Psychologue en soins palliatifs : « Voici ce que les gens regrettent le plus à la fin de leur vie »

En Allemagne, une psychologue qui accompagne des personnes gravement malades décrit ce qui pèse le plus lorsque la vie touche à sa fin.

Dans un article publié le 10 juin 2026, le magazine allemand Brigitte rapporte le regard de Hanna Salm, psychologue en soins palliatifs dans le Brandebourg. Au contact quotidien de patients atteints de maladies incurables et de leurs proches, elle observe que les regrets exprimés ne portent pas d’abord sur la réussite professionnelle ou l’argent.

Les conflits non réglés, une douleur qui persiste

Hanna Salm exerce dans un établissement de santé situé à Bad Saarow, dans le Land de Brandebourg, en Allemagne. Son rôle consiste à accompagner psychologiquement les personnes en fin de vie, en grande partie des patients atteints de cancer, ainsi que leurs familles.

Son expérience l’a conduite à constater un point récurrent. Les personnes qu’elle rencontre ne regrettent pas d’avoir insuffisamment travaillé ni de ne pas avoir gagné davantage d’argent.

« Je n’ai jamais vécu le cas de quelqu’un qui aurait dit à la fin : “Si seulement j’avais plus travaillé et gagné plus d’argent.” »

Ce qui revient le plus souvent, selon la psychologue, concerne les liens abîmés. Une dispute ancienne, une séparation familiale, une relation interrompue avec une sœur, un parent ou un ami proche peuvent prendre une place considérable après l’annonce d’un diagnostic grave.

« Lorsqu’il y a eu une rupture de contact, par exemple avec une sœur ou une autre personne autrefois proche et de confiance, beaucoup de malades ressentent, après le diagnostic, le désir de parler encore une fois avec cette personne et, dans le meilleur des cas, d’arranger les choses », explique Hanna Salm.

Ce désir ne signifie pas que chaque conflit peut ou doit être résolu. Certaines relations ont été rompues pour des raisons graves et légitimes. La psychologue met plutôt en lumière le poids émotionnel des paroles restées en suspens, des excuses jamais formulées et des attachements que l’on a laissé s’éloigner sans réellement le vouloir.

La place singulière des relations proches

Les choix de vie sont nombreux et parfois éprouvants. Changer de métier, déménager, fonder une famille, vivre seul ou en couple : aucune trajectoire unique ne garantit une vie heureuse. Hanna Salm invite à ne pas juger trop durement les décisions prises avec les informations et les moyens dont chacun disposait à ce moment-là.

Beaucoup de décisions peuvent être corrigées, adaptées ou compensées avec le temps. Une orientation professionnelle peut évoluer. Un projet peut être abandonné puis repris sous une autre forme. Une erreur peut aussi devenir une expérience utile.

Les relations affectives et sociales semblent répondre à une autre logique. Lorsqu’une personne chère disparaît de la vie quotidienne, le temps ne répare pas toujours la distance. La maladie peut alors rendre cette absence beaucoup plus sensible.

  • prendre des nouvelles d’une personne qui compte réellement ;
  • exprimer sa gratitude sans attendre une occasion particulière ;
  • dire ce qui a blessé avant que le silence ne s’installe ;
  • respecter aussi les limites nécessaires dans les relations douloureuses ;
  • préserver des moments partagés malgré un rythme professionnel chargé.

Ces gestes ne constituent pas une recette pour éviter tout regret. Ils peuvent, selon la réflexion rapportée par Brigitte, aider à ne pas reléguer systématiquement les liens intimes au second plan.

Le regret n’est pas toujours un appel à la réconciliation

Une reprise de contact ne convient pas à toutes les situations. Dans un contexte de violences, d’emprise ou de danger, la protection de la personne concernée doit rester prioritaire. Le besoin d’apaisement peut parfois passer par une lettre non envoyée, une discussion avec un proche ou un accompagnement psychologique, sans rétablir une relation qui serait destructrice.

Hanna Salm parle d’un désir fréquemment observé chez certains patients, et non d’une obligation. Chaque histoire familiale possède ses blessures, ses ruptures et ses limites. L’idée centrale reste la place accordée aux personnes qui comptent vraiment dans une vie.

Quel accompagnement en France en fin de vie ?

En France, les soins palliatifs visent à soulager la douleur et les autres symptômes liés à une maladie grave, tout en prenant en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle. Ils ne se limitent pas aux derniers jours de vie. Ils peuvent être proposés parallèlement aux traitements lorsque la situation le justifie.

Les équipes réunissent habituellement plusieurs professionnels : médecins, infirmiers, aides-soignants, psychologues, assistants sociaux et, selon les besoins, kinésithérapeutes ou bénévoles d’accompagnement. Cette organisation permet de soutenir aussi les proches, souvent très sollicités par la maladie.

Les soins palliatifs ne concernent pas seulement les symptômes physiques : ils accordent aussi une place aux peurs, aux relations familiales et aux décisions qui comptent pour le patient.

La législation française reconnaît le droit de toute personne malade à accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement. Une personne majeure peut également rédiger des directives anticipées afin d’indiquer ses souhaits concernant sa fin de vie, dans l’éventualité où elle ne serait plus en mesure de les exprimer. Elles peuvent être modifiées ou annulées à tout moment.

Elle peut aussi désigner une personne de confiance. Celle-ci sera consultée par l’équipe médicale si le patient ne peut plus faire connaître sa volonté. Il peut s’agir d’un proche, d’un membre de la famille ou du médecin traitant, à condition que cette personne accepte cette mission.

Parler avant l’urgence médicale

Les échanges sur la maladie, la mort ou les souhaits de fin de vie restent difficiles dans de nombreuses familles. Pourtant, aborder ces sujets avant une hospitalisation ou une aggravation brutale peut éviter que les proches aient à deviner seuls les préférences du patient.

Une conversation peut porter sur des questions très concrètes : qui prévenir en cas de problème, qui souhaite-t-on voir, quels soins redoute-t-on, où aimerait-on être accompagné ? Elle peut aussi laisser place à des sujets moins pratiques, comme une gratitude à exprimer ou une relation à apaiser.

Le travail d’un psychologue en soins palliatifs ne consiste pas à imposer une sérénité de façade. Il offre un espace où le patient peut parler de ses inquiétudes, de sa colère, de ses regrets ou de ses proches. Les membres de la famille peuvent eux aussi demander un soutien auprès de l’équipe qui accompagne la personne malade.

Le témoignage de Hanna Salm rappelle ainsi que les relations humaines ne se mesurent ni à un salaire ni à un statut. Pour certaines personnes confrontées à la fin de leur vie, un appel, une explication ou une présence prennent une valeur que les urgences du quotidien avaient fait oublier.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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