
Dans un entretien publié par le quotidien argentin La Nación, la psychiatre Marian Rojas alerte sur une fatigue moins visible : celle des choix répétés.
Le travail, les écrans et les impératifs du quotidien ne sollicitent pas seulement le corps. Ils mobilisent aussi l’attention, la mémoire et la capacité à trancher. Pour Marian Rojas, cette pression mentale peut expliquer ce sentiment de saturation qui survient parfois bien avant la fin de la journée.
Une fatigue qui ne vient pas uniquement du travail
La fatigue est souvent associée aux longues journées, aux trajets ou au manque de sommeil. Marian Rojas invite à regarder une autre source d’épuisement : l’accumulation de décisions, y compris les plus banales.
« Nous ne sommes pas seulement fatigués de travailler, mais aussi de prendre des décisions ; le faire consomme nos ressources cognitives », souligne Marian Rojas.
Choisir une tenue, répondre ou non à un message, organiser un rendez-vous, comparer des prix, établir des priorités professionnelles ou prévoir les repas : pris séparément, ces arbitrages paraissent anodins. Leur répétition peut pourtant peser sur la disponibilité mentale.
Les ressources cognitives désignent les capacités mobilisées pour prêter attention, mémoriser une information, raisonner, planifier ou contrôler une réaction. Elles ne sont pas illimitées au cours d’une journée. Lorsque les sollicitations se succèdent sans pause, certaines personnes peuvent ressentir une irritabilité plus forte, une difficulté à se concentrer ou une tendance à repousser les choix complexes.
Quand les petites décisions s’accumulent
La multiplication des options constitue un facteur de surcharge pour de nombreux adultes. Les outils numériques ont simplifié certaines démarches, tout en installant une succession de notifications, de réponses attendues et de contenus à évaluer.
Au travail, il faut souvent décider dans un délai court, hiérarchiser les urgences et passer d’une tâche à l’autre. À la maison, les décisions pratiques prennent le relais. Cette continuité laisse peu de place à une véritable récupération de l’attention.
Des signaux à ne pas négliger
La fatigue décisionnelle n’est pas un diagnostic médical en elle-même. Elle décrit une situation familière : au fil des choix, il devient plus difficile de réfléchir avec calme et constance. Cela peut se traduire de plusieurs façons :
- repousser une démarche pourtant simple ;
- choisir la première option disponible pour en finir ;
- se sentir agacé face à une question ordinaire ;
- avoir du mal à organiser sa journée ;
- hésiter longtemps devant une décision sans enjeu majeur.
Ces manifestations ne signifient pas à elles seules qu’une personne souffre d’un trouble particulier. Elles peuvent aussi accompagner une période de stress, un sommeil insuffisant, une charge professionnelle importante ou une situation personnelle difficile.
Réduire le nombre de choix inutiles
Le propos de Marian Rojas met en lumière une idée simple : préserver son énergie mentale suppose aussi de limiter les décisions qui n’apportent pas grand-chose. Il ne s’agit pas de contrôler chaque minute, mais de rendre certaines séquences du quotidien plus prévisibles.
Préparer quelques éléments la veille, noter les priorités du lendemain ou fixer un moment dédié aux messages peut éviter de devoir arbitrer sans cesse. Certaines personnes choisissent aussi de répéter des habitudes pratiques, comme des repas faciles à prévoir ou une organisation stable des tâches domestiques.
Alléger la journée ne consiste pas forcément à faire moins. Cela peut aussi vouloir dire décider moins souvent.
Cette approche a une limite : les routines ne doivent pas devenir une source supplémentaire de pression. Une organisation utile reste adaptable. Elle doit aider à dégager de l’espace mental, et non imposer une nouvelle série de règles impossibles à tenir.
Ce que cette question recouvre en France
En France, la santé mentale relève notamment du suivi des médecins généralistes, des psychiatres et des psychologues. Une fatigue persistante, une perte d’intérêt durable, des troubles du sommeil ou une anxiété qui perturbe la vie quotidienne justifient d’en parler à un professionnel de santé.
Dans le cadre professionnel, la prévention des risques psychosociaux fait partie des obligations de l’employeur. La surcharge de travail, le manque d’autonomie, les conflits ou l’hyperconnexion peuvent affecter la santé des salariés. Le médecin du travail peut être sollicité lorsque les conditions de travail semblent contribuer à une dégradation de l’état de santé.
La question soulevée par Marian Rojas dépasse donc la seule productivité. Elle touche à l’organisation concrète des journées et à la frontière, parfois floue, entre le temps de travail, les obligations familiales et les sollicitations numériques.
Le rôle du sommeil et des pauses
Une décision prise dans la précipitation n’a pas nécessairement les mêmes effets qu’une décision prise après un temps de repos. Le sommeil participe au bon fonctionnement de l’attention, de la mémoire et de la régulation émotionnelle. Les pauses peuvent aussi interrompre le flux des sollicitations, à condition de ne pas être immédiatement remplacées par des alertes sur un téléphone.
Face à une liste de tâches longue, une méthode concrète consiste à séparer ce qui doit être choisi immédiatement de ce qui peut attendre. Reporter une décision non urgente n’est pas toujours une fuite. Cela peut permettre de la traiter dans de meilleures conditions, avec davantage de recul.
Un exemple dans la vie courante
Une personne qui finit sa journée en répondant à de nombreux messages, en comparant des achats et en organisant le lendemain peut avoir l’impression de ne pas avoir arrêté une seule minute, même sans activité physique intense. Regrouper certaines tâches à un moment précis et couper les notifications pendant un temps limité peut réduire les interruptions.
Si la fatigue devient envahissante ou s’accompagne d’une souffrance psychique, l’enjeu n’est plus seulement de mieux planifier. Un échange avec un professionnel de santé peut aider à identifier les causes et à trouver une réponse adaptée à la situation de chacun.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
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