
Très présente dans les courriels professionnels, cette tournure familière est pourtant déconseillée par l’Académie française depuis plusieurs années.
En France, l’expression « Je reviens vers vous » s’est imposée dans les échanges de travail, les messages administratifs et les conversations téléphoniques. Dans une notice publiée le 7 novembre 2019, l’Académie française, institution chargée notamment de veiller sur la langue française, juge cette formule incorrecte et propose plusieurs alternatives.
Une expression devenue un réflexe dans les échanges professionnels
La phrase est courte, pratique et largement comprise. Elle sert souvent à annoncer qu’une personne reprendra contact après avoir vérifié une information, étudié un dossier ou obtenu une réponse. Elle peut aussi être utilisée pour relancer un interlocuteur après un premier échange.
Dans les entreprises, les administrations ou les services clients, elle apparaît régulièrement sous différentes formes : « Je reviens vers vous rapidement », « Nous revenons vers vous dans les prochains jours » ou encore « Je reviens vers vous après analyse de votre demande ».
Pour l’Académie française, l’usage est pourtant à éviter. L’institution estime que le verbe « revenir » ne convient pas dans cette construction lorsqu’il signifie reprendre contact avec quelqu’un.
« L’expression Je reviens vers vous, employée en lieu et place de “Je reprends contact avec vous”, “Je reprends nos affaires, notre sujet, etc.”, est incorrecte », écrit l’Académie française.
Un calque de l’anglais selon l’Académie française
L’explication donnée par l’institution est claire : cette tournure viendrait d’une traduction trop littérale d’une formule anglaise courante utilisée pour promettre une réponse ultérieure.
L’Académie française qualifie cette expression d’anglicisme. Un anglicisme désigne un mot, une expression ou une tournure empruntée à l’anglais et introduite dans le français. Ces emprunts peuvent devenir habituels dans la langue courante, sans être forcément recommandés dans un registre soigné.
La notice publiée en 2019 évoque une « traduction hasardeuse » devenue un « tic de langage ». Elle invite donc les locuteurs à choisir des formulations qui expriment plus précisément leur intention : reprendre un échange, répondre à une question, relancer une discussion ou reprendre contact.
L’Académie française recommande d’éviter une formule devenue très fréquente, notamment dans les communications professionnelles.
Les formulations conseillées à la place
Le choix des mots dépend du contexte. Une réponse à un client ne se formule pas forcément de la même manière qu’une relance après une réunion ou qu’un message adressé à un proche. L’Académie française fournit plusieurs pistes qui permettent de rester clair sans employer l’expression contestée.
- « Je reprends contact avec vous » lorsqu’il s’agit de joindre à nouveau quelqu’un.
- « Je reprends notre échange » pour poursuivre une conversation interrompue.
- « Je reprends votre dossier » lorsqu’une demande doit être examinée à nouveau.
- « Je reprends votre question » pour apporter une réponse après vérification.
- « Je me tourne à nouveau vers vous » dans certains échanges plus formels.
- « Revenons à nos affaires » pour remettre un sujet au centre de la discussion.
L’institution oppose aussi deux séries de formulations dans sa publication. Elle recommande « Je reprends notre échange, votre dossier, votre question » ou « Nous reprenons notre conversation ». À l’inverse, elle classe « Je reviens vers vous » et « Nous revenons vers vous » parmi les expressions à ne pas employer.
La précision du verbe change le sens du message
Employer « reprendre » permet d’indiquer clairement ce qui va être poursuivi : un échange, un dossier, une conversation ou une question. Cette précision peut rendre un courriel plus utile à son destinataire, surtout lorsque plusieurs sujets sont en cours.
Par exemple, une personne qui attend une réponse sur une facture comprendra plus facilement : « Je reprends votre dossier et vous répondrai après vérification. » La phrase indique à la fois l’objet concerné et la prochaine étape. À l’inverse, une formule générale peut sembler plus vague si elle ne précise ni le sujet ni le délai annoncé.
Quelle place pour cette règle dans la langue française ?
En France, l’Académie française formule des recommandations sur le vocabulaire, la grammaire et les usages. Ses avis constituent une référence pour celles et ceux qui souhaitent employer un français soutenu ou particulièrement soigné. Ils ne signifient pas pour autant que les personnes utilisant une tournure répandue ne seront pas comprises.
« Je reviens vers vous » reste en effet très courant dans l’usage quotidien. La formule est installée dans les habitudes professionnelles et elle ne crée généralement pas de malentendu. La position de l’Académie porte sur la correction de la construction et sur son origine, non sur la capacité des interlocuteurs à en saisir le sens.
Dans un cadre professionnel, le registre choisi peut varier selon la relation entre les personnes. Un message adressé à un client, à un recruteur, à une administration ou à un supérieur peut gagner en précision avec une formulation directement liée au dossier concerné. Entre collègues qui échangent régulièrement, une phrase plus simple peut suffire : « Je vérifie et je te réponds » ou « Je reprends le sujet cet après-midi ».
Des alternatives simples pour les courriels du quotidien
La difficulté ne consiste pas seulement à remplacer trois mots par trois autres. Il s’agit surtout de dire ce que l’on fera réellement. Va-t-on répondre ? Appeler ? Examiner une pièce ? Transmettre une information ? Une phrase précise évite les promesses floues et facilite le suivi d’un échange.
| Situation | Formulation possible |
|---|---|
| Réponse après vérification | « Je vérifie ce point et je vous réponds. » |
| Reprise d’un dossier | « Je reprends votre dossier et vous tiendrai informé. » |
| Relance après un échange | « Je reprends contact avec vous au sujet de notre échange. » |
| Retour à un sujet précis | « Nous reprenons la question évoquée lors de notre conversation. » |
Le terme « anglicisme » ne recouvre pas uniquement des mots anglais ajoutés au vocabulaire français. Il peut aussi désigner une structure de phrase influencée par l’anglais. C’est le cas relevé par l’Académie française : les mots sont français, mais l’assemblage reproduit une logique venue d’une autre langue.
Dans les messages écrits, une autre précaution peut améliorer la clarté : annoncer un délai seulement lorsqu’il est réaliste. Écrire « Je vous répondrai avant vendredi » engage davantage qu’une promesse générale. Lorsque le délai reste incertain, il est possible de préciser l’action en cours sans avancer une date hasardeuse : « Je consulte les éléments nécessaires avant de vous répondre. »

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
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