
En Espagne, un hameau abandonné proche du Portugal est proposé sans prix d’achat, mais son avenir suppose un investissement colossal.
À Cortegada, dans la province d’Ourense, au nord-ouest de l’Espagne, le hameau d’A Barca cherche un repreneur. Le site d’information espagnol Voz Populi rapporte que les candidats ne pourront pas se contenter de récupérer douze maisons : ils devront redonner vie à l’ensemble du site à travers un projet touristique.
Douze maisons et plus de 15 000 m² pour zéro euro
Sur le papier, l’offre peut faire rêver. A Barca comprend douze habitations et plus de 15 000 m² de terrain. Le hameau est proposé pour zéro euro, dans l’objectif de sortir ce lieu abandonné de l’oubli.
Cette formule s’inscrit dans une logique déjà observée dans plusieurs territoires ruraux : attirer de nouveaux habitants, des entrepreneurs ou des porteurs de projets dans des communes touchées par le dépeuplement. Des logements peuvent alors être proposés à très bas prix, voire gratuitement, afin d’éviter la disparition progressive de villages désertés.
Dans le cas d’A Barca, l’ambition va bien au-delà de l’installation de quelques familles. Le projet vise la restauration et la revitalisation complète du hameau. Les futurs occupants devraient y développer une activité capable d’attirer des visiteurs dans cette zone de Galice.
Le transfert du site est envisagé en vue de sa restauration et de sa revitalisation, avec la création attendue d’un complexe touristique.
Les bâtiments ne représenteraient donc qu’une partie du chantier. Le projet devrait aussi intégrer des loisirs et de la restauration. Une telle opération impose de penser à l’accueil des visiteurs, à l’entretien des espaces extérieurs et à l’accès au hameau.
Une concession plutôt qu’une acquisition définitive
C’est le point qui freine les acheteurs potentiels. L’opération ne prendrait pas la forme d’une vente classique, mais d’une concession. Autrement dit, le repreneur disposerait du lieu pour mener son projet, sans nécessairement en devenir propriétaire de façon définitive.
La durée de cette mise à disposition n’est pas précisée dans l’offre évoquée. Voz Populi indique qu’en 2024, une durée de cinquante ans avait été mentionnée. Cette perspective peut sembler longue pour exploiter un établissement touristique, mais elle change profondément la logique financière de l’opération.
Un investisseur appelé à engager des sommes considérables doit mesurer le temps dont il disposera pour rentabiliser les travaux. Or, à l’issue d’une concession, les conditions de poursuite du projet dépendent du cadre fixé au départ.
Des travaux estimés entre deux et trois millions d’euros
La gratuité annoncée masque donc une charge financière très lourde. Une étude rendue publique en 2024 avait estimé le coût des travaux entre deux et trois millions d’euros, selon la mairie.
Cette enveloppe ne concerne pas seulement la rénovation des douze maisons. Le site nécessite aussi une remise en état des rues et des voies d’accès. Dans un village abandonné, les infrastructures comptent autant que les bâtiments : sans accès praticable et sans espaces communs entretenus, l’ouverture d’une activité touristique devient difficile.
- Rénover les douze habitations du hameau ;
- Remettre en état les rues et les accès ;
- Créer une offre de loisirs et de restauration ;
- Attirer une clientèle capable de faire vivre le site ;
- Porter le risque financier malgré l’absence de propriété pleine et définitive.
Le profil recherché semble donc davantage correspondre à un investisseur ou à un entrepreneur déjà habitué aux projets de réhabilitation touristique. Pour une famille souhaitant simplement acheter une résidence secondaire à faible coût, l’équation apparaît beaucoup moins favorable.
Un hameau marqué par l’histoire du fleuve Miño
A Barca ne manque pas d’atouts paysagers et historiques. Fondé au XVe siècle, le hameau se trouve près du fleuve Miño, non loin de la frontière portugaise. Sa situation lui avait permis de jouer un rôle de passage entre les deux rives du cours d’eau.
Son destin a changé au fil du XXe siècle. La construction d’un pont à proximité, dans les années 1920, a modifié les habitudes de circulation. Les habitants se sont alors tournés vers la culture de la vigne.
Dans les années 1950, la mise en service d’un barrage a entraîné l’inondation d’une partie des terres cultivées. Les derniers habitants ont fini par quitter les lieux. Aujourd’hui, le village abandonné attire surtout les curieux.
Le coût réel du projet ne se limite pas aux murs : il repose aussi sur la capacité à transformer un hameau déserté en destination touristique durable.
Quelle différence avec la France ?
En France, la reprise d’un bâtiment ou d’un ensemble immobilier appartenant à une commune dépend du statut du bien et des décisions de la collectivité. Une mairie ne peut pas céder librement n’importe quel bien public : certaines règles encadrent la gestion du patrimoine communal et la cession d’un bien immobilier.
Une commune peut chercher à revitaliser un centre-bourg ou un secteur rural délaissé, notamment en soutenant la rénovation de logements ou l’installation d’activités. Chaque opération repose toutefois sur des conditions locales : propriété des terrains, urbanisme, accès, réseaux, état du bâti et montage juridique.
Pour un porteur de projet français, l’exemple d’A Barca rappelle un point concret : un prix d’entrée très faible ne donne aucune indication sur le budget final. Avant toute reprise, il faut distinguer la propriété du bien, le droit de l’occuper, les travaux attendus et les obligations liées à l’activité envisagée.
Un projet touristique à bâtir de toutes pièces
La restauration d’un hameau ancien pose aussi la question de son identité. Transformer A Barca en complexe touristique suppose de préserver ce qui fait son intérêt : son implantation près du Miño, son histoire frontalière et son lien avec la vigne.
Le défi consiste à créer une activité économique sans effacer le caractère du lieu. C’est cette combinaison, bien plus que l’affichage d’un prix de zéro euro, qui déterminera si le village retrouve un jour des habitants et une véritable vie quotidienne.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.
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