
Aux États-Unis, la psychologue Angela Duckworth avance que la réussite durable repose moins sur les capacités innées que sur l’endurance.
Dans l’extrait transmis, dont le média d’origine n’est pas identifié, Angela Duckworth explique sur le podcast de Mel Robbins pourquoi certaines personnes poursuivent leurs objectifs malgré les revers. Selon cette chercheuse américaine, la passion et la persévérance comptent autant que les aptitudes naturelles dans les parcours de réussite.
Deux qualités tournées vers le long terme
Pourquoi certaines personnes vont-elles au bout de leurs projets quand d’autres abandonnent dès les premières difficultés ? Talent, chance, éducation, environnement familial : ces éléments peuvent peser dans une trajectoire. Angela Duckworth estime pourtant qu’ils ne suffisent pas à expliquer la constance des personnes qui obtiennent des résultats sur la durée.
La psychologue met en avant une combinaison précise : garder un intérêt fort pour un objectif lointain et poursuivre ses efforts quand le parcours devient difficile. Elle appelle cette disposition la « ténacité », un terme qui rassemble l’attachement à un projet et la capacité à ne pas renoncer après un échec.
Pour Angela Duckworth, les personnes qui réussissent dans des domaines très différents partagent une même association : la passion pour des objectifs de long terme et la persévérance nécessaire pour les poursuivre.
La chercheuse a notamment étudié des profils variés, allant de cadets de l’académie militaire de West Point à des enfants participant à un concours d’orthographe. Dans chacun de ces contextes, elle observe que les résultats ne dépendent pas seulement du niveau initial. La faculté à continuer à travailler, à s’entraîner et à encaisser les moments de doute joue un rôle déterminant.
Rester fidèle à un objectif plutôt que se disperser
Angela Duckworth ne décrit pas une obstination aveugle. Son propos concerne plutôt la capacité à conserver une direction. Elle explique qu’il faut aimer un but assez longtemps pour accepter les efforts qu’il impose, sans passer sans cesse d’un projet à l’autre.
« Il s’agit de deux éléments : la passion pour des objectifs de long terme, comme aimer quelque chose et continuer à l’aimer », déclare-t-elle. Elle oppose cette continuité au fait de s’éparpiller, de changer régulièrement d’ambition ou de recommencer ailleurs dès qu’une activité réclame de la patience.
Cette vision peut s’appliquer à de nombreuses situations concrètes :
- réviser régulièrement une matière qui résiste ;
- apprendre un instrument malgré les progrès lents ;
- reprendre une activité physique après une interruption ;
- chercher un emploi après plusieurs réponses négatives ;
- faire avancer un projet professionnel sur plusieurs mois.
Dans ces cas, la progression est rarement linéaire. Un entraînement peut sembler inefficace pendant plusieurs semaines. Une candidature peut rester sans réponse. Un projet peut exiger des ajustements imprévus. La ténacité consiste alors à conserver l’objectif tout en adaptant les moyens employés.
Travailler ce que l’on ne sait pas encore faire
La persévérance ne se limite pas à répéter ce que l’on maîtrise déjà. Angela Duckworth insiste sur le fait de pratiquer ce que l’on ne sait pas encore faire. Cette nuance est centrale : l’effort utile se situe souvent là où l’on se sent maladroit, lent ou vulnérable.
« Une part de la persévérance consiste, lors des très mauvais jours, à se relever », affirme Angela Duckworth.
Elle évoque aussi le rôle de la résilience. Ce mot désigne la capacité à faire face à une difficulté, à un échec ou à une déception, puis à retrouver une possibilité d’action. Il ne signifie pas qu’une personne doit ignorer sa fatigue ou nier ses émotions. Il renvoie à la faculté de reprendre pied et de poursuivre un effort quand les circonstances le permettent.
Un adolescent qui répète chaque soir les mêmes gestes à la guitare, un sportif qui arrive tôt à l’entraînement ou une personne qui sollicite de nouveaux interlocuteurs après des refus illustrent cette logique. Aucun de ces exemples ne garantit un résultat. Ils montrent la place de la régularité dans l’acquisition d’une compétence.
Une aptitude qui peut se construire
Angela Duckworth précise que la ténacité n’est pas totalement indépendante des caractéristiques individuelles. « Je ne dis pas que les gènes ne jouent aucun rôle », souligne-t-elle. La psychologue ajoute que cette qualité dépend aussi de ce que l’on apprend, des personnes que l’on fréquente et des lieux que l’on fréquente.
Cette précision évite de présenter la réussite comme une simple affaire de volonté. Les conditions de vie, l’accès à l’éducation, le soutien de l’entourage et les occasions offertes à chacun peuvent influencer la possibilité de s’investir dans un projet. Pour autant, la chercheuse considère que certaines habitudes peuvent renforcer la persévérance.
Des repères simples pour installer une régularité
Une personne qui souhaite développer cette qualité peut commencer par clarifier ce qu’elle cherche à accomplir. Un objectif trop vague rend l’effort difficile à maintenir. À l’inverse, une direction claire aide à distinguer un obstacle ponctuel d’un véritable changement de projet.
Cette méthode ne transforme pas une difficulté en réussite immédiate. Elle peut, en revanche, empêcher qu’un revers isolé soit interprété comme une preuve d’incapacité. Dans les apprentissages longs, les progrès deviennent souvent visibles après une accumulation d’efforts modestes.
Quel regard en France sur la persévérance ?
En France, la psychologie et l’éducation s’intéressent aussi à la motivation, au sentiment d’efficacité personnelle et à la manière dont les élèves ou les adultes réagissent face aux erreurs. Ces notions ne recouvrent pas exactement l’approche d’Angela Duckworth, mais elles posent une question proche : comment maintenir un engagement face à une tâche difficile ?
Dans le cadre scolaire, l’erreur peut servir de point d’appui pour repérer une incompréhension et modifier sa stratégie de travail. Dans la vie professionnelle, un accompagnement par l’entourage, une formation ou un échange avec un conseiller peut également aider à transformer un refus ou une difficulté en étape de réajustement.
La leçon avancée par Angela Duckworth reste donc nuancée : le talent et l’intelligence ont leur place, mais ils ne remplacent pas la durée, l’entraînement et la capacité à revenir vers un objectif après une période de découragement. La passion fournit une direction ; la persévérance donne les moyens de continuer à avancer, même lorsque les résultats ne sont pas encore visibles.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
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