes, dotés de roues de taille plus proche et d’une transmission par chaîne, se sont imposés car ils étaient plus sûrs, plus confortables et plus faciles à utiliser.
750 heures de travail et une roue de 165 kilos
Greg Mitchell avait d’abord envisagé une construction en aluminium. Le coût de la matière première, estimé à environ 4 000 livres sterling, l’a fait changer d’avis. Il a finalement récupéré de l’acier qu’il avait stocké dans son jardin.
Ce choix n’a pas rendu l’opération plus simple. L’ingénieur a consacré près de 750 heures à sa réalisation. La pièce la plus spectaculaire est l’immense roue avant : elle pèse 165 kilos et rassemble 420 éléments usinés individuellement.
- Une Yamaha R6 âgée d’environ vingt ans sert de base mécanique.
- La roue avant géante atteint à elle seule 165 kilos.
- Sa fabrication a nécessité 420 pièces distinctes.
- Greg Mitchell a percé 890 trous au cours de l’assemblage.
- Le projet a mobilisé près de 750 heures de travail.
Le constructeur a aussi dû revoir la position de l’échappement et du radiateur. Il a fabriqué un très grand bras oscillant vertical et renforcé le cadre afin de supporter les contraintes de cette architecture inhabituelle.
Cette Yamaha R6 ne ressemble plus à une moto classique : son moteur se retrouve associé à la silhouette très haute et démesurée d’un grand-bi.
Des premiers essais jugés trop dangereux
La construction terminée, les essais ont vite révélé les limites de l’engin. Sans aide, le SuperFarthing était trop instable pour être piloté en sécurité. Greg Mitchell a donc installé deux petites roues stabilisatrices latérales.
Il avait imaginé un système permettant de les relever grâce à l’hydraulique. Il a rapidement renoncé à cette possibilité. Selon lui, essayer de manœuvrer la machine sans ces stabilisateurs revenait à une forme de suicide.
Les difficultés ne s’arrêtaient pas là. Même avec le guidon braqué au maximum, le véhicule avait tendance à continuer tout droit. La fourche, trop souple, se déformait sous les efforts. La moto suivait aussi le moindre dévers de la chaussée, c’est-à-dire l’inclinaison volontaire de la route qui facilite l’écoulement de l’eau.
Une direction assistée commandée par boutons
Greg Mitchell est retourné à son atelier pour revoir plusieurs éléments essentiels. Il a installé une fourche rigide et renforcé la structure. Il a aussi ajouté une direction assistée hydraulique afin de corriger l’influence du dévers.
Le système se commande par des boutons placés au guidon. Cette solution permet de garder l’engin plus stable, mais elle ne rend pas sa conduite intuitive. À vitesse élevée, la précision devient un enjeu majeur.
« Avec les stabilisateurs abaissés, c’est comme conduire un quad très haut », a expliqué Greg Mitchell à Motorcycle News.
Lors de ses premiers essais, il affirme avoir atteint environ 50 miles par heure, soit près de 80 km/h, sur une courte portion de route. Il estime que son engin peut aller bien plus vite dans de bonnes conditions. Son ambition est d’approcher les 140 miles par heure, soit environ 225 km/h.
Pourquoi l’engin ne peut pas circuler sur route
En Angleterre, le SuperFarthing n’est pas autorisé à circuler sur la voie publique. La raison mise en avant concerne sa roue avant, qui n’est pas équipée d’un pneumatique. Greg Mitchell ne peut donc pas tester sa création sur une route ouverte.
Il souhaiterait rouler sur une piste parfaitement plate. Cette surface limiterait les effets du dévers et réduirait le besoin de corriger sans cesse la trajectoire avec la direction hydraulique. Il reconnaît que diriger une telle machine au moyen de boutons n’est pas idéal, surtout lorsque la vitesse augmente.
Ce que cela implique en France
En France, un véhicule motorisé destiné à circuler sur la voie publique doit répondre à des exigences d’homologation. Elles concernent notamment les équipements de sécurité, le freinage, l’éclairage, les pneumatiques et les caractéristiques techniques inscrites sur les documents du véhicule.
Une transformation aussi profonde d’une Yamaha R6 ne correspondrait plus aux caractéristiques d’une moto de série. Un engin de ce type ne peut pas être assimilé à un simple vélo modifié. Son utilisation devrait donc rester limitée à un espace privé ou à un site adapté, sauf autorisation et conformité aux règles applicables.
Le grand-bi, une architecture aussi fascinante que risquée
La taille de la roue avant explique l’allure spectaculaire du SuperFarthing. Sur un grand-bi traditionnel, les pédales sont fixées directement sur l’axe de cette roue. Plus elle est grande, plus un tour de pédale fait avancer loin. Ce principe permettait d’augmenter la vitesse, mais exposait aussi le cycliste à de violentes chutes vers l’avant.
Le projet de Greg Mitchell reprend cette esthétique historique tout en y ajoutant la puissance d’un moteur de moto. Les stabilisateurs évitent le basculement à l’arrêt ou à faible allure, sans effacer les difficultés liées au poids, à la hauteur et à la direction. C’est précisément ce contraste entre héritage mécanique et technologie moderne qui donne à cette machine son caractère singulier.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Il transforme une vieille Yamaha en grand-bi motorisé : ce vélo du XIXe siècle devient le plus rapide du monde est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.