
Aux Pays-Bas, une spécialiste invite à observer ses réactions, son histoire et ses relations pour mieux comprendre ce qui façonne chacun.
Publié le 2 juin 2026, cet article du média néerlandais consacré à la santé mentale donne la parole à Najla. Elle insiste sur une idée simple : mieux se connaître ne consiste pas à se juger, mais à repérer les expériences, les habitudes et les sensibilités qui influencent nos choix au quotidien.
Les signes qui peuvent inciter à se questionner
Il arrive que certaines personnes aient le sentiment que les mêmes difficultés se répètent sans cesse. Conflits dans les relations, pression au travail, impression de toujours tomber dans des situations inconfortables : ces répétitions peuvent pousser à s’interroger sur ses propres mécanismes.
Najla précise qu’il ne faut pas attribuer chaque épreuve à son caractère ou à son passé. La malchance existe. Pourtant, lorsqu’un scénario revient fréquemment, regarder sa manière de réagir peut apporter des pistes de compréhension.
La façon dont une personne vit le stress, les conflits ou les relations peut renseigner sur son tempérament et sur son histoire.
Selon elle, les prédispositions personnelles comptent. Certaines personnes sont naturellement plus sensibles au stress, à l’anxiété ou à la tristesse. Les expériences vécues jouent aussi un rôle. Une personne ayant connu plusieurs ruptures ou abandons peut, par exemple, se sentir plus vite menacée lorsqu’elle craint d’être laissée de côté.
Cette accumulation d’expériences agit comme un bagage émotionnel. Elle n’explique pas tout, mais elle peut éclairer l’intensité d’une réaction face à une situation qui semble, vue de l’extérieur, assez banale.
Comprendre ce qui freine la confiance
Mieux se connaître permet aussi d’identifier ses forces. Najla explique qu’une personne peut posséder une compétence, aimer une activité et ne pas oser la montrer. Ce blocage peut venir de messages reçus durant l’enfance, de comparaisons répétées ou d’expériences douloureuses.
Elle prend l’exemple d’une personne douée dans un sport, mais incapable de mettre son talent en avant. Dans certaines familles, la discrétion peut être valorisée au point de décourager toute fierté personnelle. Dans d’autres cas, un enfant a grandi à côté de frères et sœurs présentés comme plus performants. Une bonne note pouvait même être accueillie par une question : pourquoi ne pas avoir fait encore mieux ?
Le cadre familial n’est pas le seul facteur. Une personne ayant grandi dans un foyer sécurisant peut avoir été moquée ou harcelée à l’école. Replacer ces événements dans son parcours aide parfois à comprendre pourquoi il est difficile d’accepter un compliment, de prendre la parole ou d’assumer ses réussites.
Regarder son passé sans se condamner
Ce travail d’introspection peut être inconfortable. Najla rappelle que l’on peut remarquer chez soi des attitudes dont on n’est pas fier. On peut aussi réaliser que des proches, pourtant aimés et animés de bonnes intentions, ont commis des erreurs qui ont laissé des traces.
Comprendre les influences de son éducation et de son environnement ne revient pas à excuser tous les comportements.
La spécialiste invite à porter un regard plus doux sur soi-même. L’objectif n’est pas de nier ce qui a fait souffrir, ni de minimiser ses responsabilités. Il s’agit plutôt de comprendre les circonstances qui ont participé à construire une manière de penser, de se protéger ou d’entrer en relation.
Cette nuance peut éviter deux pièges : accuser systématiquement les autres de tous ses problèmes, ou se reprocher chaque difficulté. Les comportements se forment souvent à la croisée de l’éducation, du contexte social, des rencontres et des événements marquants.
Les questions utiles à se poser
Najla conseille de commencer par des questions concrètes. Elles n’exigent ni réponse immédiate ni certitude absolue. Elles peuvent être notées, reprises plusieurs jours plus tard et discutées avec une personne de confiance si cela semble utile.
- Dans quel environnement familial ai-je grandi ?
- Quelles valeurs ai-je reçues et lesquelles ai-je envie de garder ?
- Qu’aimerais-je faire autrement dans ma vie actuelle ?
- Quelles situations provoquent chez moi une réaction particulièrement forte ?
- Pourquoi la liberté, la justice, la loyauté ou la sécurité prennent-elles une telle place pour moi ?
- Quels souvenirs positifs ou difficiles peuvent éclairer ces réactions ?
Les déclencheurs émotionnels méritent une attention particulière. Une réaction vive face à une injustice, à une critique ou à un silence peut révéler une valeur très forte ou réveiller une expérience plus ancienne. Les repérer permet parfois de créer un temps d’arrêt avant de répondre sous le coup de l’émotion.
Trois exercices simples proposés par Najla
Pour rendre cette réflexion plus concrète, Najla propose trois outils. Ils ne demandent pas de matériel particulier, seulement un peu de temps et une certaine honnêteté envers soi-même.
Tracer une ligne de vie
Le premier exercice consiste à dessiner une ligne allant de sa naissance à aujourd’hui. À chaque période, il est possible d’inscrire les événements qui ont eu un impact, heureux ou douloureux : changement d’école, rencontre, séparation, réussite, déménagement ou perte d’un proche.
Le but n’est pas de dresser un inventaire parfait. Cette chronologie peut aider à distinguer les moments qui ont renforcé une confiance de ceux qui ont créé une peur, une habitude ou une fragilité.
Cartographier son histoire familiale
Le deuxième exercice consiste à établir un aperçu de sa famille. Qui compose le cercle familial ? Dans quel environnement les parents ont-ils grandi ? Quelles inquiétudes, règles ou manières de communiquer semblent se transmettre ?
Ce regard peut donner du contexte à certains fonctionnements familiaux. Najla évoque notamment le cas d’une peur présente chez plusieurs proches. Ce constat ne permet pas, à lui seul, d’expliquer le vécu d’une personne, mais il peut l’aider à comprendre pourquoi elle y est particulièrement sensible.
Faire le point sur ses relations
Le troisième exercice porte sur les liens actuels. Il s’agit de noter les personnes qui comptent et de se demander ce qu’elles apportent réellement : soutien, confiance, légèreté, pression, culpabilité ou épuisement.
Cette carte relationnelle peut révéler qu’un lien ancien ne fait plus vraiment de bien. Elle peut aussi mettre en lumière une relation que l’on aimerait entretenir davantage. L’ancienneté d’une relation ne garantit pas qu’elle corresponde encore aux besoins actuels.
Quelle démarche en France ?
En France, il n’existe pas de méthode administrative ou d’institution unique consacrée à la connaissance de soi. Cette démarche peut commencer seul, avec un carnet, ou s’inscrire dans un accompagnement par un professionnel de santé mentale lorsque les émotions deviennent difficiles à gérer.
Un médecin traitant peut être un premier interlocuteur pour évoquer une souffrance psychique, un stress persistant ou des difficultés relationnelles. Il peut orienter vers un professionnel adapté. Un psychologue ou un psychiatre n’a pas le même rôle : le premier accompagne notamment par des entretiens psychologiques, tandis que le second est un médecin spécialisé en psychiatrie.
Tenir une ligne de vie ou une carte des relations ne remplace pas un suivi quand une personne se sent en danger, subit des violences ou traverse une détresse intense. Ces exercices peuvent, en revanche, faciliter la mise en mots de ce qui se répète et de ce qui pèse.
Najla rappelle enfin que personne ne finit totalement d’apprendre à se connaître. L’intérêt de cette démarche n’est pas d’atteindre une version parfaite de soi-même, mais de mieux repérer ses besoins, ses limites et les chemins que l’on souhaite choisir.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
L’article Najla, spécialiste de la santé mentale : « Mieux se connaître, ce n’est pas se juger, c’est repérer ce qui nous façonne » est apparu en premier sur Keops-ingenierie.fr.