
Dans les Andes argentines, des formes circulaires repérées sur des images satellites intriguent les archéologues et restent entourées de nombreuses incertitudes.
Le site, situé à haute altitude dans la province de Mendoza ou près de sa limite avec celle de San Juan, n’a pas encore fait l’objet d’une étude scientifique complète. Le média technologique Xataka rapporte que des chercheurs préparent désormais une campagne de terrain afin de comprendre l’origine, la fonction et la période de réalisation de cet ensemble géométrique.
Des cercles reliés par des passages
Les images consultées sur Google Earth font apparaître un motif inhabituel au cœur de la cordillère des Andes. Plusieurs structures circulaires, dont le diamètre varierait entre 27 et 35 mètres, semblent reliées entre elles par des passages.
Cette organisation a conduit l’équipe chargée du dossier à envisager l’hypothèse d’un espace cérémoniel andin. Le lieu pourrait remonter à la période incaïque, sans qu’aucune preuve ne permette encore de l’affirmer. Les responsables du projet appellent donc à la prudence : la forme visible aujourd’hui peut avoir été modifiée par l’érosion, les déplacements de matériaux ou des occupations successives.
Les images satellites signalent une anomalie archéologique potentielle, pas encore un site daté ni une fonction établie.
Le relief et l’isolement compliquent toute vérification immédiate. Le site se trouverait à environ 3 000 mètres d’altitude. Son accès demanderait entre trois et quatre jours de marche ou de progression sur le terrain, selon les informations disponibles.
Un secteur lié aux anciennes routes andines
Les chercheurs rapprochent ce nouvel indice du tambo de Ranchillos, dans la vallée d’Uspallata. Un tambo désigne une halte aménagée sur les voies de circulation de l’empire inca. Celui de Ranchillos est déjà connu pour son rôle dans les déplacements vers le Chili.
Cette proximité nourrit l’idée que les structures circulaires pourraient avoir été intégrées à un réseau de circulation, de ravitaillement ou de rassemblement. Rien ne permet encore de déterminer si elles avaient un usage rituel, administratif, pastoral ou plusieurs fonctions au fil des siècles.
Le contexte régional invite à éviter les comparaisons trop rapides avec les lignes de Nazca, au Pérou. Les géoglyphes andins ne servent pas tous à former de vastes figures visibles depuis le ciel. Dans le désert d’Atacama, les travaux menés par l’archéologue Luis Briones ont notamment associé de nombreux tracés à la circulation préhispanique de caravanes de lamas.
- Ils pouvaient jalonner des itinéraires de déplacement.
- Ils pouvaient marquer des territoires ou des zones de passage.
- Ils pouvaient aussi avoir une dimension sociale, symbolique ou cérémonielle.
Dans le cas du site argentin, l’enjeu consistera donc à replacer les formes repérées dans leur environnement immédiat : chemins anciens, points d’eau, abris, vestiges de constructions et axes franchissant la montagne.
Des drones et des analyses du sol attendus
La prochaine étape ne se limitera pas à l’observation des images satellites. Une équipe pluridisciplinaire, avec la participation de l’Institut universitaire de recherche en archéologie ibérique de l’université de Jaén, prévoit de cartographier les structures par drone.
Ces relevés doivent fournir une représentation très détaillée du terrain. Ils aideront à distinguer les aménagements construits par l’être humain de simples formes naturelles. Les archéologues envisagent aussi d’étudier la composition des sols, à la recherche d’anomalies chimiques liées à une présence humaine ancienne.
Des prélèvements de sédiments et de restes végétaux microscopiques pourraient compléter cette enquête. Ces éléments peuvent parfois renseigner sur les activités pratiquées sur un lieu, sans que les chercheurs aient besoin de creuser largement le terrain.
Une localisation tenue secrète
Les responsables de l’étude ne communiquent pas l’emplacement précis du géoglyphe. Cette discrétion vise à limiter les risques de vandalisme, de pillage ou de dégradations avant la mise en place d’une protection adaptée.
Cette réserve explique aussi les informations contradictoires circulant sur sa position exacte. Plusieurs éléments le placent en territoire mendocin, tandis que d’autres sources évoquent une zone proche de la frontière avec la province de San Juan.
Le secret autour des coordonnées constitue une mesure de protection, tant que l’évaluation archéologique n’est pas terminée.
La situation en France face aux vestiges repérés depuis le ciel
En France, les images aériennes et satellitaires jouent aussi un rôle dans l’identification de vestiges. Des différences de couleur dans les cultures, des traces de fossés comblés ou des formes géométriques dans les sols peuvent révéler des occupations anciennes invisibles au niveau du sol.
Une image ne suffit pas à dater ni à interpréter un site. Les archéologues confrontent ces indices aux archives, aux cartes anciennes, aux observations de terrain et, lorsque cela se justifie, à des sondages. Les services régionaux de l’archéologie, placés sous l’autorité des directions régionales des affaires culturelles, participent à la protection du patrimoine archéologique sur le territoire français.
Le recours aux outils numériques a donc changé la manière de repérer des traces anciennes. Il ne remplace pas le travail de terrain. Il permet surtout de cibler des zones difficiles d’accès et de préparer les recherches avec davantage de précision.
Google Earth, un outil devenu utile aux archéologues
Google Earth donne accès à des vues satellitaires d’une grande partie du globe. Pour les archéologues, ces images peuvent faire ressortir des alignements, des enceintes, des terrasses ou des chemins anciens. Les zones montagneuses et désertiques, peu urbanisées et parfois rarement parcourues, se prêtent particulièrement à ce type de recherche.
La méthode a déjà produit des résultats marquants. En 2011, une équipe de recherche avait recensé près de 2 000 structures archéologiques en Arabie saoudite grâce à l’examen d’images satellites. Chaque repérage exige ensuite une vérification : certaines formes peuvent relever de phénomènes géologiques, de pistes récentes ou de transformations agricoles.
Le géoglyphe repéré dans les Andes devra suivre ce même parcours scientifique. Les relevés, les prélèvements et l’étude du paysage permettront peut-être de déterminer qui a dessiné ces formes, à quelle époque et pour quel usage. Avant ces analyses, le mystère demeure entier.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
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