Six mois de cavale pour Samba, le capybara évadé d’un zoo : « J’ai juste vu ce derrière brun et poilu disparaître »

Au Royaume-Uni, Samba échappe toujours aux équipes du zoo de Marwell, six mois après sa fuite vers les zones humides du Hampshire.

Le récit, rapporté par le quotidien britannique The Guardian, suit la longue traque d’un capybara évadé près de Winchester. Malgré les drones, les pièges photographiques et les recherches sur le terrain, l’animal reste insaisissable dans les environs de la rivière Itchen.

Une évasion dès l’arrivée au zoo

Samba et sa sœur aînée Tango sont arrivées au zoo de Marwell, dans le sud de l’Angleterre, le 16 mars. Nées durant l’été 2025 dans un parc animalier du Suffolk, elles avaient été installées dans un espace de quarantaine, une procédure habituelle pour de nouveaux animaux.

Le lendemain matin, les contrôles vétérinaires ne révèlent rien d’anormal. L’après-midi, les deux capybaras ont disparu. Les soigneurs ne constatent ni galerie creusée ni clôture rongée. Darren Ives, soigneur expérimenté à Marwell, affirme que l’hypothèse retenue est celle d’un très petit espace sous un portail.

« Nous pensons qu’elles se sont vraiment faufilées sous un minuscule espace sous une porte », explique Laura Read, directrice générale de Marwell Wildlife.

Le zoo déclenche alors son protocole de recherche. Les équipes inspectent le parc, préviennent les autorités compétentes et mobilisent un appui aérien. Le zoo travaille notamment avec l’université de Southampton sur des projets de suivi des populations animales, ce qui a permis de solliciter des drones.

Dans la soirée, deux corps chauds sont repérés dans un amas de végétaux destiné au compostage. Tango finit par sortir et les soigneurs la récupèrent au filet le lendemain. Samba, elle, ne se montre plus.

La rivière Itchen, un refuge idéal

Peu après sa fuite, Samba est signalée près d’un pub d’Owslebury, à près de trois kilomètres du zoo. Les recherches se déplacent rapidement vers les propriétés voisines et les terrains agricoles. Les équipes redoutent surtout la circulation automobile.

Laura Read estime que le capybara a naturellement cherché l’eau. Cette espèce, originaire d’une grande partie de l’Amérique du Sud, nage très bien. La rivière Itchen, ses berges boisées et ses marais offrent donc à Samba un environnement favorable pour se dissimuler.

Cinq jours après l’évasion, une promeneuse aperçoit un capybara prenant le soleil sur une rive à Twyford. Son chien, Growler, poursuit l’animal, qui plonge dans l’eau. Les images de cette scène arrivent jusqu’au zoo.

« J’ai juste vu ce derrière brun et poilu disparaître dans la rivière », raconte Laura Read après une recherche menée près de l’Itchen.

Les soigneurs enfilent alors des cuissardes, utilisent des planches à pagaie et inspectent les berges. Ils trouvent d’autres animaux, dont des cerfs, des chouettes effraies et un faisan, sans parvenir à revoir Samba.

Une cavale rendue possible par ses aptitudes

Un capybara peut sembler facile à identifier avec sa silhouette ronde et son pelage brun. Dans un paysage rural dense, la réalité est bien différente. Samba ressemble parfois, de loin, à un muntjac, un petit cerf présent au Royaume-Uni. Les signalements se multiplient donc, avec des erreurs parfois surprenantes.

Laura Read raconte qu’un habitant était persuadé que Samba se trouvait dans son jardin. Les équipes se sont déplacées : il s’agissait d’un hérisson. D’autres appels venaient de très loin, y compris des environs de Stonehenge, à environ 64 kilomètres.

  • Le capybara est rapide sur de courtes distances.
  • Ses doigts partiellement palmés facilitent ses déplacements dans l’eau.
  • Il peut rester sous l’eau jusqu’à cinq minutes.
  • Il sait n’exposer à la surface que ses yeux, ses oreilles et son nez.
  • Il se cache efficacement dans les herbes hautes et les sous-bois.

Darren Ives rappelle aussi que l’animal possède une dentition puissante. Une morsure peut être grave si une personne s’en approche de trop près. Le soigneur juge toutefois qu’une rencontre directe reste peu probable : Samba entendrait, sentirait ou verrait un humain avant d’être repérée et chercherait avant tout à fuir.

Les drones et les pièges photographiques au cœur des recherches

Le zoo a reçu le renfort de Glenn Moores, spécialiste des relevés animaliers par drone. Ses caméras thermiques détectent la chaleur corporelle et permettent de balayer de vastes zones sans multiplier les personnes au sol. Cette technique peut aussi éviter des recherches inutiles dans des secteurs où l’animal ne se trouve pas.

Le spécialiste a consacré, selon ses estimations, l’équivalent de plusieurs semaines de soirées à la recherche de Samba. Il souligne qu’il est une chose de compter des cervidés dans un espace donné, et une autre de retrouver un seul individu dans tout un paysage.

En août, un piège photographique installé pour surveiller des braconniers livre enfin un indice sérieux : une silhouette évoquant un gros rongeur. Le zoo installe ses propres appareils. Une semaine plus tard, les clichés confirment que Samba est vivante.

Sur les images, l’animal apparaît « gros et en bonne santé », selon Laura Read. Samba se trouvait alors à plusieurs kilomètres de Marwell.

Les soigneurs privilégient désormais une stratégie discrète. Ils déposent de la nourriture, comme de la patate douce et du melon miel, et installent davantage de caméras. De la litière utilisée par Tango et Ripple, le nouveau compagnon de cette dernière, a aussi été placée dans le secteur afin que Samba puisse reconnaître leur odeur.

Quelle situation en France pour un capybara échappé ?

En France, le capybara est classé parmi les animaux non domestiques. Sa détention relève d’un cadre réglementé et dépend notamment de l’espèce, du nombre d’animaux détenus et des conditions d’élevage ou de présentation au public. Les parcs zoologiques doivent notamment organiser la sécurité de leurs installations et la prise en charge des animaux.

Lorsqu’un animal non domestique s’échappe, les autorités locales et les services compétents peuvent être mobilisés selon les circonstances. Pour le public, le bon réflexe consiste à garder ses distances, à ne pas tenter de nourrir ni de capturer l’animal, puis à signaler l’observation au site concerné ou aux autorités locales.

Un signalement utile repose sur des éléments simples : une photographie prise sans s’approcher, l’heure précise, le lieu et la direction suivie par l’animal. Dans le cas de Samba, le zoo demande justement aux témoins de transmettre une image et une localisation exacte plutôt que de lancer eux-mêmes une poursuite.

Le retour attendu auprès de Tango

À Marwell, Tango a depuis été rejointe par Ripple, un mâle de sept ans venu d’un zoo de Blackpool. Les capybaras sont des animaux sociaux, habitués à vivre en groupes. Ripple et Tango partagent aujourd’hui un habitat humide avec des sitatungas, des antilopes adaptées aux marais.

Le retour de Samba ne signifierait pas une remise en contact immédiate avec sa sœur. Après six mois seule dans la nature, elle devrait faire l’objet d’une réintroduction progressive. Darren Ives estime que Samba est désormais devenue, dans une certaine mesure, « un animal sauvage ».

Les mois froids inquiètent les équipes. La baisse de la végétation pourrait rendre Samba plus visible, mais un épisode de froid marqué constituerait un risque pour un animal originaire de régions chaudes et humides. La pluie et le vent ne suscitent pas la même inquiétude, à condition qu’elle puisse trouver un abri et rester près de l’eau.

Pour l’heure, les dernières images apportent un motif d’espoir : Samba semble se nourrir et se déplacer dans une zone qui lui convient. Les équipes du zoo veulent éviter toute agitation inutile autour de son refuge. Leur objectif reste de la ramener, sans la pousser plus loin dans la campagne du Hampshire.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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