
En Espagne, un pharmacien alerte sur le réflexe consistant à augmenter la dose d’ibuprofène face à un mal de tête ponctuel.
Mariano Giménez, pharmacien à Teruel, partage régulièrement des conseils auprès de sa clientèle et sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo relayée par Trendencias, un média espagnol en ligne, il évoque les différences entre les comprimés d’ibuprofène dosés à 400 et à 600 milligrammes.
Une pharmacie familiale installée à Teruel depuis 1863
La pharmacie de Mariano Giménez s’inscrit dans une longue histoire familiale. Elle a été fondée à Teruel, en Espagne, en 1863 par Mariano Giménez Ramos. L’établissement, présenté comme la plus ancienne pharmacie de la ville, a traversé 160 ans d’histoire, une guerre civile, deux épidémies de choléra et la pandémie de Covid-19.
Aujourd’hui, un autre Mariano Giménez poursuit l’activité. Il conseille les personnes qui viennent au comptoir, tout en publiant aussi des contenus destinés au grand public. L’un de ses derniers messages porte sur un produit très courant : l’ibuprofène.
Ce médicament appartient à la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens, aussi appelés AINS. Il peut soulager certaines douleurs et faire baisser la fièvre, mais son emploi n’est pas anodin. Le pharmacien insiste sur un point : une dose plus forte ne garantit pas un soulagement supérieur, notamment pour une douleur de tête isolée.
« L’ibuprofène de 600 et celui de 400 ont exactement le même effet au niveau antidouleur. Mais l’ibuprofène 600 double les effets indésirables, sur le plan gastro-intestinal, cardiaque et rénal », affirme Mariano Giménez.
Pour une douleur ponctuelle, l’effet recherché peut plafonner
Selon les explications rapportées par Trendencias, l’ibuprofène agit en bloquant des substances impliquées dans la douleur et l’inflammation. Pour un mal de tête aigu, les études citées dans l’article indiquent que 600 milligrammes ne procurent généralement pas une analgésie cliniquement supérieure à celle observée avec 400 milligrammes.
Le corps reçoit pourtant davantage de substance active : passer de 400 à 600 milligrammes représente une hausse de 50 % de la quantité prise. Or cette quantité supplémentaire ne cible pas seulement le mécanisme douloureux. Elle peut aussi interférer avec des fonctions utiles à l’organisme, telles que la protection de l’estomac, l’irrigation des reins ou la régulation de la pression artérielle.
Le message du pharmacien espagnol ne consiste pas à bannir tout dosage à 600 milligrammes. Il rappelle qu’un médecin peut le prescrire dans certaines situations inflammatoires. Son avertissement vise surtout l’automédication et l’idée selon laquelle davantage de médicament apporterait automatiquement davantage de soulagement.
- Un comprimé plus dosé ne produit pas forcément un effet antidouleur proportionnellement plus élevé.
- L’ibuprofène peut exposer à des effets indésirables digestifs, cardiovasculaires et rénaux.
- Un dosage prescrit par un médecin répond à une situation précise et ne doit pas être modifié de sa propre initiative.
- Une douleur qui dure, revient fréquemment ou devient intense mérite un avis médical.
Des formes qui peuvent agir plus vite
Mariano Giménez évoque aussi la question de la vitesse d’absorption. Pour une douleur récente, il estime préférable de ne pas attendre qu’elle s’installe pendant plusieurs jours ou qu’elle devienne très forte, car le médicament aurait alors moins d’effet selon lui.
Il cite notamment l’association entre l’ibuprofène et l’arginine. « L’arginine se lie à l’ibuprofène et est absorbée beaucoup plus rapidement dans l’intestin », explique-t-il. Il mentionne l’Espididol comme exemple de produit associant ces deux substances.
Les capsules molles peuvent aussi présenter un intérêt sur ce point. Le pharmacien explique que le comprimé n’a pas besoin de se désagréger de la même manière : la capsule se rompt après la prise, ce qui favorise une bonne absorption. Cela ne signifie pas qu’une formulation à absorption rapide convient à toutes les personnes ni à toutes les douleurs.
Une prise plus précoce ou une forme à absorption rapide ne remplace pas une consultation lorsque les maux de tête s’installent ou se répètent.
Ce qu’il faut savoir en France
En France, l’ibuprofène est également un anti-inflammatoire non stéroïdien. Les médicaments contenant cette substance sont disponibles sous différentes présentations et différents dosages. Les comprimés à 600 milligrammes relèvent de la prescription médicale.
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé recommande d’utiliser les AINS à la dose minimale efficace et pendant la durée la plus courte possible. Le pharmacien peut orienter une personne qui hésite entre plusieurs médicaments, qui suit déjà un traitement ou qui présente un problème de santé susceptible de modifier les précautions à prendre.
Les AINS ne conviennent pas à toutes les situations. Ils peuvent notamment poser problème en cas d’antécédent d’ulcère ou de saignement digestif, de maladie rénale, de certaines pathologies cardiovasculaires ou de grossesse. Ils ne doivent pas être associés entre eux. Une personne qui prend déjà un anti-inflammatoire ne doit donc pas en ajouter un autre sans avis professionnel.
Quand un mal de tête doit conduire à consulter
Le conseil de Mariano Giménez est clair : ne pas se contenter de traiter seul une douleur qui change de nature ou s’installe dans le temps. Il déclare : « Si le mal de tête dure plusieurs jours, se répète fréquemment ou est particulièrement intense, ne vous limitez pas à le traiter vous-même. Consultez un professionnel de santé. »
Un mal de tête inhabituel, brutal, très intense ou accompagné d’autres signes préoccupants justifie une évaluation médicale rapide. Une douleur persistante ne se règle pas forcément en augmentant les prises de paracétamol ou d’ibuprofène. Le médecin pourra rechercher la cause et proposer une prise en charge adaptée.
Enfin, l’usage répété d’antalgiques peut lui-même entretenir certains maux de tête. C’est l’une des raisons pour lesquelles un suivi médical ou pharmaceutique devient utile lorsque les comprimés ne restent plus une solution occasionnelle.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
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