À Clermont-Ferrand, David Peyrou grimpe à 7,77 mètres : son vélo ne tient debout qu’à vive allure

Deux passionnés français ont consacré deux ans à fabriquer une machine hors norme, capable de rouler malgré sa hauteur vertigineuse.

Vu du sol, l’engin ressemble d’abord à une structure de chantier posée sur deux roues ordinaires. Pourtant, il s’agit bien d’un vélo. Nicolas Barrioz et David Peyrou ont conçu cette création géante pour inscrire leur nom dans le livre des records, après une idée née cinq ans plus tôt autour d’un verre.

Une idée lancée au café devenue un défi mécanique

Au départ, Nicolas Barrioz et David Peyrou n’avaient pas nécessairement prévu de bâtir une telle machine. Les deux amateurs de bicyclette ont évoqué, il y a cinq ans, la possibilité de fabriquer un vélo si haut qu’il dépasserait tous les modèles déjà homologués.

La discussion aurait pu rester une plaisanterie. Elle s’est transformée en projet concret. Les deux Français ont passé des mois à dessiner, calculer, tester des matériaux et imaginer un moyen de piloter un vélo dont la selle se trouve à près de huit mètres du sol.

Le vélo atteint 7,77 mètres de haut. Il dépasse de 36 centimètres le précédent record homologué dans cette catégorie.

La difficulté ne consistait pas uniquement à empiler des tubes et à surélever un cadre. Il fallait surtout produire une bicyclette réellement utilisable. Pour obtenir l’homologation, l’engin devait avancer sans assistance sur une distance de 100 mètres.

Le projet a été présenté à Clermont-Ferrand, lors d’un rendez-vous annuel consacré au vélo. David Peyrou a pris place sur la selle pour effectuer l’épreuve décisive, tandis que Nicolas Barrioz suivait attentivement les manœuvres au sol.

Une chaîne de 16 mètres pour transmettre le pédalage

À première vue, certains éléments paraissent familiers : une selle, un guidon, deux leviers de frein et deux roues de taille standard. Tout change dès que l’on observe les distances. Entre les roues et le poste de conduite, une imposante armature s’élève comme une tour étroite.

Les pédales ne peuvent évidemment pas agir directement sur la roue arrière. Les concepteurs ont installé une chaîne longue de 16 mètres afin de transmettre l’effort du cycliste jusqu’au système d’entraînement. Cette longueur impose un réglage précis : une chaîne mal tendue pourrait sauter, se bloquer ou rendre le démarrage impossible.

  • Hauteur totale : 7,77 mètres ;
  • Longueur de la chaîne : 16 mètres ;
  • Vitesse nécessaire à l’équilibre : entre 15 et 20 km/h ;
  • Distance exigée pour le record : 100 mètres ;
  • Durée de fabrication : environ deux ans.

Le vélo est constitué de métal, d’acier et de bois. Ce dernier matériau tient une place particulière dans leur démarche. Une grande partie de la structure provient de meubles récupérés, démontés puis réemployés. Les deux constructeurs ont ainsi évité d’utiliser uniquement des matériaux neufs pour donner corps à leur idée.

Le bois, un choix assumé pour le cadre géant

Nicolas Barrioz défend l’usage du bois pour des raisons écologiques, mais aussi pour anticiper les contraintes liées aux ressources minières. Selon lui, les métaux et alliages pourraient devenir moins accessibles au fil des décennies, ce qui encouragerait les fabricants à chercher d’autres solutions.

Dans le secteur du cycle, le bois n’est pas totalement absent. Quelques artisans réalisent déjà des cadres avec des essences sélectionnées, souvent associées à des fibres ou à des pièces métalliques. Le matériau peut absorber certaines vibrations et offre une apparence singulière. Son utilisation demande en revanche une protection sérieuse contre l’humidité, les fissures et les variations de température.

Sur ce vélo géant, le bois ne relève donc pas d’une simple décoration. Il contribue à former la longue charpente qui relie le cycliste au sol. À cette hauteur, chaque oscillation compte. Un cadre trop souple peut amplifier les mouvements du guidon et compliquer encore la conduite.

Le départ, moment le plus risqué de l’épreuve

Conduire une bicyclette classique réclame déjà un minimum d’équilibre. À 7,77 mètres au-dessus de la chaussée, la moindre correction du guidon devient beaucoup plus spectaculaire. Le cycliste ne peut pas poser le pied à terre s’il hésite. Il doit garder sa trajectoire, maintenir son élan et éviter un mouvement trop brusque.

David Peyrou portait un harnais relié à un câble de sécurité pendant sa tentative. Cette protection n’empêchait pas le vélo de basculer, mais elle réduisait le risque de chute pour le pilote. Une précaution indispensable au vu de la hauteur de la selle.

Le vélo devient plus stable lorsqu’il atteint une vitesse comprise entre 15 et 20 km/h. Le véritable obstacle est donc de parvenir à lancer l’engin.

Cette règle peut sembler contre-intuitive. Pourtant, elle s’explique par les principes de la stabilité d’un vélo. Lorsqu’une roue tourne, elle aide la machine à conserver une direction grâce à un effet gyroscopique. La vitesse permet aussi au conducteur d’effectuer de petites corrections latérales avant que l’inclinaison ne devienne trop importante.

À très faible allure, le pilote doit multiplier les ajustements et le grand cadre oscille davantage. Une fois lancé, l’ensemble gagne en régularité. Cela ne rend pas la manœuvre anodine : la réaction du vélo reste retardée par rapport aux gestes du conducteur, installé très loin des roues.

Un record qui exige une conduite sans aide

Pour valider une performance de ce type, il ne suffit pas de présenter une structure imposante. L’engin doit répondre à une exigence claire : il doit pouvoir rouler avec son pilote, sans qu’une personne ne le pousse ou ne le retienne. Les 100 mètres accomplis à Clermont-Ferrand ont permis de démontrer cette capacité.

Le défi oblige aussi à penser au freinage. Les leviers placés sur le guidon doivent actionner un système fiable malgré la distance qui sépare le conducteur des roues. Sur une bicyclette aussi haute, anticiper l’arrêt devient primordial. Une sortie de trajectoire ou un freinage brutal pourrait provoquer des forces considérables sur le cadre.

Pourquoi cette machine ne peut pas circuler comme un vélo ordinaire

Ce type de véhicule n’a pas vocation à se mêler à la circulation. Sa hauteur interdit presque tous les passages sous les arbres, les panneaux, les câbles ou les ponts. Le transport de la machine nécessite lui aussi une organisation particulière, tant pour protéger le cadre que pour éviter tout danger lors des manipulations.

Pour les curieux qui souhaitent s’initier à la fabrication de vélos atypiques, une approche plus réaliste consiste à modifier un modèle bas, à travailler sur un tricycle ou à construire un vélo couché. Ces formats permettent d’apprendre les notions de transmission, de répartition du poids et de freinage sans exposer le pilote à une chute de plusieurs mètres.

David Peyrou et Nicolas Barrioz ont choisi une voie bien plus ambitieuse. Leur machine prouve qu’un record de hauteur ne repose pas seulement sur des dimensions impressionnantes : il dépend d’une chaîne capable de transmettre l’effort, d’un cadre suffisamment rigide, d’un pilote entraîné et d’une vitesse maîtrisée au bon moment.

Je suis Pauline Roussel, journaliste culinaire et consultante en arts de la table depuis plus de quinze ans. Diplomee en management de l’hotellerie-restauration a l’Institut Paul Bocuse et ancienne critique gastronomique pour un guide regional Gault&Millau, j’ai explore cuisines de terroir et tables etoilees. Mon travail m’a menee des bistrots parisiens aux auberges familiales italiennes, avec une attention particuliere pour le lien entre gastronomie, voyage et art de recevoir a la maison. Je partage ici mes experiences concretes, mes methodes d’organisation et mes adresses preferees pour aider chacun a cuisiner mieux et accueillir avec confiance.

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