Une psychologue l’affirme : voici les signes qui montrent qu’il est temps de mettre fin à une amitié

En Espagne, une psychologue tire la sonnette d’alarme : certaines amitiés cessent d’être un soutien et deviennent une source de malaise.

Interrogée par le média espagnol El País, la psychologue Cristina Polo Sevilla, spécialiste de la santé mentale au sein de la plateforme yees!, décrit précisément les signaux qui indiquent qu’un lien amical ne nous fait plus de bien. Elle rappelle que l’on accepte assez facilement la fin d’une histoire d’amour, alors qu’une rupture amicale reste souvent taboue, voire impensable, alors même que les personnes, leurs priorités et leurs besoins changent avec le temps.

Une amitié n’a pas besoin de durer toujours pour être importante

Pour Cristina Polo Sevilla, le premier mythe à déconstruire concerne la durée des relations amicales. Dans El País, elle insiste sur le fait que l’on accorde souvent un statut particulier aux amis de toujours, ceux que l’on connaît depuis l’école ou l’université.

La psychologue rappelle qu’une amitié courte peut être tout aussi marquante qu’un lien noué sur vingt ans, dès lors qu’elle a compté à un moment de la vie.

Elle explique ainsi que la valeur d’une amitié ne se mesure pas à son « parcours longitudinal », mais à ce qu’elle apporte réellement, à une période donnée. Les relations évoluent, traversent des phases, parfois heurtées, et certains évènements de vie, personnels ou professionnels, peuvent transformer en profondeur la manière dont deux personnes se perçoivent et se soutiennent.

Selon elle, toutes les relations, longues ou récentes, passent inévitablement par des étapes différentes. Un déménagement, une parentalité, un changement de travail, une séparation ou un problème de santé peuvent modifier le caractère d’un lien. Ce qui fonctionnait hier n’est pas toujours tenable aujourd’hui.

Les signaux d’alerte qui indiquent que l’amitié ne va plus bien

Face à une relation qui semble moins fluide, la psychologue recommande de prendre un temps de recul. L’idée est de se demander honnêtement ce que l’on ressent en présence de cette personne, ou simplement en pensant à elle.

Quand le refuge devient une source de mal-être

Le signe le plus clair, selon Cristina Polo Sevilla, apparaît lorsque ce qui était autrefois un espace de confiance et de plaisir se transforme en lieu de tension et de fatigue émotionnelle. Le lien, autrefois protecteur, devient pesant.

  • On se sent jugé ou incompris.
  • On ressort régulièrement des échanges avec un sentiment de malaise.
  • On a l’impression de marcher sur des œufs.
  • La relation semble déséquilibrée, toujours à sens unique.

Elle attire aussi l’attention sur la lassitude ressentie lorsqu’on se retrouve systématiquement à l’initiative du contact. Être toujours celui ou celle qui envoie des messages, propose des sorties ou essaie de maintenir le lien peut finir par épuiser.

Quand la relation devient synonyme de déséquilibre, de fatigue ou de tension durable, la psychologue invite à se demander si ce lien nous fait encore du bien.

Selon elle, la clé consiste à distinguer une crise ponctuelle, que l’on peut traverser ensemble, d’un changement profond et continu dans la manière dont la relation fonctionne. Elle recommande de se demander si ce malaise est lié à un épisode précis ou s’il s’agit d’un état installé, qui commence réellement à faire souffrir.

Manipulation, utilisation : les cas où il faut s’éloigner vite

Dans certains contextes, la prudence laisse place à la nécessité de se protéger rapidement. Cristina Polo Sevilla évoque les dynamiques marquées par la manipulation ou l’exploitation d’une personne par une autre.

Lorsqu’un ami profite systématiquement, rabaisse, culpabilise, exige sans jamais donner, utilise des confidences contre vous ou vous isole des autres, la psychologue recommande de mettre de la distance sans attendre. Ce type de schéma, proche de la toxicité relationnelle, justifie une coupure rapide, pour préserver son équilibre psychique.

Faut-il « ghoster » un ami ou privilégier la discussion ?

Pour les situations qui ne relèvent pas d’un schéma d’abus manifeste, Cristina Polo Sevilla prend clairement position contre le « ghosting » entre amis, c’est-à-dire la disparition soudaine sans explication. Elle défend l’idée d’une conversation ouverte, honnête et respectueuse.

La psychologue conseille de parler plutôt que de disparaître, sauf en cas de relation clairement nocive ou manipulatrice.

Elle précise que tout dépend bien sûr de l’histoire commune et de la force du lien. Mais, dans la majorité des cas, elle estime plus sain de partager avec l’autre ce que l’on ressent, plutôt que de couper le contact du jour au lendemain.

D’après ses propos à El País, cette discussion ne doit pas prendre la forme d’un réquisitoire. L’objectif n’est pas d’énumérer une liste de reproches ni de chercher un coupable, mais d’exprimer calmement ce qui a changé pour soi : ce que l’on supporte moins, ce qui blesse, ce qui fatigue, ou simplement le fait qu’il n’y a plus le même « ajustement » entre les deux personnes.

Elle recommande d’éviter les échanges flous, faits de sous-entendus. Un discours trop ambigu laisse la porte ouverte aux malentendus et entretient l’incompréhension. À l’inverse, des mots clairs sur l’état de la relation permettent à chacun de se situer, même si la décision finale est la prise de distance.

La fin d’une amitié, un vrai deuil émotionnel

Pour Cristina Polo Sevilla, une rupture amicale n’est pas moins douloureuse qu’une rupture amoureuse, même si la société la reconnaît moins. Elle décrit, auprès d’El País, un véritable processus de deuil.

Les émotions ressenties peuvent être nombreuses :

  • Tristesse face à la perte d’une personne importante.
  • Colère face à l’évolution de la relation ou à certains comportements.
  • Culpabilité en se demandant ce que l’on aurait pu faire différemment.
  • Doute persistant sur la solidité de sa décision.

La psychologue insiste : regretter certains moments ou ressentir le manque de l’autre ne signifie pas avoir pris une mauvaise décision.

Elle met en garde contre un réflexe fréquent : idéaliser le passé, ne voir que les bons souvenirs et effacer mentalement les motifs qui ont conduit à la rupture. Ce filtre sélectif peut faire vaciller la résolution prise, alors même que le lien était réellement devenu douloureux ou insatisfaisant.

Pour traverser cette étape, Cristina Polo Sevilla suggère d’éviter de se perdre dans la recherche du « gentil » et du « méchant ». Chercher un responsable unique bloque souvent le processus et maintient dans le ressentiment. Elle rappelle qu’il arrive simplement que les personnalités, les valeurs ou les rythmes de vie ne s’accordent plus.

La psychologue recommande également de faire attention à l’usage des réseaux sociaux après une rupture amicale. Si voir les photos, les stories ou les publications de l’ancien ami ravive la douleur, elle propose sans hésiter de couper cette exposition numérique : mettre en sourdine, cesser de suivre, voire bloquer si nécessaire. Non par vengeance, mais comme geste de protection envers soi-même.

Ce que cela change pour un lecteur en France

Les propos de Cristina Polo Sevilla, recueillis en Espagne par El País, résonnent directement avec la situation française. En France aussi, l’amitié bénéficie d’une image très idéalisée : un « ami de vingt ans » est souvent présenté comme un repère indiscutable, et rompre une amitié est parfois vécu comme une faute morale.

Le principe qu’elle défend – une amitié n’a pas à durer toute la vie pour être significative – rejoint les analyses des psychologues français. Plusieurs spécialistes en France rappellent que les cercles sociaux se transforment au fil des études, des déménagements, de la vie de couple ou de la parentalité.

Pour un lecteur français, l’approche qu’elle propose peut servir de repère :

SituationRéflexe spontanéApproche conseillée par la psychologue
On se sent vidé après chaque échangeSe forcer pour « ne pas perdre un ami »S’interroger sur la nature du malaise et sa durée
On pense à couper net le contactEnvoyer un dernier message sec ou disparaîtrePrivilégier une discussion claire, sauf relation toxique
On souffre après la ruptureSe dire que l’on a exagéré et vouloir revenir en arrièreReconnaître le deuil sans remettre systématiquement la décision en cause

En France, comme en Espagne, les psys rappellent qu’il est possible d’en parler avec un professionnel de santé mentale lorsque la culpabilité ou la tristesse deviennent envahissantes. Une consultation avec un psychologue ou un psychiatre, en ville ou dans une structure publique, permet parfois de remettre en ordre ses ressentis et ses limites.

Comment savoir si la relation mérite encore d’être travaillée ?

Une question revient souvent : faut-il insister pour « sauver » l’amitié ou accepter qu’elle touche à sa fin ? Les pistes évoquées par Cristina Polo Sevilla offrent un cadre de réflexion utile.

  • Se demander si le problème est ponctuel : conflit précis, période de stress, malentendu identifiable.
  • Observer si la personne fait, elle aussi, un effort pour ajuster son comportement.
  • Vérifier si l’on parvient à parler de ce qui ne va pas sans être systématiquement invalidé ou ridiculisé.
  • Regarder l’impact global de la relation sur l’estime de soi : on se sent grandi ou diminué ?
  • Lorsque les deux amis reconnaissent les difficultés et souhaitent les affronter ensemble, la relation peut parfois sortir renforcée d’une crise. En revanche, si le malaise dure, si l’autre refuse d’entendre la moindre remarque ou si l’on se sent constamment en décalage, mettre fin à ce lien devient une option légitime.

    Redéfinir l’amitié et protéger sa santé mentale

    L’analyse de Cristina Polo Sevilla invite aussi à interroger notre définition de l’amitié. Idéaliser un lien comme forcément inconditionnel pousse parfois à accepter des situations que l’on refuserait dans un couple ou au travail. Or, la santé mentale repose aussi sur la capacité à s’entourer de relations qui respectent nos limites.

    Prendre du recul sur une amitié ne signifie pas renier tout ce qu’elle a apporté. Il est possible de reconnaître la valeur d’une relation passée tout en constatant qu’elle ne correspond plus à ce dont on a besoin aujourd’hui. Certains choisissent une mise à distance progressive, d’autres un arrêt plus net : dans tous les cas, la psychologue espagnole rappelle que se protéger n’est pas un égoïsme, mais un geste de soin envers soi-même.

    Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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