Un bar de plage servait les cocktails sur cette table depuis des années : c’était en réalité un sarcophage romain de 1 700 ans

En Bulgarie, un objet ancien installé au bord de la mer a longtemps fait partie du décor d’un établissement fréquenté par les vacanciers.

À Varna, sur la côte bulgare de la mer Noire, une enquête a été ouverte après l’identification d’un vestige romain dans un bar de plage. Publié le 19 août 2024, l’article d’Infobae, média d’information en ligne, rapporte qu’un ancien policier en vacances a signalé l’objet aux autorités.

Un signalement inattendu dans un bar de Varna

L’histoire commence sur la plage de Radjana, dans la station balnéaire de Saints-Constantin-et-Hélène, près de Varna. Un ancien agent des forces de l’ordre, alors en vacances, remarque ce qui ressemble à un très vieux cercueil en pierre au sein du bar Radjana Beach.

Il alerte les autorités bulgares. Le ministère bulgare de l’Intérieur confirme la découverte dans un communiqué publié le 24 juillet. Des archéologues se rendent alors sur place et identifient rapidement l’objet : il s’agit d’un sarcophage romain vieux d’environ 1 700 ans.

Le bloc de pierre avait été utilisé comme table dans un établissement de plage, au milieu des clients et des boissons servies sur la terrasse.

Les photographies diffusées après la découverte montrent un monument décoré de guirlandes, de fleurs, de grappes de raisin et de plusieurs têtes d’animaux à cornes. Son couvercle d’origine n’était plus en place. Une surface différente, sans rapport visuel avec la pierre sculptée, avait été posée au-dessus afin de former un plateau.

Une table visible depuis plusieurs années

Le caractère ancien de l’installation ne fait guère de doute. Des images issues de Google Maps, datées de mai 2022, montrent plusieurs personnes assises autour d’une table qui correspond au sarcophage. D’autres vues remontant à 2021 et 2020 font apparaître la même structure sur la plage.

Une vidéo promotionnelle publiée en 2020 sur YouTube montrait également l’objet utilisé comme mobilier par le bar. Le sarcophage aurait donc rempli cette fonction pendant près de quatre ans avant son signalement aux autorités.

  • Le sarcophage mesure environ 2,4 mètres de long.
  • Sa largeur est estimée à 90 centimètres.
  • Il atteint environ 76 centimètres de haut.
  • Il est fabriqué en calcaire coquillier.

Le ministère bulgare de l’Intérieur précise que ce matériau est caractéristique du nord-ouest de la Bulgarie. Ce détail nourrit une hypothèse : l’objet n’aurait peut-être pas été trouvé à Varna même.

Une origine encore inconnue

Des archéologues interrogés par le média bulgare Dnevnik ont souligné que le style du sarcophage ne correspondait pas aux productions habituellement associées à Varna. Il pourrait donc avoir été transporté depuis une autre région du pays, à une date qui reste à établir.

Alexander Minchev, archéologue cité par la Télévision nationale bulgare via The Sofia Globe, a rappelé le statut légal de tels biens : Chaque objet ayant une valeur archéologique, quel que soit l’endroit, le moment ou la personne qui l’a trouvé, appartient à l’État.

Les archéologues ont aussi indiqué à Dnevnik et à Dunav Most que le sarcophage était authentique, même s’il avait été repeint à un moment non précisé. La peinture et l’ajout d’un plateau ont pu contribuer à masquer sa nature auprès des visiteurs et des clients du bar.

Une enquête confiée aux autorités bulgares

Le sarcophage a été retiré de la plage puis transféré au Musée archéologique de Varna. Les autorités ont saisi le parquet et engagé des vérifications préliminaires. À ce stade, elles n’ont pas précisé les éventuelles infractions examinées, ni désigné de personne mise en cause.

La question centrale demeure : comment un monument funéraire romain a-t-il pu se retrouver dans un bar de plage et y rester exposé durant plusieurs années ?

Selon les archéologues cités dans l’article, la personne qui met au jour un objet présentant un intérêt archéologique doit le remettre au musée le plus proche. Ils estiment que la police, et éventuellement le parquet, doivent retracer le parcours du sarcophage jusqu’à la plage de Radjana.

Le bar Radjana Beach n’avait pas répondu à la sollicitation de McClatchy News le 13 août. L’entreprise propriétaire de l’établissement a aussi refusé de commenter l’affaire auprès de Dnevnik, selon les informations rapportées.

En France, des vestiges protégés dès leur mise au jour

En France, les découvertes archéologiques fortuites sont encadrées par le code du patrimoine. Une personne qui met au jour un vestige susceptible d’intéresser l’archéologie doit le déclarer sans délai au maire de la commune, qui transmet l’information à l’autorité administrative compétente.

Les services régionaux de l’archéologie, rattachés aux directions régionales des affaires culturelles, jouent un rôle majeur dans l’évaluation et la protection des découvertes. L’État peut prendre des mesures destinées à préserver le site, à organiser des recherches ou à protéger l’objet concerné.

Un sarcophage est un cercueil, généralement en pierre, destiné à accueillir une dépouille. Dans l’Empire romain, ces monuments pouvaient être sobres ou richement ornés. Les décors végétaux, animaux ou mythologiques renseignent les spécialistes sur les usages funéraires, les ateliers de fabrication et les influences artistiques d’une époque.

Le transfert du monument au Musée archéologique de Varna doit désormais permettre son étude dans de meilleures conditions. Les spécialistes pourront examiner la pierre, les traces de peinture, les motifs sculptés et les transformations apportées lorsqu’il servait de table. Ces éléments pourraient aider à retracer son origine et son parcours avant son arrivée sur le littoral bulgare.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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